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    Guyane : Faire reculer l'épidémie sur le Haut-Maroni

    • Actualité

    Il y a tout juste un an, AIDES ouvrait une nouvelle antenne à Maripa-Soula, commune isolée du Haut-Maroni, au sud de la Guyane. Objectif : renforcer l’offre en prévention, l'accès à la santé, déconstruire les préjugés et stopper la progression rapide de l’épidémie.

    Lovée dans un méandre du fleuve Maroni, Maripa-Soula vous attrape dès le premier regard. En plein cœur du Parc National Amazonien, collée au Suriname et aux territoires amérindiens, cette commune française d'environ 15 000 habitants-es est un aperçu du bout du monde. Mais autant vous le dire tout de suite, Maripa-Soula se mérite. Aucune route ne mène ici. Principal moyen de déplacement : la pirogue. En fait la route, c’est le fleuve. Sur l’autre rive, à un jet de pierre, le Suriname.

    Il suffit d’observer quelques minutes le ballet des pirogues d'une rive à l'autre pour s’en convaincre : ce concept de fleuve-frontière n’a aucun sens. Le fleuve Maroni est l'exact contraire d'une frontière : il est le lien indéfectible qui unit tous ces gens. Seulement voilà, l’isolement, le désintérêt des pouvoirs publics, la particularité géographique et culturelle (5 langues s’y mélangent) font qu’ici, tout est plus compliqué qu’ailleurs. L’accès aux soins, aux droits fondamentaux ou aux services de base est très inégal, selon la nationalité, le lieu de vie, le statut administratif ou la situation socio-économique des habitants-es.

    Concernant le VIH, l’accès à la prévention et au dépistage reste difficile, en particulier dans les villages isolés et en territoire amérindien. Il faut à certains-es habitants-es de la région plusieurs heures de pirogue pour atteindre une infrastructure de santé. L’information aussi a du mal à circuler, laissant place aux préjugés, nombreux, sur le VIH et les personnes séropositives. Résultat : l’épidémie progresse à un rythme soutenu. Les dernières données disponibles évaluent à près de 2% la part d’adultes touchés-es par le virus dans cette région. Soit 17 fois plus que la moyenne nationale. Les besoins sont criants mais la population est prête à se mobiliser.

    Ouverte il y a à peine un an, l’antenne AIDES de Maripa-Soula est désormais bien connue des habitants-es. Elle a déjà mobilisé plusieurs dizaines de personnes, toutes issues des communautés et nationalités présentes sur le Haut-Maroni : Alukus (Bushinengues), Wayanas (Amérindiens), Surinamais, Brésiliens, Guyaniens…. Semaine après semaine, nos volontaires partent à la rencontre de la population, jusque dans les villages les plus reculés. Ils et elles proposent préservatifs et dépistage rapide, organisent des ateliers d’échange et d’information avec les travailleuses du sexe ou sensibilisent les orpailleurs, nombreux dans cette région. Lorsque c’est nécessaire, les personnes sont ensuite accompagnées vers le soin. Et ça marche. Au fil de nos passages et de nos actions, nous constatons que le niveau d’information augmente, que les craintes liées au dépistage s’estompent, que la parole se libère. Un travail de fourmi à l’échelle d’un territoire aussi vaste et complexe. Un travail qui demande patience et humilité. Mais un travail qui paie.

    Vous aussi, contribuez à faire reculer l'épidémie en Guyane. Faites un don.

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