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    Journée mondiale contre les LGBT-phobies : commençons par vraiment protéger les demandeurs d'asile

    • Communiqué
    • 16.05.2018

    A l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre les LGBT-phobies, AIDES dénonce le traitement réservé aux demandeurs-ses d’asile LGBTQI+, et interpelle les pouvoirs publics sur les conséquences dramatiques de la future loi « Asile et Immigration ». Cette loi est une nouvelle menace pour l’ensemble des demandeurs-ses d’asile, y compris les personnes LGBTQI+ arrivant de pays notoirement homophobes. AIDES rappelle que l’homophobie, qu’elle soit  inscrite dans la loi ou profondément ancrée dans la société, constitue un terreau fertile pour l’épidémie de sida. 

    Non, mesdames messieurs les ministres, les députés-ée et les sénateurs-trices, la loi Asile Immigration ne permettra pas de « mieux protéger les personnes vulnérables » ou de « s’adapter à la réalité du terrain ».1 En allongeant la durée maximale de rétention à 90 jours, et en réduisant les délais de demande d’asile et de recours, les demandeurs-euses n’auront que très peu de temps pour constituer leur dossier et étayer leur récit. Or, parler de l’intime, ça demande du temps, surtout lorsque l’on vient d’un pays homophobe. Evoquer sans peur sa sexualité et les menaces encourues nécessite de l’écoute et un accompagnement adapté. Mais ne soyons pas dupes, cette loi poursuit un tout autre objectif : traiter les demandes à la chaîne, pour enfermer plus vite et expulser plus facilement. L'amendement de M. Orphelin, proposant de supprimer de la liste des "pays sûrs"2  les pays où l'homophobie est institutionnalisée, va certes dans le bon sens mais n’apporte pas la moindre garantie quant à un meilleur traitement des personnes LGBTQI+ par les services de l'Etat.

    Protéger les migrants-es LGBTQI+, c’est aussi lutter contre le sida. Nous, militants de la lutte contre le sida, connaissons trop bien les ravages des discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, et leur impact direct sur la dynamique de l’épidémie. Aujourd’hui encore, 73 pays criminalisent l’homosexualité et de nombreux autres la discriminent violemment, sans toutefois que cela soit inscrit dans la loi. L'exclusion, les menaces verbales et physiques vécues au quotidien acculent de nombreux-ses LGBTQI+ à la clandestinité, aux prises de risques et entravent l’accès à la prévention et aux soins. Le même constat se vérifie partout : plus un pays est homophobe, plus les contaminations flambent parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). L’exemple du Cameroun, qui punit de 5 ans de prison toute relation homosexuelle, est édifiant : dans sa capitale, on estime que 44% des HSH sont séropositifs

    La voilà la « réalité du terrain » : l’épidémie de sida se nourrit de l’homophobie. 

    On ne lutte pas contre l’homophobie avec des postures et des effets d’annonce. On ne lutte pas contre l’homophobie en expulsant des personnes LGBTQI+ dont la vie et la liberté sont menacées. 

    Il n’y a rien à garder dans ce projet de loi. Il illustre une politique migratoire indigne et inacceptable. Pour « s’adapter à la réalité du terrain », l’unique solution est de mettre en place de réels dispositifs de protection pour toute personne gay, bi, lesbienne ou trans arrivant de pays homophobes et dangereux. AIDES continuera à porter fièrement ce message lors des Marches des Fiertés 2018 partout en France. 

    Retrouvez l’ensemble des actions mises en place par nos militants-es.

    1 Communiqué de presse de Gérard Collomb du 22 avril 2018

    2 Pour rappel, seuls 16 pays dans le monde figurent sur cette fameuse liste des « pays sûrs » dont 3 sont véritablement concernés par cet amendement (Sénégal, Ghana et Inde).

    IDAHOT 2018

    À propos de AIDES

    Créée en 1984, AIDES est la première association de lutte contre le sida et les hépatites en France et en Europe. Elle est reconnue d'utilité publique et labellisée "don en confiance" par le Comité de la Charte.
    AIDES agit depuis 30 ans avec et auprès des populations les plus vulnérables au VIH/sida et aux hépatites pour réduire les nouvelles contaminations et accompagner les personnes touchées vers le soin et dans la défense de leurs droits. Plus globalement, l'association joue un rôle majeur dans l'amélioration de la prise en compte des malades dans le système de santé en France, l'évolution des droits des personnes vulnérables et la lutte contre les discriminations. Ses principes : respect, indépendance, confidentialité et non-jugement.

    Contacts presse

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    Antoine Henry

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