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    L’Actu vue par Remaides : « Noir, gay, séropositif et… évêque ! »

    • Actualité
    • 06.07.2026

     

     

    Stacey S. Latimer en une du magazine Poz en 2024, le plus célèbre des journaux concernant les personnes vivant avec le VIH. Photo : Bill Wadman pour Poz.

    Par Fred Lebreton 

    Noir, gay, séropositif... et évêque

    "Noir, gay, séropositif et… évêque !", Stacey S. Latimer est une figure militante américaine atypique. En septembre 2024, Poz lui consacrait une nouvelle fois sa couverture. Il avait alors 61 ans. La première a paru il y a quatorze ans. Deux couvertures, il n'en fallait pas moins pour revenir sur ce parcours si singulier et si inspirant.

    Stacey S. Latimer a grandi dans une famille baptiste du Sud à Laurens, en Caroline du Sud. Il a également été pentecôtiste indépendant et membre de l'Unity Fellowship Church à Brooklyn, une église qui affirme l'acceptation des personnes homosexuelles. Il a fondé et été pasteur du Love Alive International Sanctuary of Praise Worship Center, puis il est devenu évêque de l'Église du Royaume Éternel.

    Bien qu'il ait été diagnostiqué positif au VIH en 1987 alors qu'il était dans l'armée, en 2007, il était en bonne santé grâce à ses traitements et à l’appui d’un entourage solide. Cependant, comme c'est le cas pour de nombreux « vétérans » du VIH de longue date, d'autres défis de santé l'attendaient. En 2019, Stacey S. Latimer est diagnostiqué avec un cancer de la prostate au stade IV, ce qui signifie qu'il s'était déjà propagé dans tout son corps. Bien que la chimiothérapie ait contribué à réduire les tumeurs, elle a fini par ne plus être efficace. Aujourd'hui, il participe à un essai clinique à l'Université de New York impliquant une radiothérapie ciblée pour détruire les cellules cancéreuses.

    Quatorze ans après sa première couverture de Poz, le militant, aujourd’hui âgé de 61 ans, a accepté de reposer pour le magazine américain dans un numéro consacré au vieillissement avec le VIH. Dans un long entretien accordé au magazine, il évoque sa foi, les essais cliniques, les questions LGBTQ et la sagesse de la vie. Dans son témoignage, Stacey S. Latimer frôle parfois avec la propagande religieuse, propre à la culture américaine. Cependant, il reste lucide sur le manque d’ouverture de l’Église : « Même si nous continuons à faire de grands progrès envers les personnes LGBTQIA et les personnes vivant avec le VIH, les défis restants, à savoir la religion, les différences culturelles et coutumes dépassées, ainsi que la cupidité et la haine, continueront probablement à entraver l'éducation sur le VIH et le sida. Cela bloque également les efforts pour mettre fin au sida et résoudre notre crise de santé mentale. Les rouages de l'égalité ont tendance à avancer très lentement. Pourtant, dans ce climat volatile saturé de haine, la voix de chacun est importante. Chaque vote compte. Chaque vie est précieuse ! ». 
    Stacey S. Latimer revient également sur les difficultés d’être gay dans une famille très religieuse : « Je savais que j'aimais les personnes du même sexe à l'âge de 6 ans, mais je n'avais pas les mots pour [décrire cette expérience ou mon identité]. Il n'y avait même pas d'informations pour aider mes parents à comprendre. Ma famille n'était pas parfaite, mais leur amour et leur soutien m'ont permis de grandir librement et de devenir moi-même sans la plupart des préjugés haineux qui remplissent un enfant de blessures et de questions sans réponse ». 

    Stacey S. Latimer a réussi à concilier sa foi avec son orientation sexuelle et sa séropositivité : « Je pense à la façon dont ma vie a servi à éduquer l'Église noire sur le VIH, le sida, et maintenant le cancer. Je ressens ce besoin de crier et de faire passer le message parce que les médecins ne nous informent pas sur les choses à propos desquelles nous devons rester vigilants [comme les dépistages du cancer]. C’est finalement un message d’amour de soi et d’estime de soi que l’homme de foi fait passer : « Il n’y a pas de meilleur moment que maintenant [à 61 ans], pour vivre votre vie de la façon la plus intense ! […] En vieillissant, il n’y a plus de temps pour être trop bouleversé, trop déprimé ou tellement brisé. Il faut prendre le temps de s’aimer et de prendre soin de soi. Nous devons être activement impliqués dans notre prise en charge de santé. Nous devons être notre propre meilleur avocat […]. Depuis 2023, la première fois que l’on m’a dit que mon traitement contre le cancer ne fonctionnait plus ; ma philosophie a été : « Je refuse de m’inquiéter et de craindre ce qui n’est pas encore arrivé, car cela me privera des joies d’aujourd’hui » […] Nous devons rechercher des options et des solutions à nos peurs, inquiétudes et doutes en planifiant des résultats favorables et une fin glorieuse. Ne laissez rien ni personne vous empêcher de vivre votre meilleure vie ». Amen !
    Pour lire l’entretien dans son intégralité (en anglais).