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    L'Actu vue par Remaides : Pascal : « Jamais je n’aurais imaginé que ça puisse m’arriver d’avoir le VIH à 17 ans »

    • Actualité
    • 27.04.2026

     


    Crédit photo : DR

    Par Fred Lebreton

      Pascal : "jamais je n'aurais imaginé que ça puisse m'arriver d'avoir le VIH à 17 ans"

     

    Rencontré en novembre dernier lors des Universités des personnes séropositives (UPS) 2025, organisées dans un camping de Gironde, Pascal a accepté de poursuivre la conversation quelques semaines plus tard lors d’un entretien en visio. Âgé de 38 ans, il vit avec le VIH depuis 2004. Il retrace ici, sans détour, un parcours marqué par l’annonce précoce de la séropositivité, l’exil, la sérophobie, l’addiction, mais aussi par l’engagement associatif et la reconstruction.

     

    Remaides : Dans quelles circonstances avez-vous découvert votre séropositivité et quelles ont été les répercussions sur votre vie, au début ?

    Pascal : J’ai été diagnostiqué en 2004, à l’âge de 17 ans. À l’époque, je faisais des allers-retours entre la Dordogne et Bordeaux, où j’étais au lycée en bac pro. Un week-end, je suis rentré chez mes parents. Ma médecin de famille est venue pour une consultation à domicile avec ma mère ; et moi, j’étais à côté. Elle a remarqué que j’avais des ganglions dans le cou et elle s’est demandé si je n’avais pas une infection. Elle m’a alors demandé si j’avais une vie sexuelle. Je lui ai répondu que oui. Mes parents n’étaient pas trop au courant de ce que je faisais, puisque j’étais mineur et que je vivais seul à Bordeaux. Elle m’a donc prescrit un dépistage complet des IST, dont le VIH. Mon père n’était pas présent à ce moment-là, mais ma mère et ma sœur étaient là. Quand les résultats sont revenus, ma mère a été complètement sous le choc. C’est elle qui nous a fait l’annonce à la maison. Elle avait totalement « buggé ». Avec ma sœur, on est allés dans sa chambre pour se faire un câlin. À 17 ans, jamais je n’aurais imaginé que ça puisse m’arriver, d’avoir le VIH à cet âge-là. Au début, je faisais toujours beaucoup d’allers-retours entre Bordeaux et Bergerac, donc je n’avais pas vraiment le temps d’y penser. Je ne connaissais pas du tout le milieu associatif à Bordeaux, je ne savais pas vers qui me tourner. Cela a donc été une période où j’étais un peu dans le déni. Je pense aussi que j’ai été diagnostiqué au bon moment, dès que l’infection s’est déclarée. Je ne devais pas l’avoir contractée depuis très longtemps.

    Remaides : Comment se construit-on à 17 ans avec le double poids de devoir faire un coming out gay et l’annonce de la séropositivité ?

    Le coming out gay, je l’ai fait à 21 ans. Enfin… c’est ma mère qui m’y a un peu contraint. Je me souviens qu’on était dans la cuisine et elle m’a dit : « Pascal, alors tu vas nous le dire, est-ce que tu es gay ? ». Mais à 17 ans, on était vraiment focalisés sur le VIH, et on n’a pas vraiment parlé de ça. Quand on a su que j’étais séropo, ma mère m’a dit : « Tu n’en parles pas à tes grands-parents ; on ne veut pas les inquiéter. Tu n’en parles pas non plus au reste de la famille ». Alors que mes parents étaient plutôt des personnes ouvertes d’esprit. Mais pour eux, c’était trop grave. Ils disaient : « Les grands-parents ne vont pas supporter tout ça ». Mes grands-parents sont morts il y a quelques années, sans savoir officiellement que j’avais le VIH ou que j’étais gay. Et cela me rend un peu triste, parce qu’ils ne m’ont pas vraiment connu tel que j’étais vraiment.

    Remaides : Est-ce que le VIH a été un frein à vos projets personnels ou professionnels ?

