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    Chiffres de l’épidémie en 2016

    • Dossier

    Le VIH/sida a fait des millions de morts. Depuis son identification, le combat contre les contaminations ressemble à une course contre la montre. Malgré les progrès, plus d’un million de personnes se contaminent au VIH chaque année dans le monde. Une urgence, plus de 35 ans après le début de l’épidémie. Petit panorama de la situation dans le monde, mais aussi en France.

    En 2015, 37 millions de personnes vivaient avec le VIH sur la planète. Un nombre en constante augmentation, grâce à la généralisation des antirétroviraux, efficaces, et des personnes qui vivent plus longtemps, et en meilleure santé. Cependant, 1.1 million de personnes meurent des suites d’un sida tous les ans. Ces décès liés au sida ont baissé de 42 % depuis le pic de 2004, selon le programme commun sur le VIH/sida de l’organisation des Nations Unies (ONUSIDA).

    Chaque année, les nouvelles contaminations restent nombreuses : même si le nombre d’infections annuelles au VIH a chuté de 35 % depuis 2000 (moins 58 % pour les enfants), deux millions de personnes se sont, encore, contaminées au VIH en 2015. Et ce chiffre ne recule plus, voire stagne depuis quelques années : les nouvelles infections au VIH n’ont baissé que de 6 % depuis 2010. La riposte mondiale au VIH a évité 30 millions de nouvelles infections à VIH et près de 8 millions (7,8 millions) de décès liés au sida depuis 2000, lorsque les Objectifs Du Millénaire (OMD) ont été établis (source ONUSIDA).

    Fin de l'épidémie d'ici 2030

    Le saviez-vous ?

    78 millions de personnes ont été infectées par le VIH depuis le début de l'épidémie

    35 millions sont décédées des suites d’une maladie liée au stade sida

    2 millions de nouveaux séropositifs par an

    Des antirétroviraux pour tous ?

    Avant la création, en 2001, du Fonds mondial contre les grandes pandémies (VIH/sida, Tuberculose et Malaria), l’accès aux trithérapies était très faible. En 2000, moins de 1 % des personnes vivant avec le VIH dans les pays à faibles revenus avaient accès aux médicaments, alors qu’ils existaient au Nord. Les programmes d’accès au traitement et à la prévention mis en place ont permis d’avoir en 2016 près de 17 millions de personnes sous traitement. Une réalisation qui paraissait impossible au début du troisième millénaire.

    En 2016, la couverture mondiale des personnes bénéficiant d’un traitement antirétroviral était de 48 %. En creux, on voit encore que plus de la moitié des personnes séropositives n’ont pas accès à un traitement vital pour leur survie. Dans certaines zones d’Afrique, comme dans celle de l’Ouest, c’est moins de 20 % des personnes vivant avec le VIH qui ont un traitement d’après un récent rapport de Médecins sans frontières, intitulé le "prix de l’oubli". Exposant ainsi les manquements de la riposte globale contre l’épidémie.

    A savoir

    Accès aux traitements

    En 2016, la couverture mondiale des personnes bénéficiant d’un traitement antirétroviral était de 48 %. En creux, on voit encore que plus de la moitié des personnes séropositives n’ont pas accès à un traitement vital pour leur survie.

    Charlize Theron à l’IAS 2016 de Durban 

    Témoignage

    "La vraie raison, expliquant que nous n’avons pas vaincu l’épidémie, repose sur un simple fait: nous estimons des vies plus que d’autres. Nous estimons plus les hommes que les femmes. L’amour hétéro plus que l’amour homo. La peau blanche plus que la peau noire. Les riches plus que les pauvres. Les adultes plus que les adolescents. […] Le VIH ne se transmet pas uniquement par le sexe. Il se transmet par le sexisme, le racisme, la pauvreté et l’homophobie."

    Charlize Theron à l’IAS 2016 de Durban 

    Construisons la riposte

    En 2014, la communauté internationale s'est engagée à mettre fin au sida d'ici à 2030. La première étape sera, d'ici à 2020, d'arriver à dépister 90% des personnes vivant avec le VIH, à mettre 90% des personnes dépistées sous traitement, et à rendre la charge virale indétectable chez 90% des personnes sous traitement - ce qui leur permet de ne plus transmettre le VIH. "L'objectif 90-90-90" permettrait de mettre fin au sida comme menace de santé publique en l'absence d'un traitement qui guérisse et d'un vaccin ». 

    Comme l’explique l’ONUSIDA, le "sida continue de jeter un éclairage violent sur les inégalités dans le monde. Les lacunes et les défaillances significatives de la riposte doivent être rectifiées. Accélérer la riposte au sida dans les pays à revenu faible ou intermédiaire pourrait éviter 28 millions de nouvelles infections à VIH et 21 millions de décès liés au sida entre 2015 et 2030". D'après les estimations 2016 de l'ONUSIDA, il faudrait investir chaque année 26,2 milliards de dollars pour la riposte au sida d'ici 2020, puis 23,9 milliards annuels jusqu'en 2030