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    Le traitement comme prévention

    • Dossier

    On le sait aujourd’hui, quand on est séropositif-ve, la trithérapie est un outil préventif aussi efficace que la capote. C’est le traitement comme prévention ou TASP ( en anglais "treatment as prevention") parfois communément appelé méthode par la charge virale.

    Au commencement l’avis Suisse

     

      Le préservatif reste le moyen le plus connu et usité pour se protéger soi-même ou son partenaire si l’on ne connait pas son statut sérologique au VIH. Mais pour éviter la transmission du VIH à un-e partenaire sexuel, un autre outil, validé depuis près d’une décennie, reste méconnu : le traitement antirétroviral. La stratégie du TasP a été popularisée en 2008 par le Pr Bernard Hirschel et la Commission fédérale suisse sur le sida. Rapport Hirschel ou "avis Suisse", nous parlons de la même chose. Bernard Hirschel et son équipe avaient fixé des conditions à cette non-transmission, dans le cadre d’un couple hétérosexuel sérodifférents :

      • Le traitement est efficace sur la charge virale, et celle-ci est indétectable dans le sang : On ne retrouve pas de trace de VIH dans le sang.
      • Une très bonne observance de son traitement, pour éviter les remontées éventuelles de charge virale
      • Ne pas avoir contracté d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), qui elles aussi peuvent favoriser une remontée de la charge virale

      Indétectable = intransmissible

      Si ces trois conditions sont réunies, on considère que les risques de contamination par voie sexuelle sont proches de ceux liés à l’utilisation du préservatif [lorsque qu’on calcule son taux d’utilisation ou quand celui-ci est mal positionné ou craque, ndlr]. C’est-à-dire quasi nuls (moins de 1/10 000 estimaient les experts français dans le rapport Yeni en 2010). Depuis, des nouvelles études ont élargi la validité du Traitement comme prévention chez les gays, pour des rapports anaux, et même en présence d’IST. Le TasP marche pour toutes et tous !

      Une "réLOVution" ?

      A l’époque, l’avis Suisse fait sensation, en validant scientifiquement ce que certaines personnes séropositives pressentaient : bien traitées et suivies, elles n’étaient pas contaminantes. Mais les critiques fusent au départ. Beaucoup de chercheurs et activistes critiquent cette annonce, qu’ils jugent dangereuse pour la prévention. A la Conférence de Mexico en 2008, Bruno Spire, alors président de AIDES, aura ces mots justes pour expliquer l’enjeu du TasP :

      "Le bouleversement est là, mais on n'a pas encore tout saisi des conséquences. Hirschel a touché juste […] La question de la transmission est centrale dans la vie d'un séropo. C'est la première douleur des personnes touchées. Peuvent-elles contaminer ? Ont-elles contaminé ? Si cette question devient secondaire, oui, c'est toute leur vie qui change. Et l'épidémie aussi". Bruno Spire à Libération, en juillet 2008

      Un grand essai international (l'essai HPTN 052) a, en 2010, confirmé l’avis Suisse, avec une réduction observée du risque de transmission de 96% avec le traitement des personnes séropositives. Cette nouvelle preuve entrainera un véritable changement de braquet de la part du monde scientifique, qui dès lors reconnait le TasP et en valide l’intérêt individuel pour les personnes, puis collectif, dans une stratégie de baisse des contaminations.

      Cette annonce a véritablement changé la vie des personnes séropositives, qui se percevaient comme des "bombes virales". Beaucoup on témoigné de l’impact positif qu’à eux le TasP pour eux.

      Mais cette information capitale n’est encore que trop peu connue, des soignants comme de la population générale. Neuf ans après les recommandations suisses présentées par le Pr Bernard Hirschel, la connaissance de cet outil pour mettre fin à l’épidémie qu’est le TasP demeure perfectible. Cette véritable révolution dans la vie des personnes vivant avec le VIH est aussi une stratégie majeure pour mettre fin à l’épidémie (voir prévention partie sida).

      Alors pour en parler, AIDES a décidé de l’afficher ! Dans sa dernière campagne "Révélation", l’association a tenu a répété ce qui reste pour beaucoup comme une découverte. Et ainsi casser les représentations tenaces sur le VIH/sida.

      Témoignage

      Journée de la Disance 2016

      Ce que nous avons appris avec le message d’Hirschel est très important. Traités, avec une charge virale indétectable, nous ne transmettons plus le virus. Nous devrions arrêter d’avoir peur de transmettre et les personnes séronégatives devraient arrêter d’avoir peur d’être infectées."  Philippe