    J’ai abandonné le lycée assez rapidement après la découverte de mon VIH. Je l’ai appris en septembre 2004 et au mois de mars qui a suivi, j’ai quitté le lycée. J’étais dans un lycée public et il y avait des réunions parents-professeurs. Je crois que, quand on est mineur, il y a des clauses : les infirmeries, les établissements scolaires publics doivent avoir en leur possession le dossier médical des élèves. Et donc le lycée a su que j’étais séropositif. Ma prof principale est venue me voir un jour, elle m’a dit : « On va prendre rendez-vous, il faut que je te parle. » C’était aussi ma professeure d’esthétique, je faisais un bac pro esthétique. Elle m’a dit : « Tu ne vas plus pouvoir participer aux cours d’esthétique. » J’ai senti que j’étais mis à l’écart. Même pour la fille avec laquelle je m’entendais bien, cela a été compliqué aussi. J’ai fait une dépression à ce moment-là. Je me suis senti rejeté par mes professeurs et par l’école, donc j’ai arrêté. L’année suivante, j’ai passé le DAEU, diplôme d'accès aux études universitaires, pour pouvoir entrer à l’université, parce que j’avais besoin de continuer mes études.

    J’ai aussi beaucoup de regrets concernant ma vie sentimentale. Cela a duré jusqu’à ce que je me mette en couple avec un garçon à 27 ans, pendant deux ans. Cela a été ma seule vraie relation. Je me suis toujours privé de relations, car dès que le moment arrivait où il pouvait y avoir du sexe et qu’il fallait annoncer ma séropositivité, j’avais peur du rejet, donc je coupais les ponts. Il m’est arrivé quelques fois d’annoncer mon VIH après avoir eu des rapports sexuels et les personnes ont très mal réagi même quand on avait utilisé un préservatif. Je me suis dit que je n’avais pas envie de revivre ça ; donc qu’il fallait que je sois honnête et l’annoncer avant un premier rapport avec un nouveau partenaire. Mais ce n’est pas une expérience très agréable quand on se fait engueuler, voire rejeter, parce qu’on est séropositif. Ce n’est pas ma faute, quoi !

    Remaides : À quel moment décidez-vous de quitter la France et pourquoi ?

    Je suis d’abord parti en Angleterre. Je pense que je n’avais pas encore digéré ma séropositivité. J’ai fait le minimum, c’est-à-dire m’occuper de ma santé. Pour le reste, tout était un peu figé, un peu tabou, notamment avec mon entourage familial. Pendant les deux premières années après l’annonce de mon VIH, ma mère m’a demandé de ne pas en parler. Mais en réalité, elle en a parlé à tous ses frères, à mes cousins et cousines. À chaque fois que je rentrais à la maison, il y avait toujours une personne de plus qui était au courant. Il y avait aussi les copines de ma sœur. Ma sœur et elles, confrontées à tout ça, m’ont dit : « Mais tu comprends, c’est difficile pour nous. » Je leur ai répondu : « Mais c’est surtout difficile pour moi ! Ce n’est pas à vous d’annoncer mon statut sérologique. » À ce moment-là, cela a un peu cassé notre relation. C’est une raison de mon départ. J’ai d’abord fait mon DAEU à Bordeaux 3, puis très vite, j’ai décidé de partir en Angleterre, et par la suite au Canada.

    Remaides : Dans votre parcours de vie avec le VIH, avez-vous vécu des paroles ou des actes sérophobes ?

