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    L’Actu vue par Remaides : « Par ici la sortie : des expos à voir à Paris sur Nan Goldin et Barbara »

    • Actualité
    • 27.03.2026

     


    84-85, Self-portrait on New Year's Eve Malibu California. Photo : Nan Goldin

    Par Jean-François Laforgerie 

    Par ici la sortie : des expos à voir à Paris
    sur Nan Goldin et Barbara


    Deux expositions, en cours à Paris, méritent d’être découverte. La première (sur deux sites) présente la première rétrospective en France des vidéos et des diaporamas de l’Américaine Nan Goldin. L’autre célèbre Barbara, icône de la chanson française dont la voix, les textes et les mélodies résonnent encore aujourd’hui, près de trente ans après sa disparition. Les deux parcours artistiques résonnent, dans des approches différentes, avec la lutte contre le sida. Émouvant.


    Expo : Nan Goldin, This Will Not End Well 
    Icône de la photographie contemporaine, l’Américaine Nan Goldin s’expose aujourd’hui comme cinéaste. Le Grand Palais jusqu’au 21 juin présente la première rétrospective en France de ses vidéos et de ses diaporamas. Des œuvres que l’artiste qualifie de « films composés de photos ». L’ensemble constitue un « voyage intime au cœur de sa vie, de ses amitiés, de ses amours, de ses combats ».
    Nan Goldin est née en 1953 (Washington D.C.). Elle est aujourd’hui reconnue comme une artiste majeure ayant révolutionné la photographie contemporaine et la culture visuelle de notre époque. De 1979 à aujourd’hui, l’artiste a réalisé de nombreux diaporamas à partir des milliers de photographies qu’elle a prises de son quotidien avec ses proches, de leur intimité et d’évènements familiaux. « Elle élabore les récits à partir de sa propre expérience et aborde autant de thèmes que l’enfance, le genre, la violence ou la dépendance aux drogues. Crues et intimes, les histoires qu’elle donne à voir prennent la dimension de contes universels sur l’amour et la perte », expliquent les concepteurs-rices de cette exposition. Le concept de cette exposition est singulier puisque dans l’enceinte du Grand Palais, la présentation se déploie au sein de pavillons conçus par l’architecte Hala Wardé. « Chaque pavillon est pensé en fonction de l’œuvre qu’il accueille ; ensemble, ils forment un village. Celui-ci s’étend à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, où est présentée l’installation conçue pour cet espace en 2004 dans le cadre du Festival d’Automne, Sisters, Saints, Sibyls », indique le communiqué de présentation de l’exposition. Celle-ci rassemble six œuvres majeures qui retracent cinquante ans de création : The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022) ; The Other Side (1992-2021), un hommage à ses amis-es trans photographiés-es entre 1972 et 2010 ; Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022), un témoignage sur le traumatisme des familles et le tabou du suicide ; Memory Lost (2019-2021), un voyage claustrophobe à travers le sevrage de la drogue ; Sirens (2019-2020), une plongée dans l’extase de la drogue ; et Stendhal Syndrome (2024), une œuvre inspirée de six mythes des Métamorphoses d’Ovide ( le plus long poème de l’Antiquité latine en quinze livres et quelque 12 000 vers) , qui explore ce trouble décrit par Stendhal comme une perte de connaissance face à la beauté écrasante de l’art.

     


    C putting on her make-up at Second Tip, Bangkok, 1992. Photo : Nan Goldin
     

    The Ballad of Sexual Dependency est, sous la forme d’un journal photographique, la chronique des luttes inhérentes aux rapports amoureux et des problèmes de compréhension entre amis-es, famille et amants que Nan Goldin considère comme sa « tribu ». On considère souvent que c’est une des pièces majeures de son œuvre. « J’ai réalisé ce livre pour prouver que c’était ma vie, ce que j’avais fait. C’était mon histoire. […] Et les gens de ma vie — mes amis, mes amants, qui formaient une part si essentielle de ma réalité. Sans aucun déni », expliquait-t-elle d’ailleurs dans une interview. Cette œuvre abord notamment la question du sida. The Ballad of Sexual Dependency a pris la forme d’un ouvrage publié pour la première fois en 1986.
    L’exposition Nan Goldin, This Will Not End Well est présentée jusqu’au 21 juin 2026 dans les galeries du Grand Palais, 17, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris ; du mardi au dimanche de 10h à 19h30 ; Nocturne le vendredi jusqu’à 22h.


    LClemens eating grapes under my arbour, Sag Harbor, NY 2001. Photo : Nan Goldin

     

    L’œuvre Sisters, Saints, Sibyls est présentée dans la chapelle Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière. Entrée par le 47 boulevard de l’hôpital, 75013 Paris.
    Horaires : du mardi au samedi, de 16h à 20h ; Le dimanche, de 11h à 19h ; Nocturne le vendredi jusqu'à 22h. Accès libre et gratuit dans la limite des places disponibles.

    Expo : Dis quand reviendras-tu ? Barbara et son public
    Cette exposition de la Bibliothèque nationale de France (BNF) célèbre Barbara, icône de la chanson française dont la voix, les textes et les mélodies résonnent encore aujourd’hui, près de trente ans après sa disparition. S’appuyant sur le fonds donné en 2023 à la Bibliothèque par l’association Barbara Perlimpinpin, l’exposition évoque à travers une centaine de documents les méthodes de travail de Barbara, son rapport à la scène et la relation d’amour que la chanteuse a toujours entretenue avec son public. La chanteuse a débuté comme interprète avant de devenir autrice-compositrice d’une centaine de chansons. Elle a enregistré 15 albums studio entre 1955 et 1996. Mais c’est la scène – véritable lieu de retrouvailles entre la chanteuse et son public – qui l’anime tout au long de sa carrière, comme le soulignent les concepteurs-rices de cette exposition. L’exposition présente le fonds donné en 2023 par l’association Barbara Perlimpinpin au département de la musique de l’institution. Ces archives, acquises en partie lors des ventes aux enchères qui ont suivi le décès de l’artiste, rassemblent des documents de travail provenant de son domicile, et couvrent pour l’essentiel la fin de sa carrière (1981-1997). Elles ont été complétées par une importante documentation rassemblée par l’association (affiches, photographies, partitions imprimées, lettres d’admirateurs, coupures de presse, programmes). L’exposition évoque ainsi l’histoire d’amour unique qui lie Barbara à son public de son vivant ; et salue en même temps la démarche archivistique et patrimoniale de ce même public, après la disparition de la chanteuse. L’exposition permet de suivre le parcours de cette artiste exceptionnelle de ses débuts à ses dernières apparitions sur scène en 1993. Les visiteurs-ses découvriront sa méthode singulière de travail, mais aussi son rapport au corps et à la scène, son engagement dans la lutte contre le sida ou encore ce lien toujours passionné avec son public – résumé dans la fameuse formule prononcée sur la scène de Bobino en 1966 : « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous ».
    Dis quand reviendras-tu ? Barbara et son public à la Bibliothèque François-Mitterrand (BNF) jusqu’au 4 avril 2026. Galerie des Donateurs. Quai François Mauriac. 75706 Paris Cedex 13 Du mardi au samedi : 10 h - 19 h, le dimanche : 13 h - 19 h. Fermé le lundi. 
    Exposition en accès libre (entrée gratuite).
    Plus d’infos ici.