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    L’Actu vue par Remaides : « Santé mentale info service, le site est lancé »

    • Actualité
    • 27.01.2026

     

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    Crédit : DR

    Par Jean-François Laforgerie

    Santé mentale info service,
    le site est lancé

     

    Santé publique France (SpF) a lancé un site dévolu à la santé mentale : Santé mentale info service. Remaides vous en dit plus. En complément, différentes informations relatives aux enjeux de la santé mentale.

    Santé publique France (SpF) a lancé un site dévolu à la santé mentale : Santé mentale info service. Ce site propose des textes clairs et courts, des chapitres qui permettent de traiter des grandes questions (les éléments qui peuvent agir sur notre santé mentale, les signes auxquels il faut faire attention, etc.), sur le sujet, des infos clefs (les dix points pour prendre soin de sa santé mentale), des schémas et de courtes vidéos qui complètent les textes et un lexique. Toutes les informations ont été validées par des experts-es. Des adresses et pistes sont proposées, soit pour aider une autre personne, soit pour trouver de l’aide soi-même. Mais qu’entend-on par santé mentale ? Le site propose sa définition : « La santé mentale fait partie de notre santé globale au même titre que la santé physique. Elle ne se limite pas à l’absence de trouble psychique. La santé mentale, c’est aussi l’état mental dans lequel on se trouve à un moment donné. On peut se sentir plus ou moins bien au cours d’une même journée, ou à différentes périodes de sa vie selon les situations que nous vivons. Par moments, nous pouvons ressentir un état de bien-être général. C’est ce qui nous permet de nous sentir bien dans notre peau, d’être à l’aise avec les autres, en famille, entre amis, à l’école ou au travail. Cet état de santé mentale nous permet aussi de faire face aux petits tracas de la vie et aux événements stressants, perturbants ou douloureux. À d’autres moments, nous pouvons ressentir un état de mal-être On peut ressentir une souffrance psychique, nos relations avec les autres peuvent être plus difficiles. On peut avoir l’impression de ne plus pouvoir faire face aux événements qu’on traverse. La santé mentale compte autant que la santé physique, les deux sont étroitement liées. »