    En 2015, je vivais au Canada et j’ai rencontré un mec. Nous sommes restés deux ans ensemble. Je lui ai caché pendant trois mois que j’étais séropositif. À un moment donné, je ne sais plus comment, il l’a découvert. Je crois qu’il a trouvé mes cachets. C’est lui qui m’a confronté à cela. Il l’a très mal pris au début, mais après, on a travaillé dessus, mais quand nous nous sommes séparés, deux ans plus tard, il me l’a rappelé. Il m’a dit que c’était une des raisons de la rupture. C’est encore criminalisé au Canada quand on ne l’annonce pas [sa séropositivité, ndlr]. Il m’a dit : « Je peux t’envoyer en prison, tu sais ? ».  À partir du moment où j’en ai fait l’annonce et où je me suis engagé dans les associations VIH, ça a eu un effet, au début. Des gens qui me connaissaient, qui m’ont vu m’investir là-dedans, ont arrêté de me parler. Ce n’étaient pas forcément des amis proches, plutôt des connaissances. Ces personnes ne savaient pas avant. À partir de ce moment-là, mon engagement dans les associations de soutien VIH a coupé le pont avec beaucoup de monde. Sur les réseaux sociaux aussi, des gens me sortaient de leur liste d’amis. Je me disais : « Ah ben tiens, on n’est plus amis. » Mais en même temps, une fois impliqué dans les associations VIH, j’ai aussi trouvé des gens qui m’ont donné beaucoup d’amour. Finalement, j’ai plus gagné que perdu, je pense. Je me suis retrouvé avec des gens honnêtes, intègres, qui défendaient des droits, qui faisaient de belles actions, avec beaucoup d’humilité et d’honnêteté.

    Remaides : À quel moment et pourquoi vous êtes-vous investi dans le milieu associatif VIH ?

    C’est le Covid qui m’y a fait m’investir, parce que j’ai eu des problèmes d’addiction à la méthamphétamine. Je vivais à Vancouver à cette époque. Avant ça, je n’avais jamais vraiment touché à rien, à part quelques pétards, mais ce n’était pas mon truc. Un jour, j’ai rencontré un mec sur Grindr [appli de rencontres entre hommes, ndlr]. Il est venu chez moi, avec une petite mallette. Il a ouvert sa petite boîte, un genre de pilulier avec plein de trucs de toutes les couleurs, et il m’a dit : « Moi, je fais ça, tu veux essayer ? » Après cette première fois, je n’y ai pas retouché pendant six mois. Puis l’occasion s’est représentée, toujours avec des mecs rencontrés sur Grindr. Et là, ça a duré deux ans : entre 2021 et 2022, j’ai eu de vrais soucis d’addiction au crystal meth. À la même époque, j’avais aussi perdu mon statut d’immigration au Canada, à cause des énormes retards administratifs liés au Covid. Il y a eu l’arrivée massive de réfugiés ukrainiens, et mon dossier a traîné pendant deux ans, alors qu’il devait être traité en six mois. Résultat : j’ai perdu mon statut, mon accès aux soins, tout. J’ai dû me débrouiller avec des associations pour avoir mon traitement. Je n’avais pas accès à un centre de désintoxication, parce qu’il fallait avoir l’équivalent de la Sécurité sociale, que je n’avais plus eue entre 2020 et 2022. J’ai donc dû me débrouiller tout seul. Cela a été une vraie cassure dans ma vie : j’ai aussi perdu mon logement. Vancouver est la deuxième ville la plus chère du monde après Zurich, et pendant la période Covid, c’était impossible de retrouver quelque chose, même en colocation. Je me suis retrouvé à la rue et j’ai dû dépendre des organismes sociaux, comme le Dr Peter Centre ou encore le foyer catholique pour hommes de Vancouver, qui m’a hébergé.


    Remaides : Comment avez-vous réussi à surmonter ces difficultés ?

