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    Remaides 96En France, la lutte contre le sida et les hépatites virales a-t-elle deux visages ? Poser la question, c’est y répondre par l’affirmative. Difficile d’arriver à une autre conclusion lorsqu’on voit la différence entre les décisions prises au niveau national et les tergiversations voire les renoncements concernant celles à prendre sur le plan international. D’un côté, on assiste à des choix qui, à défaut d’être toujours rapides, sont utiles, importants, marqués d’un certain volontarisme. De l’autre, des projets qui s’enlisent faute de volonté politique réelle et des rendez-vous manqués. Sur le plan intérieur, on ne peut qu’approuver et soutenir les récentes mesures prises par le ministère de la Santé : l’autorisation de la prescription de la PrEP (prophylaxie pré-exposition) dans les CeGIDD (centres gratuits d’information, de dépistage et de   diagnostic du VIH, des hépatites virales et des IST), l’élargissement des critères d’accès aux antiviraux à action directe dans le traitement du VHC et l’engagement du traitement pour tous à la fin 2016. Les associations, dont AIDES, se sont beaucoup battues pour cela, ces combats étaient  pourtant loin d’être gagnés d’avance. Du fait notamment de leur coût financier. Ces décisions sont désormais nos acquis, tout comme l’est le remboursement de la PrEP, mis en place il y a quelques mois maintenant. Une décision qui a surpris par son courage et l’engagement net de santé publique dont elle témoignait. Pour autant, ces annonces positives et décisives ne nous rendent pas béats. Nous sommes à la fois satisfaits et vigilants. Satisfaits parce qu’elles confirment que nous avions raison de pousser ces revendications, qu’elles   valident nos diagnostics, nos analyses sur la pertinence de ces outils ou de ces mesures préconisés. Vigilants, parce que nous devons nous assurer, avec d’autres, de la réalité de leur mise en œuvre. Ainsi, si l’Etat s’engage à ce que toute personne vivant avec le VHC ait accès aux nouveaux traitements, cela doit être la réalité pour tous !

    Si les mesures prises dans l’Hexagone vont dans le bon sens (merci Jekyll !), l’Etat français a la main nettement moins heureuse sur le plan international. Deux dossiers sont emblématiques des errances actuelles : la taxe sur les transactions financières (TTF) et le  financement du Fonds  mondial  de  lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La première n’en finit pas d’enchaîner, depuis des années, revers sur report, report sur renoncement. Certes  le  dossier  est  complexe,  mais  les atermoiements des gouvernements français, les positions contradictoires ont largement entamé la volonté  politique  des Etats partenaires(1). La société civile a joué son rôle et le joue encore, mais le manque de volonté politique, notamment français, est aussi patent que préjudiciable à la mise en place de ce  financement innovant. L’échec  actuel est d’autant plus pénible qu’il n’est pas sans conséquence  sur l’attitude française concernant le financement du Fonds mondial. La France a annoncé la stagnation de sa contribution au Fonds mondial alors qu’elle en était le deuxième contributeur. C'est un très mauvais signal envoyé aux autres pays. C'est un renoncement   alors   que  l’Union européenne et d’autres pays augmentent leurs contributions (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, Luxembourg, Italie, Belgique). C'est une faute majeure.

    Faut-il encore rappeler qu’il ne faut surtout pas baisser les bras maintenant sous peine de balayer tous les acquis de ces dernières décennies ? L’ONU évalue un besoin supplémentaire de sept milliards de dollars seulement — 0,01 du PIB mondial — par an pour mettre fin au sida dans quinze ans. Si cet effort partagé n’est pas consenti, cet objectif, réaliste, redeviendra une utopie… pour longtemps. Cette décision française serait incompréhensible, le résultat d’un égoïsme évident, une absence de vision. Un récent sondage de l’IFOP(2) révèle que sept Français sur dix estiment que la lutte contre le sida est un objectif prioritaire de l’aide au développement et 75 % d’entre eux pensent qu’une aide technique et financi.re vers les pays du Sud peut contribuer à réduire l’extension ou l’apparition de certaines .épidémies dont le VIH. Eux n’oublient pas que chaque mois, dans le monde, 100 000 personnes décèdent des suites du sida et que 160 000 personnes sont infect.es… Ce n’est manifestement pas le cas de Hyde. La France a bien deux visages en mati.re de lutte contre le sida : l’un plut.t enviable, l’autre qui fait honte !

     

    Aurélien Beaucamp, président de AIDES

     

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    (1) : Ils étaient onze en 2012 et neuf aujourd’hui ; en dessous de neuf, le projet ne se fera pas, selon les textes européens.

    (2) : Sondage IFOP/Coalition PLUS, mai 2016.

     

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