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    L’Actu vue par Remaides : « Tabac : des chiffres en chute et des moyens d’arrêter »

    • Actualité
    • 08.06.2026

     

     

    Photo : Anthony Leprince pour Studio Capuche pour Remaides.

    Par Jean-François Laforgerie 

    Tabac : des chiffres en chute 
    et des moyens d'arrêter

    L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a publié, fin mai, son bilan annuel sur la consommation de tabac en France. Celle-ci poursuit sa baisse en France, portée par une diminution des ventes légales et une prévalence du tabagisme quotidien à des niveaux historiquement bas. Un contexte qui incite des personnes à envisager sérieusement l’arrêt du tabac. Cet arrêt est un enjeu de santé important pour les personnes vivant avec le VIH comme le montre un programme inédit mis en œuvre par Actions Traitements en partenariat avec le lieu de mobilisation de AIDES Paris 19.

    Des volumes en baisse chez les buralistes
    Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024. Certains départements frontaliers (Nord, Pas-de-Calais, Ardennes) sont moins concernés par cette baisse. La hausse des taxes en Belgique et au Luxembourg ayant entraîné un report sur le territoire français des acheteurs-ses qui allaient auparavant se fournir à l’étranger témoigne de l’utilité de politiques publiques mises en œuvre au niveau européen, souligne l’OFDT.

    Un chiffre d’affaires qui reste élevé
    Malgré la diminution des volumes, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025 : il s’avère quasi-stable depuis 2017, avec une croissance moyenne de 0,2 % par an. En effet, après l’augmentation des prix en 2024, la hausse des prix des cigarettes demeure modérée en 2025 (le prix moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue passant de 12,54 € à 13 €, tandis que le prix moyen du paquet de tabac à rouler de la marque la plus vendue reste inchangé à 23,90 €), indique le rapport de l’OFDT.

    Le tabagisme à des niveaux toujours plus bas
    En 2024, moins d’un cinquième des adultes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement – un niveau toujours plus bas. Chez les adolescents-es, le tabagisme a fortement régressé ces quinze dernières années avec 5,6 % de fumeurs-ses quotidiens-nes chez les lycéens-nes en 2024 contre 30,8 % en 2010. En parallèle, le vapotage progresse, notamment chez les jeunes : 4 % des lycéens-nes vapotaient exclusivement quotidiennement en 2024, contre 0,8 % en 2022.

    L’intérêt pour sortir du tabagisme se poursuit 
    Entre 2024 et 2025, l’utilisation de l’aide au sevrage augmente toujours. Cela se reflète dans l’augmentation des ventes et des remboursements des traitements de substitution nicotinique (+ 7 % de ventes de traitements), portés principalement par les substituts sous forme orale, puis par les timbres transdermiques (patchs), précise l’OFDT. On note aussi l’augmentation de la fréquentation des dispositifs d’aide à l’arrêt tels que les lignes d’écoute (environ 61 000 appels traités par les tabacologues de Tabac Infos Service en 2025, une hausse de 5,2 % par rapport à 2024). Enfin, au cours de la période 2016-2019, environ 1,8 million de tentatives d’arrêt ont été attribuées à l’opération #MoisSansTabac, qui fêtait en novembre 2025 sa dixième édition.

    PVVIH : une nouvelle offre d’accompagnement à l’arrêt proposée par Actions Traitements en partenariat avec AIDES Paris 19
    « Aujourd’hui, les personnes vivant avec le VIH bénéficient de la même offre que celle qui est proposée en population générale. Elles peuvent être accompagnées par des addictologues, des tabacologues et d’autres professionnels de santé, dont le médecin généraliste ou l’infectiologue. Le souci, c’est que, si en Île-de-France, mais aussi dans les grandes villes, il est possible de trouver des tabacologues et des addictologues, c’est plus difficile dans les villes plus petites. De plus, lors des échanges avec le médecin généraliste ou l'infectiologue, l’arrêt du tabac n’est pas souvent le sujet principal de la consultation. Le sujet est peu évoqué, faute de temps ou parce que le médecin est peu à l’aise avec le sujet. Les résultats de notre enquête tabac et VIH nous l’indiquent », expliquait Ashveni Convence, référente Thérapeutique et Qualité de vie à Actions Traitements et en charge de la coordination du programme d’arrêt du tabac, dans une interview accordée à Remaides en novembre 2025 « Ce que propose notre programme est un accompagnement au sevrage tabagique spécifique aux personnes vivant avec le VIH. Sachant que les personnes vivant avec le VIH consomment davantage de tabac que la population générale, rappelait Ashveni Convence. Pour le moment, nous proposons des consultations avec une infirmière tabacologue en présentiel, puis des entretiens motivationnels répartis sur plusieurs mois. Des groupes de parole vont être mis en place petit à petit lorsque le nombre de participants et participantes sera plus élevé. »