    J’ai décidé de quitter Vancouver pour m’éloigner de la tentation de la drogue et du chemsex. Je suis d’abord allé à New Westminster, en banlieue. Je crois que j’avais 200 dollars sur mon compte. J’ai vu un billet d’avion pour Calgary, une ville de l'Ouest du Canada, située dans la province de l'Alberta. Là-bas, c’est le pays des cow-boys ; c’est très conservateur. Je me suis dit que ça allait me donner un peu de discipline et qu’il n’y aurait pas de drogue. Je suis arrivé à Calgary à minuit le lendemain. Il me restait 100 dollars en poche. J’ai marché, beaucoup marché, environ 80 kilomètres je crois, puis je suis tombé sur une petite ville avec un foyer catholique. Au Canada, quand on est vraiment dans la merde, il faut regarder du côté de la religion, parce que dans les campagnes, ce sont des organismes religieux qui s’occupent de tout. J’ai pu commencer à travailler. Bon, ça ne m’a pas plu, mais j’ai bossé dans une usine de fertiliseurs. Il y avait énormément de monde, c’était très macho, on ne parlait pas du tout de LGBT. C’était super homophobe en Alberta, donc je n’en parlais pas. Je portais mes chemises à carreaux comme tout le monde. Je me fondais dans la masse. Je ne suis pas resté très longtemps en Alberta, deux mois environ. Ensuite je suis parti trois mois dans le Saskatchewan, une autre province du Canada. J’ai continué mon parcours à pied. J’étais un peu énervé. C’était la période où je sortais de mon addiction. Je n’étais pas commode avec les gens autour de moi, forcément, mais j’essayais quand même de faire des choses. Et puis, j’ai fini par arriver à Montréal. Là, tout a vraiment changé. Je me suis énormément impliqué. Tous les jours, je faisais du bénévolat, j’adorais ça. Je travaillais en même temps pour Vélo Québec. À partir de ce moment-là, je n’ai plus du tout consommé. J’étais vraiment sevré. J’ai rencontré beaucoup de gens qui avaient eu les mêmes problèmes que moi et du coup, ça m’a permis de prendre de la distance.

    Remaides : Comment avez-vous découvert I = I (Indétectable = Intransmissible) et qu’est-ce que cela a changé dans votre vie ?

    Je l’ai découvert à Montréal, à travers des associations VIH. Il y a la Maison Plein Cœur, qui est francophone, et AIDS Community Care Montréal (ACCM), qui est anglophone. ACCM est une organisation très militante et politisée, qui travaille beaucoup sur de grands enjeux. Leur ligne principale, c’est la décriminalisation du VIH et le I = I. Ils portent tous des badges I = I, participent aux Pride, tiennent des stands un peu partout dans la ville pendant l’été. C’est vraiment avec eux que j’ai découvert ce message. C’était très présent, très médiatisé. Ils intervenaient beaucoup dans les écoles, avec des programmes spécifiques. I = I facilite les relations. Depuis que j’ai découvert cette notion, je parle de ma séropositivité avec beaucoup plus de liberté. J’ai un peu banalisé les choses, même si je ne les ai pas totalement mises de côté non plus : le VIH est là, et il peut encore y avoir des effets négatifs. Mais globalement, ça m’a enlevé le poids de la transmission, y compris dans mes relations avec des personnes séronégatives.

    Remaides : Pourquoi avez-vous décidé de venir aux UPS et qu’attendiez-vous de ce séjour ?

    Quand je suis rentré du Canada, ça a été compliqué sur le plan social. Je suis revenu avec peu d’argent, parce que je voulais absolument voir ma famille, mais je n’ai pas pu organiser correctement mon retour. J’ai dû passer par beaucoup de dispositifs et d’associations pour retrouver une situation stable. À ce moment-là, je n’étais plus vraiment intégré dans les associations VIH comme je l’avais été avant mon départ, et ça me manquait beaucoup. Une fois que je me suis senti un peu plus posé, avec un logement, des allocations, une certaine stabilité, je me suis dit que je pouvais repartir sur quelque chose. J’en ai parlé à ma médecin au CHU Pellegrin à Bordeaux. C’est une infectiologue formidable, que j’adore. Je lui disais aussi que je souffrais de l’isolement, que je m’ennuyais, que je ne savais pas trop quoi faire. Je n’arrivais pas à retrouver le tissu associatif dans lequel j’étais impliqué à Montréal, parce que Bordeaux, ce n’est ni Montréal, ni Paris. Vers le mois d’avril, quand le flyer des UPS est sorti, elle me l’a montré et m’a dit que ça pourrait être une façon de me réimpliquer dans le milieu associatif. Et effectivement, je me suis retrouvé avec des gens super. J’ai entendu parler de choses nouvelles, qui m’ont motivé et fait comprendre que je pouvais m’impliquer autrement. Grâce aux UPS, j’ai aussi rencontré deux personnes qui sont patientes expertes. On a longuement échangé à ce sujet, c’était vraiment très intéressant de voir ce qui se faisait. J’ai trouvé que le contenu était très équilibré : entre les interventions des professionnels, les témoignages, le côté pédagogique et éducatif. Et puis il y avait aussi le côté festif, qui est nécessaire pour créer du lien. J’aurais toutefois aimé qu’on aborde davantage la santé mentale, qui m’a semblé un peu manquer. Mais sinon, oui, on a vraiment parlé de tout.

