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    La PrEP

    • Dossier

    La Prep, c’est quoi ?

    La Prep est une stratégie innovante de prévention du VIH. C’est l’acronyme de l’anglais pre-exposure prophylaxis (prophylaxie pré-exposition).

    Prophylaxie = éviter une infection.

    Pré-exposition = le traitement doit démarrer avant (et se poursuivre après) un éventuel contact avec le VIH.

    La Prep, comment ça marche ?

    La Prep s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH, et consiste à prendre un médicament afin d’éviter de se contaminer. Ce principe de prévention médicamenteuse n’est pas spécifique au VIH : certains médicaments permettent d’éviter d’attraper le paludisme en voyage, d’autres réduisent le risque de maladies cardiovasculaires

    La Prep doit être prescrite par un-e médecin et nécessite un suivi (voir partie « Comment accéder à la Prep ? »)

    PREP =/= TPE

    Il ne faut pas confondre la Prep avec le traitement post-exposition (TPE) dit aussi « traitement d’urgence » qui doit être pris au plus tard dans les 48 heures après un risque de transmission, puis tous les jours pendant un mois. Si vous êtes sous Prep, le TPE peut quand même vous être utile si vous n’avez pas pris votre Prep correctement.

    PREP =/= TASP

    Il ne faut pas non plus confondre la Prep avec l’effet préventif des traitements qui sont donnés aux personnes vivant avec le VIH, qu’on appelle le Tasp (Treatment as Prevention) : sous traitement, la quantité de virus dans l’organisme devient extrêmement faible, on parle de « charge virale indétectable ». Lorsque la charge virale est indétectable et que la personne séropositive continue de prendre son traitement correctement, les études ont démontré que le VIH ne peut plus se transmettre aux partenaires sexuels-les, même lors de rapports sans préservatif.

    Un cadre réglementaire : l’AMM

    Pour être commercialisé, le Truvada® et ses génériques emtricitabine/ténofovir disoproxil bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). L’AMM précise notamment les indications thérapeutiques et les conditions d’utilisation (posologie, effets indésirables, contre-indications) en fonction des essais cliniques menés par les firmes pharmaceutiques.

    L’AMM du Truvada® a été modifiée début 2017 pour y ajouter l’indication de Prep, pour les populations cibles (adultes seulement) et selon le schéma continu uniquement. Actuellement, le laboratoire n’en ayant pas fait la requête, l’AMM n’inclut pas la prescription de Prep selon le schéma « à la demande » pourtant validé par l’essai ANRS-Ipergay et recommandé par des instances scientifiques reconnues (groupe d’experts-es sur le VIH, HAS). Il est néanmoins possible de prendre la Prep à la demande (voir page 15).

    QUEL MÉDICAMENT POUR LA PREP ?

    À l’heure actuelle, le seul médicament autorisé en France pour la Prep est un comprimé qui associe deux antirétroviraux contre le VIH : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil. Ce médicament a été initialement commercialisé sous la marque Truvada®. Il est désormais délivré en versions génériques, produites par différents laboratoires.

    De nouvelles molécules et de nouveaux modes d’administration sont à l’essai (injection intramusculaire, implant sous-cutané).

    UNE STRATÉGIE TRÈS EFFICACE ET RECOMMANDÉE !

    Plusieurs recherches ont prouvé l’efficacité de la Prep : Iprex (États-Unis), Partners Prep (Kenya, Ouganda), Proud (Royaume-Uni), ANRS-Ipergay (France, Canada). Ces recherches ont été menées principalement chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), mais certaines ont aussi concerné des personnes trans et des personnes n’ayant que des rapports hétérosexuels.

    Tous ces essais montrent que quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime.

    Sur la base des bons résultats de ces recherches, la Prep est désormais recommandée par de nombreuses instances nationales et internationales : Organisation mondiale de la santé (OMS), European AIDS Clinical Society (EACS), Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), groupe d’experts-es français contre le VIH, Haute autorité de santé (HAS), etc.

    UN IMPACT COLLECTIF

    La Prep a contribué à la baisse inédite des contaminations dans plusieurs régions du monde où elle a été déployée :

    • 🇺🇸 à San Francisco, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 49 % entre 2012 (année où la Prep a été autorisée aux États-Unis) et 2016 🇺🇸
    • 🇬🇧 au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 18 % entre 2015 et 2016. Cette baisse est encore plus impressionnante chez les HSH à Londres (- 29 %) 🇬🇧
    • 🇫🇷 à Paris, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 16 % entre 2015 et 2018. Dans ce cas aussi, la baisse est encore plus importante chez les HSH (- 22 %) et en particulier chez ceux nés en France (- 29 %) 🇫🇷

    MON-MA PARTENAIRE ME DIT ÊTRE SOUS PREP

    Faire reposer sa prévention sur les dires des autres n’est pas une stratégie efficace à titre individuel. Si votre partenaire vous dit être sous Prep, impossible de savoir si il-elle dit vrai. Le meilleur moyen de se protéger est de se mettre soi-même sous Prep.

