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    L’Actu vue par Remaides : « Vaccination contre la grippe : une couverture en baisse »

    • Actualité
    • 25.09.2026

     


     Photo : DR

    Par Jean-François Laforgerie

    Vaccination contre la grippe : 
    une couverture en baisse

    D’ici quelques semaines, la nouvelle campagne annuelle de vaccination contre la grippe va démarrer, elle devrait se poursuivre jusqu’au début de l’année 2027. Récemment, Santé publique France a publié les résultats de travaux qui montrent que les couvertures vaccinales contre la grippe restent faibles chez les personnes considérées comme à risque de faire une forme grave de la maladie et les professionnels-les de santé. On est en effet loin de l'objectif des 75 % de personnes vaccinées, sauf dans les Ehpad. Partout, la tendance est à la baisse depuis la pandémie de Covid.


    En France, ni les personnes âgées, ou celles considérées comme vulnérables, ni les professionnels-les de santé ne se font suffisamment vacciner contre la grippe, malgré les recommandations officielles des autorités sanitaires : une tendance aggravée depuis la crise sanitaire de la Covid-19, montre une étude dont les résultats ont été publiés par Santé publique France (SPF) dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, numéro 18, du 15 septembre 2026.
    Chaque année, la grippe touche six millions de personnes dans le pays. Elle cause, sur une période allant de novembre à avril, quelque 10 000 décès ; ils surviennent, dans neuf cas sur dix, chez des personnes âgées de 65 ans et plus. La plupart ne sont d’ailleurs pas vaccinées.
    « Se faire vacciner contre la grippe est recommandé et gratuit pour les personnes à risque de forme grave ou de complications ― personnes âgées de 65 ans et plus, femmes enceintes, personnes atteintes d’une maladie chronique, personnes immunodéprimées et leur entourage, personnes en situation d'obésité, personnes séjournant en établissement de soins ou médico-social, etc. ― et les professionnels-les de santé, en particulier ceux et celles en contact avec des personnes à risque.

    Des inégalités sociales et territoriales
    Les couvertures vaccinales contre la grippe sont considérées comme « faibles et en diminution ». Elles sont « marquées par les inégalités sociales et territoriales de santé. » Elles « augmentent avec le niveau d'étude et/ou de revenu » chez les personnes âgées et les femmes enceintes, constatent des travaux coordonnés par la Dre Sophie Vaux, pharmacienne épidémiologiste.
    Les auteurs-rices de l’étude publiée dans le BEH, ont épluché des données allant de 2007 à 2025, extraites du Système national des données de santé (SNDS). Ils-elles appellent à « renforcer les actions pour accompagner les campagnes de vaccination. »
    Sur le plan géographique, les populations des Outre-mer et du quart sud-est de l'Hexagone sont moins vaccinées. C'est aussi le cas pour d'autres vaccinations (HPV, rougeole, coqueluche) notent-ils-elles. En 2024-2025, les couvertures vaccinales étaient de 53,7 % pour les personnes âgées de 65 ans et plus ; 25,3 % pour celles à risque de moins de 65 ans et 24,2 % pour les professionnels-les de santé exerçant en Ehpad (dont 34,2 % des infirmiers-ères et 19,3 % des aides-soignants-es).
    En Ehpad, les évolutions sont contrastées en fonction des catégories de professionnels-les : pour les médecins, la couverture vaccinale a fortement progressé entre 2007-2008 et 2018-2019 (de 60,4 % à 75 %), puis a diminué dans les années qui ont suivi la pandémie de Covid-19 ; pour les infirmiers-ères et les aides-soignants-es, elle a diminué sur l’ensemble de la période.
    En établissements de santé, la couverture vaccinale des professionnels-les a globalement progressé de 9,8 points entre 2009 et 2019 mais avec des évolutions contrastées : + 27 points chez les sage-femmes (vaccinées à 47,8 % en 2019), + 13 points chez les médecins (67,2 % à la même date), + 12 points chez les infirmiers-ères (35,9 %) et + 2 points chez les aides-soignants-es (20,9 %).
    Quelles que soient les populations étudiées, la couverture vaccinale a baissé depuis la crise de la Covid-19 et demeure très éloignée de l'objectif de 75 % pour les personnes à risque de forme grave et les soignants-es, fixé par les autorités. Seuls-es les résidents-es en Ehpad affichaient un taux élevé, de 82,7 % en 2024-2025 (mais il était supérieur à 90 % en 2020-2021).
    En juillet dernier, la Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé une vaccination obligatoire pour les soignants-es et le gouvernement réfléchit à ses modalités.


