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    Rapport ONUSIDA : la lutte contre le sida en danger, les dirigeants-es doivent se ressaisir

    • Communiqué
    • 18.07.2018

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    Alors que l’ONUSIDA alerte sur le décrochage de la riposte mondiale contre le sida, 250 organisations du monde entier, dont le réseau international Coalition PLUS et son membre français AIDES, s’unissent pour demander aux Etats de respecter leurs engagements financiers. Les pays riches, en particulier, devront octroyer entre 14,5 et 18 milliards de dollars au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la période 2020-2022.

    PARIS – 18 Juillet 10h - Dans son nouveau rapport rendu public aujourd’hui, l’ONUSIDA alerte sur l’insuffisance des efforts déployés en 2017 : les objectifs adoptés à l’ONU de mettre l’épidémie sous contrôle d’ici à 2020 et d’en finir d’ici à 2030 ne pourront pas être atteints, à moins d’une forte accélération dès cette année. En cause : le manque de moyens financiers pour venir à bout de l’épidémie ! Une remobilisation des Etats les plus riches de la planète est indispensable.

    Entre 14,5 et 18 milliards de dollars pour le Fonds mondial pour 2020-2022

    C’est à l’occasion de la 6e Conférence de Reconstitution du Fonds mondiale de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui se tiendra en 2019 en France que les Etats les plus riches pourront démontrer leur volonté de venir à bout du sida. Il sera alors nécessaire de lever entre 14,5 et 18 milliards de dollars selon le rapport de GFAN, alliance internationale de 250 organisations de lutte contre les grandes pandémies [1].

    « Les partenaires techniques ont estimé que le montant total des ressources financières nécessaires pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme s'élève à 46 milliards de dollars annuels, dont GFAN estime que 14,55 à 18 milliards de dollars devraient être investis via le Fonds mondial sur la période 2020-2022 », précise le rapport de GFAN (voir le résumé en pièce jointe).

    Le Fonds mondial, qui mutualise les contributions financières des Etats les plus riches, permet aujourd’hui de financer la moitié des traitements anti-rétroviraux disponibles dans le monde. Depuis sa création par le G7 au début des années 2000, le Fonds mondial a sauvé 22 millions de vies [2].

    Président Macron, « premier de cordée »

    En mai dernier, le Président Emmanuel Macron a annoncé qu’il accueillerait la 6e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial en France en 2019. Lors de cette conférence, les partenaires de la France devront annoncer leurs contributions, pour financer les programmes nationaux de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dans les pays en développement sur la période 2020-2022. La France est un pays pionnier de la lutte mondiale contre le sida depuis la découverte du virus du sida par une équipe de chercheurs français dans les années 1980.

    « Nous demandons au Président Emmanuel Macron de jouer pleinement le rôle de premier de cordée en mobilisant dès maintenant ses homologues internationaux pour obtenir des contributions à hauteur de14,5 à 18 milliards de dollards. Ces investissements supplémentaires seront indispensables pour éviter une reprise de l’épidémie au niveau mondial dans les prochaines années », alerte Aurélien Beaucamp, Président de AIDES, association membre de Coalition PLUS en France.

    « L’ONUSIDA a confirmé que les objectifs de contrôle épidémiologique fixés pour 2020 vont être ratés, à défaut d’une forte accélération en 2018-2020. Sans un regain de solidarité des Etats les plus riches de la planète pour augmenter les ressources financières du Fonds mondial, le sida risque de rebondir plus fort que jamais », ajoute Hakima Himmich, présidente de Coalition PLUS et fondatrice de l’Association de lutte contre le sida au Maroc.

    SOURCES :

    [1] « Back on track to End the Epidemics », Global Fund Advocates Network Report, July 2018 : http://www.globalfundadvocatesnetwork.org/campaign/back-on-track-to-end-the-epidemics/#.W04IztgzZ24

    [2] : Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme : https://www.theglobalfund.org/fr/impact/

    À propos de AIDES

     

    Créée en 1984, AIDES est la première association de lutte contre le sida et les hépatites en France et en Europe. Elle est reconnue d'utilité publique et labellisée "don en confiance" par le Comité de la Charte.
    AIDES agit depuis 30 ans avec et auprès des populations les plus vulnérables au VIH/sida et aux hépatites pour réduire les nouvelles contaminations et accompagner les personnes touchées vers le soin et dans la défense de leurs droits. Plus globalement, l'association joue un rôle majeur dans l'amélioration de la prise en compte des malades dans le système de santé en France, l'évolution des droits des personnes vulnérables et la lutte contre les discriminations.
    Ses principes : respect, indépendance, confidentialité et non-jugement.

     

    À propos de Coalition PLUS

    Union internationale d'ONG communautaires de lutte contre le sida et les hépatites virales fondée en 2008, Coalition PLUS intervient dans près de 40 pays et auprès d’une centaine d’organisations de la société civile. A travers le principe de gouvernance partagée qui la régit, notre union implique 14 organisations adhérentes du Nord et du Sud dans la prise de décision stratégique. S’inscrivant dans la démarche communautaire, Coalition PLUS milite pour que les personnes infectées, affectées ou particulièrement vulnérables au VIH et au VHC soient systématiquement associées aux processus décisionnels, de réalisation et d’évaluation des programmes de santé qui les concernent. A travers les différents programmes de son Secrétariat et ses 6 plateformes sous-régionales d’interventions, elle a pour objectif de renforcer les capacités des associations communautaires, tout en organisant des espaces privilégiés de partage de connaissances et d’expertise. Coalition PLUS est en outre conseiller spécial d’ONUSIDA concernant le plan de rattrapage en Afrique de l’Ouest et du Centre.