    Remaides : Y a-t-il eu un sentiment de lâcher-prise, notamment lors des groupes de parole ?

    Oui, clairement. Dans le groupe où j’étais il y avait, par exemple, un mec qui venait du fin fond du Médoc et qui disait : « Moi, je ne peux jamais parler de mon homosexualité et de ma séropositivité autour de moi. Je ne peux en parler que dans ce cadre-là. » Personnellement, je n’aurais jamais pensé qu’il y avait autant d’homophobie et de sérophobie dans certains milieux. Moi, j’ai toujours vécu dans de grandes villes, que ce soit Vancouver, Montréal, Bordeaux ou Londres, donc ça a toujours été plus facile, pas forcément pour m’impliquer, mais au moins pour me fondre dans la masse. Là, j’ai découvert que dans certaines campagnes, il y a encore des gens qui ferment leur rideau quand tu passes devant chez eux. Ça fait relativiser beaucoup de choses. 

    Remaides : Témoigner à visage découvert demeure compliqué pour beaucoup de personnes vivant avec le VIH. Pourquoi avoir accepté de le faire aujourd’hui ?

    Ce n’est pas la première fois. J’avais témoigné pour TV Monaco, dans le cadre d’un reportage sur la Maison de Vie de Carpentras. Aujourd’hui, c’est un peu différent. On est davantage sur mon ressenti, mon histoire et mon vécu. Ça permet de clarifier certaines choses, de mettre un visage sur mon histoire. Ça me renvoie aussi un effet miroir, pour se dire : « Tiens, voilà où j’en suis ». Et puis, avoir un témoignage publié, c’est toujours important. Je n’ai pas vraiment laissé de traces derrière moi jusqu’ici, donc en laisser une, quelque part, ça me fait plaisir. Je me sens aussi beaucoup plus stabilisé dans ma vie.  J'ai repris contact avec ma mère et ma sœur depuis mon retour du Canada. Elles me manquaient et je les aime fort. Il faut savoir pardonner, se pardonner et grandir. J’ai pu mettre beaucoup de choses derrière moi. Et quand on en est là maintenant, on peut continuer, avancer, avec une base solide, construite à partir d’expériences parfois négatives et positives aussi. Ça me donne de la force pour rebondir. Ce n’est pas simple de passer quinze ans à l’étranger puis de revenir en France. Il faut se redéfinir, se reconnaître, savoir qui on est. J’ai évolué dans un milieu très anglo-saxon. Le Canada, ce ne sont pas les États-Unis, mais c’est très américanisé, avec une mentalité nord-américaine. En arrivant ici, on sent bien que ce n’est pas pareil. Je me suis posé beaucoup de questions : « Est-ce que je suis encore français ? » ; « Est-ce que je vais trouver mon arbre, l’endroit où me poser, à Bordeaux ? » Le fait d’avoir trouvé AIDES m’apporte déjà un point d’ancrage. Ça m’aide à savoir quoi faire ici, à identifier où sont mes pairs, les gens comme moi. Petit à petit, je peux identifier mon environnement.