    LA PREP PROTÈGE UNIQUEMENT CONTRE LE VIH

    La Prep, tout comme le TPE, ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles (IST) : gonorrhée, condylomes (liés au papillomavirus), chlamydia, hépatites A/B/C, syphilis, etc. Elle ne prévient pas non plus les grossesses non désirées. C’est pourquoi la Prep doit être accompagnée d’un suivi renforcé et individualisé en santé sexuelle : vaccinations, dépistages réguliers des IST, traitement des IST, tests de grossesse, contraceptions.

    POUR UNE PRÉVENTION DIVERSIFÉE CONTRE LE VIH

    La Prep vient s’ajouter à une palette d’outils de prévention contre le VIH qui peuvent être utilisés seuls ou combinés. C’est ce qu’on appelle la prévention diversifiée :

    • l’usage de préservatifs internes et externes et de gel lubrifiant ;

    • les dépistages réguliers du VIH (dépistage classique, test rapide ou « Trod », autotest) ;

    • le recours au TPE (traitement post-exposition) en cas d’urgence ;

    • le recours au traitement VIH comme outil de prévention chez le-la partenaire séropositif-ve (Tasp) : charge virale indétectable depuis au moins six mois = pas de cas rapporté de transmission au-à la partenaire séronégatif-ve ;

    • l’utilisation de matériel à usage unique lors de la consommation de drogues (injection, sniff, chemsex, slam, etc.)

    prep prevention panel

    Choisir d’utiliser la Prep, tout comme choisir d’utiliser des préservatifs ou d’autres outils, est une décision personnelle. L’important est de trouver la stratégie de prévention qui vous convient le mieux et contribue à votre épanouissement sexuel.

    LES EFFETS INDÉSIRABLES

    La prise d’emtricitabine/ténofovir disoproxil pour réduire le risque de contracter le VIH est très bien tolérée. Mais comme la plupart des médicaments, elle peut parfois occasionner des effets indésirables.

    Seule 1 personne sur 10 déclare éprouver de légères nausées, diarrhées ou maux de tête lors des premières semaines de traitement. Des effets secondaires plus sérieux, liés à des problèmes rénaux, sont exceptionnels. S’ils se produisent, ils sont réversibles à l’arrêt du traitement. C’est pourquoi une surveillance de la fonction rénale est incluse dans le suivi de la Prep.a

    INTERACTIONS

    Lorsqu’on prend la Prep, il est déconseillé de consommer régulièrement des médicaments toxiques pour les reins comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens par voie orale (ibuprofène, Voltarène®, Indocid®, etc.).

    Il faut également éviter de consommer, deux heures avant et deux heures après ses prises de Prep, des produits tels que le psyllium, le charbon actif ou des pansements gastriques, car ils risquent d’empêcher la bonne assimilation des médicaments.

    En revanche, l’emtricitabine/ténofovir disoproxil n’a pas d’interaction connue avec l’alcool ou les drogues récréatives, ni avec les traitements contraceptifs ou les antidépresseurs. Il n’y a pas non plus d’effets connus sur la libido et la performance sexuelle.

    En cas de doute, ne pas hésiter à poser la question à un-e professionnel-le de santé compétent-e : pharmacien-ne, médecin. Il est également possible d’utiliser la réglette d’Actions Traitements., disponible sur l’appli gratuite AT MedInfo.

    prep interaction

     

    À qui s’adresse la PrEP ?

    En France, la Prep est recommandée chez tous-tes les adultes et adolescents-es de plus de 15 ans fortement exposés-es au VIH.

    Cette forte exposition peut être liée :

    À l’appartenance à l’une ou plusieurs des populations suivantes :

    • les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (qu’ils se définissent comme gays, bisexuels ou hétérosexuels) ; • les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des hommes ;
    • les personnes originaires de régions où l’épidémie de VIH est très forte (particulièrement : Afrique subsaharienne, Caraïbes et Amérique du Sud) ;
    • les travailleuses-eurs du sexe ;
    • les usagers-es de drogues injectables (en complément des autres outils de la réduction des risques) ;
    • toute personne dont les partenaires sexuels-les appartiennent à ces populations.

    À des situations individuelles :

    • non-utilisation du préservatif ;
    • nombre élevé de partenaires ;
    • partenaire-s de statut VIH inconnu ou perçu-e-s comme à risque d’acquisition du VIH ;
    • partenaire vivant avec le VIH et ayant une charge virale non contrôlée ou inconnue ; • frein du-de la-des partenaire-s à l’utilisation du préservatif ;
    • exposition à des violences sexuelles ;
    • infections sexuellement transmissibles (IST) ou recours au traitement d’urgence (TPE) dans les 12 derniers mois.

    Plus globalement, toute personne se sentant exposée au risque d’infection par le VIH peut demander la Prep à un-e professionnel-le de santé.

    Un refus ?

