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    remaides 98L’accès universel — le traitement pour tous ! — aux antiviraux à action directe (AAD) contre le VHC progresse. La dernière avancée en date réside dans l’arrêté du 22 décembre 2016 concernant la mise à disposition de Zepatier (1) le médicament de MSD. Avec cet arrêté, toutes les personnes diagnostiquées pour le VHC ont désormais accès aux AAD quel que soit le stade de fibros. Mais cette avancée, pour importante qu’elle soit, ne permet toujours pas d’assurer cet accès universel promis par le gouvernement depuis mai 2016.En effet, ce médicament ne peut pas être utilisé pour tous les génotypes du VHC. Et son prix, plus bas que ceux des médicaments concurrents, reste encore bien trop élevé :  28 732 euros la cure de trois mois. Or, sans prix raisonnables, l’accès universel ne pourra être effectif.

    Bien sûr, nous revenons de loin et la politique d’un accès rationné à ces traitements est en passe de s’achever. Mais comme nous le rappelions récemment (2), par son choix initial : "L’Etat a (…) pris le double risque de laisser l’état de santé de certaines personnes vivant avec le VHC se dégrader et voir progresser de nouvelles contaminations". Ainsi, au lieu de s’attaquer aux causes (la course dingue des prix des médicaments) et à leurs conséquences : une explosion des dépenses et l’incapacité du système à les soutenir, etc. L’Etat a fait l’inverse, il a laissé filer les prix restreint l’accès pour éviter le krach financier. Ce choix — une décision économique habillée du manteau de la science et de la médecine —, des associations, des personnes concernées, des médecins et experts, des institutions n’ont eu de cesse de le dénoncer. Et d’autant plus fort que les pouvoirs publics ont, dans un premier temps, fait la sourde oreille, alors qu’ils disposaient déjà des outils légaux leur permettant d’endiguer cette folle dérive tarifaire. A ce moment, le courage politique leur a fait défaut.Ces derniers mois, l’Etat a révisé sa position. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017 a renforcé les moyens à disposition de l’Etat pour imposer, enfin  une vraie régulation. Le premier, c’est la prise en compte de critères complémentaires de fixation des prix des médicaments. Des critères plus contraignants pour les labos, plus efficaces sur lesquels le Comité économique des produits de santé (CEPS) peut légalement s’appuyer dans ses négociations avec les laboratoires pharmaceutiques. L’autre avancée majeure de cette loi est qu’elle donne au CEPS des possibilités légales plus solides pour une fixation unilatérale des prix. C’est décisif.Aujourd’hui, nous savons que l’accès universel aux AAD ne pourra être véritablement effectif qu’à la condition que tous les prix des AAD baissent… et beaucoup. (3) Pas de baisse générale, pas d’accès universel ! La mise à disposition de Zepatier est une étape vers le traitement pour tous. Elle est aussi un moyen de pression sur les concurrents. L’adoption de deux articles dans la loi de financement de la Sécurité sociale(4) qui renforcent les capacités de négociation et de pression du CPES en constitue une autre. Est-ce suffisant ? Non L’existence d’outils de régulation ne suffit pas. Il faut une volonté politique, du courage, pour s’en servir. Aujourd’hui, l’Etat s’est lancé dans une négociation avec Gilead afin que ce laboratoire en position de force sur le marché des AAD baisse ses tarifs actuels et révise ses ambitions sur le prix des nouveautés (Epclusa). Face au refus du laboratoire de revoir ses prix à la baisse, la discussion va tourner au bras de fer. On verra alors si l’Etat aura le courage d’user de sa capacité à fixer unilatéralement le prix pour rendre effectif l’accès universel. Chiche !

    Ces derniers mois, lors de différentes interventions publiques et dans un contexte de désaccord avec la Haute autorité de santé (voir article en page 10), le PDG de Gilead France a défendu l’idée que l’expertise des patients devait être désormais prise en compte dans le processus d’évaluation des médicaments, notamment la dimension qualité de vie. Mais pas dans la fixation des prix Cette reconnaissance est assez récente dans l’esprit des laboratoires. Elle est pourtant réclamée de longue date par les associations et pas uniquement dans la dimension qualité de vie. Cette expertise des patients ne devrait-elle pas être davantage reconnue encore et alimenter la réflexion pas uniquement en matière d’évaluation mais aussi dans la fixation des prix ? Curieusement, à part nous, personne n’en parle. Alors chiche !

    Aurélien Beaucamp, président de AIDES

     

     

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    Notes :

    (1) : Arrêté du 22 décembre 2016, publié au "Journal officiel" le 4 janvier 2017.
    (2) : "Traitement contre l’hépatite C : l’Etat peut et doit faire baisser les prix", communiqué AIDES,  CHV,  CISS,  TRT-5 et Fédération Addiction, 6 janvier 2017.
    (3) : 41 000 euros pour Sovaldi (sofosbuvir), le premier AAD sur le marché ; 46 000 euros pour Harvoni ; 25 000 euros pour Daklinza qui ne s’utilise pas seul, mais associé à un autre AAD,  42 000 pour Olysio, 41400 pour Viekirax et 3600 pour Exviera (ces deux derniers médicaments s’utilisent ensemble).
    (4) : Voir article "Prix du médicament : des mesures de la LFSS pour 2017 attaquées, mais validées", sur Seronet.info

     

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