    Une participation simple par étapes
    « La personne intéressée appelle AIDES ou Actions Traitements [voir visuel de la campagne ci-dessous, ndlr] pour prendre rendez-vous. Le premier rendez-vous consiste en un entretien pour faire connaissance, faire une sorte d’historique de la consommation de tabac : Depuis quand la personne fume-t-elle ? Dans quel contexte a démarré cette consommation ? Cette consommation est-elle antérieure ou postérieure au diagnostic du VIH ? », expliquait de son côté Denis Payen, coordinateur du lieu de mobilisation de Paris 19 de AIDES, associé au projet. « C’est un entretien où l’on prend vraiment le temps d’échanger. Il est centré sur le tabac, mais parfois sont évoquées d’autres consommations telles que l’alcool voire d’autres produits. Des consommations qui peuvent n’avoir jamais été évoquées et pour lesquelles on pourra proposer une orientation. Ce qui fait partie de nos missions d’accompagnement », soulignait-il.
    « Après ce premier entretien d'accueil, on va caler un premier rendez-vous avec la tabacologue », expliquait Ashveni Convence. Il a lieu assez rapidement, quelques jours après l’entretien, dont l’infirmière tabacologue a pris connaissance du contenu. Cette consultation dure moins d’une demi-heure et donne lieu à une prescription de substituts nicotiniques. « Après ce premier rendez-vous avec la tabacologue, il y a toujours un appel au bout de deux à trois jours après que la personne a commencé à utiliser les substituts nicotiniques. C’est principalement pour vérifier qu'il n'y ait pas de surdosage ou de sous-dosage des substituts. Si c’est le cas, l’infirmière tabacologue leur envoie une nouvelle ordonnance permettant de rectifier le dosage afin qu’il soit adapté à la personne », précise la coordinatrice du projet. « Une fois, ces deux premières étapes franchies, sont alors proposés de nouveaux rendez-vous téléphoniques avec la tabacologue, toutes les deux semaines au début, puis chaque mois. Ces rendez-vous sont plus courts : une quinzaine de minutes environ. Et cela pendant six mois. Mais sans doute, selon les besoins, l’accompagnement pourra être plus long. »

    « Entre les rendez-vous téléphoniques avec la tabacologue, des entretiens motivationnels sont proposés selon les besoins de la personne, expliquait Denis Payen. C’est une façon de prendre des nouvelles au moyen d’un suivi téléphonique assuré par l'équipe du lieu de mobilisation de [AIDES], Paris 19, antenne spécialisée dans l’accueil des personnes vivant avec le VIH. On voit si la personne connaît des difficultés d’usage des substituts [non prise, problèmes de dosages, etc., ndlr], si elle a envie ou besoin qu’on la rappelle. La personne peut aussi prendre contact avec nous à tout moment pour venir ici en présentiel, discuter avec les équipes de ses difficultés, ou pas d'ailleurs. Parfois, juste pour échanger sur sa consommation, sur l'arrêt surtout et les bienfaits qu’on en retire. "J'ai retrouvé le goût, l'odorat, je respire beaucoup mieux, etc." Ou encore faire attention au fait que l'arrêt du tabac, même avec les substituts, ne soit compensé par autre chose : de la nourriture, voire de l’alcool. »

    Insister sur les bénéfices
    « Dans notre approche, on essaie toujours de parler du bénéfice lié à l'arrêt du tabac plutôt que de dire : "Ah ben voilà, vous fumez. Vous allez avoir tel ou tel problème, parce que la plupart des personnes sont déjà au courant. À quoi bon dire que le tabac n’est pas bon pour la santé ? Ce n’est pas un scoop, tout le monde est au courant », soulignait Ashveni Convence. « Il est préférable d’insister sur les bénéfices. On n’oublie évidemment pas d’informer quant à l’impact du tabac sur les comorbidités. Il y a tout de même davantage de risques à fumer pour une personne vivant avec le VIH. Certaines comorbidités peuvent être plus sévères, voire peuvent survenir plus tôt », mais « on met en avant les bénéfices » comme une meilleure respiration, le retour du goût et de l’odorat, une meilleure dentition, moins de toux, etc. »
    Actions Traitements (en partenariat avec AIDES) propose un programme complet d'aide à l'arrêt du tabac. Pour contacter le programme pour des informations ou participer : par mail en écrivant à VIHtabac@actions-traitements.org ou en appelant le 01 43 67 94 97.

    Pour plus d’infos et le détail des données du rapport de l’OFDT, voir ici.

    Se libérer du tabac quand on vit avec le VIH
    Une vidéo d’Actions traitements.