    ℹ En cas de refus du-de la médecin de vous prescrire la Prep, vous pouvez prendre l’avis d’un-e autre praticien-ne et nous contacter à l’adresse suivante : prep@aides.org 📞

    Prep : comment.y accéder ?

    La Prep doit être prescrite par un-e médecin. Il peut s’agir de votre médecin traitant ou de votre gynécologue. Si vous préférez, vous pouvez également prendre rendez-vous pour une consultation spécialisée Prep à l’hôpital, dans un centre de dépistage (Cegidd) ou dans un centre de santé sexuelle :

    1) PREMIÈRE CONSULTATION : INITIATION

    Lors du premier rendez-vous, le-la médecin évaluera avec vous l’opportunité et la possibilité de prendre la Prep. Il-elle doit surtout s’assurer que vous n’êtes pas porteur-se du VIH et que vous n’avez pas d’insuffisance rénale. Pour cela, et afin de débuter le plus rapidement possible la Prep, l’idéal est d’avoir réalisé le bilan sanguin dans les 7 jours précédant la consultation. Si le bilan n’est pas disponible, il peut être réalisé le jour de la première consultation et la Prep débuter après le résultat.

    2) DÉLIVRANCE DE PREP

    Avec l’ordonnance, vous pouvez vous rendre dans n’importe quelle pharmacie de ville ou en pharmacie hospitalière. Il est possible que la pharmacie n’ait pas le médicament en stock, il lui suffit alors de le commander : il sera disponible le jour même où le lendemain.

    Depuis l’arrivée des génériques, des erreurs de délivrance ont été rapportées. Nous vous conseillons d’être attentif-ve au médicament qui vous est remis. Ce dernier doit mentionner les deux molécules suivantes uniquement : emtricitabine et ténofovir disoproxil.

    En cas de problème lié à la non-connaissance de la Prep par la pharmacie, n’hésitez pas à dire qu’un Guide Prep à destination des pharmaciens-nes a été conçu par AIDES et l’Ordre national des pharmaciens. Il est disponible ici.

    recherche ist3) DEUXIÈME CONSULTATION : SURVEILLANCE

    À l’issue de cette consultation, une ordonnance de 3 mois de Prep vous sera remise et le suivi deviendra trimestriel. La deuxième consultation interviendra 1 mois plus tard. Cette consultation est importante : elle permet au-à la médecin de rattraper une éventuelle infection au VIH qui n’aurait pas pu être détectée lors du premier rendez-vous, de s’assurer que vous tolérez bien le médicament et de faire le point sur de possibles difficultés.

     

    4) PRISE EN CHARGE/REMBOURSEMENT

    Le médicament générique est entièrement pris en charge par la Sécurité sociale, aucune avance de frais ne peut donc vous être demandée par la pharmacie. En revanche, il y a un reste à charge pour les consultations médicales, ainsi que pour les examens biologiques. Celui-ci est normalement couvert par votre mutuelle/complémentaire santé ou par la Complémentaire santé solidaire (C2S).

    Il est donc important de se munir de sa carte vitale et de sa carte de mutuelle ou d’être en mesure de justifier de droits ouverts à la Sécurité sociale lors de tous vos rendez-vous médicaux.

    • Les personnes étrangères en situation irrégulière résidant de façon stable en France, c’est-à-dire de manière ininterrompue depuis plus de trois mois, peuvent recourir à l’aide médicale de l’État (AME) qui couvre la Prep ;
       
    • Si vous n’avez pas de droits ouverts à la Sécurité sociale, nous vous invitons à vous rapprocher du service social du Cegidd, de l’hôpital, de la mairie ou d’une permanence d’accès aux soins de santé (Pass). Un-e assistant-e social-e pourra vous accompagner dans l’ouverture de vos droits ;
       
    • Si vous avez des difficultés pour avancer les frais, que vous n’avez pas de mutuelle ou que vous n’avez aucun droit à la Sécurité sociale, privilégiez les Cegidd qui pourront vous prendre en charge et vous délivrer le médicament de façon gratuite.

    Accès des personnes mineures à la Prep

    Les adolescents-es de plus de 15 ans ont désormais le droit de se faire prescrire la Prep, mais la problématique de la confidentialité peut se poser pour ceux-lles dont les prestations sociales apparaissent sur le décompte de Sécurité sociale des parents ou tuteurs-rices. En effet, même si le nom du médicament ou la nature des examens biologiques ne sont pas précisés, la nature des actes et leur montant y seront mentionnés. Nous recommandons donc aux mineurs-es qui souhaitent garder confidentielle leur prise de Prep de se tourner vers les Cegidd qui pourront les prendre en charge gratuitement et anonymement.

    Prep : LE guide

    Différents schémas de prise, glossaire, ressources... on répond à toutes vos questions dans notre guide Prep 👇

     

    Retrouvez notre guide Prep en anglais, espagnol et portugais sur cette page.

     

    En cas de problème d’accès à la Prep, n’hésitez pas à nous contacter sur prep@aides.org.