    France : faible amélioration de la pénurie de médicaments psychotropes
    La situation s’améliore sur l’approvisionnement des médicaments psychotropes, mais des tensions demeurent et devraient durer plusieurs mois, explique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « La situation (sur les pénuries de médicaments psychotropes) tend à s’améliorer progressivement », constate l’ANSM, mais la situation reste fragile. « Pour certains médicaments, les stocks commencent à se reconstituer sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement (du laboratoire aux pharmacies), ce qui contribue à limiter l'impact des tensions pour les patients. » « Plusieurs approvisionnements qui étaient attendus se sont concrétisés fin 2025 et se poursuivent en ce début 2026 », précise l’ANSM, mais « cette reconstitution progressive demeure toutefois fragile et dépend fortement de la régularité des approvisionnements par les laboratoires ».
    Plusieurs médicaments, largement prescrits en psychiatrie, connaissent des difficultés d'approvisionnement depuis début 2025. Ces difficultés ont des causes diverses, dont la délocalisation de la production de principes actifs et un système de fixation des prix parfois jugé insuffisamment rémunérateur par l'industrie pharmaceutique. Ces pénuries se manifestent alors même que la santé mentale était « grande cause nationale » en 2025. Comme le mentionne l’AFP, les tensions et pénuries sont une « épreuve » pour les malades, pour lesquels-les un arrêt brutal de traitement peut avoir des conséquences dramatiques. L'une des pénuries les plus emblématiques a porté sur un traitement de la schizophrénie. « Les informations fournies par les laboratoires permettent d'envisager un retour à la normale d'ici la fin du premier semestre 2026 », annonce l'ANSM. Les stocks sont en train d'être reconstitués pour certains dosages. Pour d’autres spécialités pharmaceutiques, la situation semble revenir à la normale.
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    Santé en prisons : une manifestation de l’ASPMP à Nantes
    Récemment, à Nantes, des professionnels-les de santé exerçant en milieu pénitentiaire ont choisi de « rendre visible leur inquiétude face à certaines évolutions récentes de l’organisation pénitentiaire. » « Cette démarche, exceptionnelle dans notre champ professionnel, s’inscrit dans une volonté de rappeler les conditions indispensables à l’exercice du soin en détention et d’alerter sur une dynamique préoccupante qui dépasse largement le cadre local », précise un communiqué de presse de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP) à l’occasion d’une action qui s'est déroulée devant la maison d'arrêt de Nantes lundi 12 janvier 2026, organisée à l’initiative de soignants-es du CHU intervenant dans les prisons de l'agglomération.
    Dans son texte, l’ASPMP a souhaité souligner un enjeu fondamental : « Les modalités  d’organisation du milieu pénitentiaire ont un impact direct sur l’exercice du soin auprès des personnes détenues, mais aussi sur l’engagement durable des professionnels qui en assurent la mise en œuvre. » Depuis la loi de 1994, les soins en détention relèvent pleinement du service public hospitalier. « Ces soins s’inscrivent dans un cadre juridique et éthique précis, qui suppose des conditions concrètes d’exercice compatibles avec la réalité des pratiques cliniques et avec les responsabilités portées par les équipes soignantes », indique l’ASPMP. Pour l’association, ces conditions sont garanties par un dialogue entre les équipes soignantes et celles de l’administration pénitentiaire. Pour être claire, l’association explique qu’il ne « s'agit ni d'opposer le soin à la sécurité, ni de désigner des responsabilités de manière manichéenne. Il s'agit de rappeler que le soin constitue une mission essentielle de l'État, au même titre que les autres missions exercées en détention ». Voilà pour l’idéal. Du point de vue de l’ASPMP ce fragile équilibre se trouve aujourd’hui altéré. « Depuis plusieurs mois, de nombreux établissements constatent une fragilisation croissante des équipes de soins en milieu pénitentiaire. Lorsque les conditions d’exercice du soin se dégradent et que les décisions sont prises sans concertation suffisante, le risque est réel de voir s’accentuer un mouvement de désengagement des professionnels-les, déjà perceptible à l’échelle nationale », dénonce le communiqué qui, sans citer d’exemples précis, explique que des mesures prises dans certains établissements entament le dialogue partenarial de confiance entre celles et ceux en charge du soin et celles et ceux en charge de la surveillance, soit la base de la qualité des soins en détention. »
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    Troubles psy et consommation de crack à Paris
    Dans son édition du 6 janvier, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France (SPF) a présenté les résultats de l'étude ANRS-ICONE 2. Cette dernière a évalué la prévalence des troubles psychiatriques chez les consommateurs-rices de crack à Paris. L'usage de crack est associé à une dégradation importante de la santé mentale et de la situation sociale des usagers-ères, note d’emblée les chercheurs-ses auteurs-rices de cette étude. ​ En France, la consommation de crack a augmenté, entraînant une « précarisation rapide » et une « forte prévalence de troubles psychiatriques », notamment chez les femmes. L'étude visait à estimer cette prévalence et à proposer des ajustements dans les dispositifs de soins. ​Près de 1 202 participants-es ont été recrutés-es. ​ Seuls-es les consommateurs-rices de crack des 30 derniers jours ont été inclus-ses (485 personnes ont été retenues). Une évaluation psychiatrique a été réalisée au moyen d’un dépistage initial par un questionnaire simplifié, suivi d'un diagnostic approfondi et d'une évaluation par un-e psychiatre. Quels résultats ? Concernant la prévalence des troubles psychiatriques : 38 % des participants-es présentaient au moins un trouble psychiatrique, avec une prévalence corrigée de 43,5 %. ​ Les femmes (14 % de l'échantillon) étaient particulièrement touchées (62 % avec au moins un trouble contre 34 % chez les hommes). Quels troubles étaient les plus fréquents ? : le risque suicidaire (21,6 %), le trouble anxieux (21,9 %), un épisode dépressif majeur (15,7 %), et un trouble psychotique (11,3 %). Sur le critère de la précarité sociale : 50 % des participants-es n'avaient pas de logement stable, et 31 % étaient sans droits sociaux de base. Les femmes étaient moins précarisées mais plus vulnérables sur le plan psychologique. Dans leur commentaire, les chercheurs-ses notent que malgré une « prévalence élevée de troubles psychiatriques, le recours aux soins reste faible (seulement 12 % des participants-es ont consulté pour des troubles mentaux au cours des douze derniers mois). ​ Les femmes, particulièrement affectées, sont réticentes à chercher des soins dans des environnements majoritairement masculins, souvent marqués par des violences de genre. » Les résultats soulignent la nécessité de dispositifs de soins spécifiques, non stigmatisants et adaptés aux besoins des femmes et des populations migrantes. ​Les chercheurs-ses recommandent de « créer des espaces de soins spécifiques pour les femmes, avec une prise en charge intégrée et non stigmatisante » ; de « renforcer la médiation linguistique et culturelle pour les usagers-ères migrants-es » ; « d’intégrer des professionnels-les de santé mentale dans les structures en addictologie (CSAPA et Caarud). ​
    Source : Michel L, Trouiller P, Gruyelle F, Moulis L, Vaquier de Labaume G, Charmet T, et al. Prévalence des troubles psychiatriques chez les hommes et femmes faisant usage de crack à Paris (Étude ANRS-Icone 2) : nécessité d’une adaptation de l’offre de soins. Bull Épidemiol Hebd. 2026;(1):2-9.
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