    Pneumocoques : la HAS publie une stratégie vaccinale pour mieux protéger les populations à risque
    La Haute Autorité de santé (HAS) s’est autosaisie pour réévaluer la stratégie vaccinale contre les infections à pneumocoque pour l’ensemble de la population. En France, les infections invasives à pneumocoques (bactériémies, méningites) peuvent entrainer des complications graves nécessitant une hospitalisation, voire conduire au décès. Certains groupes et populations sont particulièrement exposés (nourrissons, jeunes enfants, personnes âgées de plus de 65 ans et personnes présentant certains facteurs de risque). La vaccination est recommandée pour les personnes vivant avec le VIH.
    Le nombre de cas est en constante progression depuis 2015, avec, entre autres, une surreprésentation de ces cas chez les adultes de plus de 65 ans (entre 18,7 cas pour 100 000 personnes pour les 65 à 69 ans et 63,7 cas pour 100 000 chez les personnes de plus de 89 ans). Par ailleurs, si on n’améliore pas la stratégie vaccinale actuelle, ces infections invasives pourraient être à l’origine, sur les cinq prochaines années, de plus de 17 000 hospitalisations, de près de 3 000 personnes présentant des séquelles et d’environ 2 800 décès. Enfin, la HAS rappelle que le pneumocoque est également la première cause bactérienne de pneumonie aiguë en France, représentant 15 à 30 % des cas. Responsable d’au moins 60 000 cas chaque année, cette infection touche principalement les jeunes enfants et les personnes âgées de 65 ans et plus, et est associée à un risque important d’hospitalisation. Ces différents éléments ont donc conduit la HAS à réévaluer la stratégie vaccinale globale, en raison de la disponibilité des vaccins pneumococciques couvrant un plus grand nombre de sérotypes. L’objectif est ainsi de renforcer la protection contre les infections à pneumocoques chez les nourrissons, les adultes de plus de 65 ans et les personnes à risque. Au terme de son évaluation, la HAS recommande désormais l’utilisation du vaccin VPC20 chez les nourrissons. Chez les adultes de plus de 65 ans et chez celles exposées à un risque accru d’infections à pneumocoques, la HAS recommande désormais le recours préférentiel au vaccin VPC21 en dose unique, ce vaccin assurant une protection contre 84 % des cas d’infections chez les personnes adultes âgées de 65 et plus (contre 63 % pour le vaccin VPC20). Les vaccins VPC20 et VPC21 peuvent être administrés concomitamment avec les autres vaccinations recommandées selon le calendrier vaccinal.
    Pour en savoir plus, c’est ici.


    Les vaccinations infantiles ont baissé dans plusieurs pays de l’UE
    Dans un rapport paru en septembre dernier, des scientifiques se sont penchés-es sur l’évolution de la couverture vaccinale à l’égard de sept maladies, entre 1980 et 2024. Les résultats de cette étude ont été publiés jeudi 17 septembre par la revue scientifique britannique The Lancet. En France, celle-ci a augmenté pour quatre vaccins étudiés, mais a diminué pour trois autres, indique Libération. La plupart des reflux de vaccinations infantiles ont commencé entre 2019 et 2022, coïncidant avec l’époque du Covid, explique l’AFP. Pour ce travail, les niveaux de sept vaccinations infantiles (diphtérie, tétanos et coqueluche, hépatite B, méningite B, poliomyélite, pneumocoque, rougeole et rubéole) dans les 27 pays de l’UE ont été passés au crible sur plus de quarante ans, entre 1980 et 2024, à partir de données de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Unicef. D’un côté, l’UE a atteint des taux de vaccination infantile « historiquement élevés » contre ces pathologies, avec une hausse substantielle sur une quarantaine d’années, mais hétérogène selon les pays. Parallèlement, une « détérioration récente, préoccupante et généralisée » s’est dessinée depuis le tournant de l’ère Covid. Seize pays de l’UE ont ainsi enregistré une baisse des taux de vaccination pour au moins quatre vaccins. C’est notamment le cas de la Bulgarie, de Chypre, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Roumanie et de la Suède. Les baisses récentes les plus marquées ont été observées pour les vaccinations infantiles contre la méningite B et la poliomyélite – en recul dans 20 pays –, devant celles contre l’hépatite B – en repli dans 18 pays – et contre la diphtérie, le tétanos et la polio – en diminution dans 17 pays. En revanche, les tendances apparaissent relativement moins défavorables sur le front de la rougeole et de la rubéole. Les experts-es notent enfin que la crise née de la Covid-19 a, pour sa part, causé des perturbations du système sanitaire et alimenté un climat de défiance et de désinformation.