L'Actu vue par Remaides : Maison de Vie de Carpentras : rompre l’isolement et (re)créer du lien (première partie)
- Actualité
- 13.05.2026

Djamel et Camille Hiely, membre de l’équipe de la Maison de vie, lors d’un séjour à la Maison de vie de Carpentras en septembre 2025. Image : Nina Zaghian
Par Fred Lebreton
Maison de vie de Carpentras : rompre l'isolement et (re)créer du lien (première partie)
En septembre 2025, une partie de l’équipe de Remaides (Fred Lebreton, journaliste, et Nina Zaghian, photographe) a posé ses valises à la Maison de Vie de Carpentras pour réaliser un reportage immersif. Dans ce havre provençal fondé par l’association Fight Aids Monaco, une douzaine de personnes vivant avec le VIH se sont retrouvées pour se ressourcer et, pour beaucoup, rompre une forme d’isolement. Des liens forts se sont vite noués entre les résidents-es. Récit en deux épisodes. Voici le premier.
La Maison de Vie, un havre de sérénité en Provence
Lundi 1er septembre 2025. Partis-es tôt ce matin de Paris, Nina Zaghian, la photographe de Remaides et moi, nous descendons du train à la gare de Carpentras (Vaucluse). Sur le quai, un homme malvoyant évolue avec sa canne. Nous l’aidons à porter sa valise et à trouver son chemin. Samir (prénom modifié à sa demande) nous dit qu’il vient à Carpentras pour séjourner en « maison de rééducation », nous comprenons vite qu’il se rend au même endroit que nous. Quelques minutes plus tard, Céline Mouren, coordinatrice de la Maison de Vie, nous accueille tout sourire dans son petit van décoré aux couleurs du lieu. Dix minutes de route suffisent pour laisser derrière nous l’agitation de la ville et rejoindre ce havre de paix, entouré d’arbres et empreint de silence. À l’arrivée, l’ambiance est calme. Plusieurs résidents-es nous attendent déjà. On s’installe autour d’un café, les présentations se font naturellement, et Céline nous entraîne dans une visite guidée de la maison.
Lieu unique en Europe, la Maison de Vie de Carpentras est née en 2010 de la volonté de la Princesse Stéphanie de Monaco et de son association Fight Aids Monaco. Dans un cadre champêtre, sur un terrain de 4 500 m², se dresse une grande bâtisse à l’allure de mas provençal, traversée par un jardin intérieur qui sépare les deux ailes. La première abrite les chambres et studios des résidents-es. La seconde accueille la partie administrative et les espaces communs. En pleine campagne, loin des regards, cette maison de 1 200 m² a été pensée comme un cocon écologique, reposant et apaisant. Les résidents-es y ont imprimé leur marque : un patio pour échanger, une terrasse aux roses parfumées où bronzer sur des transats bleus, un grand salon dominé par un piano blanc, un petit salon où se réchauffer l’hiver près de la cheminée, une salle à manger conviviale, une cuisine où les deux cuisinières concoctent des plats de saison issus du bio, et un vaste jardin qui redonne à certains-es le goût de jardiner. La capacité d’accueil ne dépasse jamais une quinzaine de personnes, pour préserver ce caractère intime et familial.
« La Maison de Vie, c’est bien plus qu’un lieu de repos »
Pour Céline Desptès, salariée de la Maison de Vie depuis treize ans, l’équilibre de ce lieu repose sur une petite équipe soudée et des missions sans cesse adaptées aux besoins. « Nous avons une équipe de permanents, complétée par des intervenants extérieurs en freelance », explique-t-elle. Céline a récemment accepté de prendre la coordination de l’équipe accompagnante. Elle garde cependant ce qui fait son cœur de métier : l’accompagnement, enrichi par sa formation en sexologie. « J’anime des groupes de paroles qu’on nomme ici forums sur la protection, le consentement… Cela me permet de garder un lien direct avec les résidents, mais de manière plus qualitative », précise-t-elle.
La Maison de Vie accueille une vingtaine de séjours par an, entre « qualité de vie », thématiques (nutrition, salariés-es vivant avec le VIH, etc.) et week-ends de ressourcement. Les espaces reflètent cette volonté de créer du lien. « Autrefois, il y avait deux télévisions, mais les résidents ont préféré partager du temps ensemble plutôt que de s’isoler devant un écran. C’est là notre particularité : proposer un accompagnement qui favorise les échanges. » Le grand salon se transforme chaque matin en espace de « cohérence cardiaque » (voir ci-dessous), rituel incontournable de tous les séjours. « La Maison n’est pas médicalisée, mais nous veillons à la santé globale : immunité, digestion, foie… La cuisine est gourmande et pensée pour soutenir le système immunitaire et réduire l’inflammation. » Dans le jardin, le potager illustre cette pédagogie du quotidien : « En mai, il n’y avait qu’une pelouse. Aujourd’hui, on y trouve tomates, courgettes, blettes… C’est du jardinage à mettre en pratique en cuisine ! » Enfin, la salle Zen, autrefois dortoir, a été transformée pour accueillir yoga, danse, qi gong ou relaxation. « Les résidents comprennent que la Maison n’est pas seulement un lieu de repos, mais une expérience qui les aide à devenir la meilleure version d’eux-mêmes », résume Céline.
La cuisine, premier pas vers le bien-être
Après la visite guidée des lieux, nous nous retrouvons pour la réunion d’accueil. Un long tour de table s’impose : chaque personne raconte d’où elle vient, comment elle a connu ou comment elle a été orientée vers la Maison de Vie. Ce séjour de onze jours compte douze résidents-es, avec des profils très variés, âgés-es de 30 à 68 ans, quatre femmes et huit hommes, des gays, des hétéros, des personnes racisées, etc. Déjà, les histoires de chacun dessinent une mosaïque singulière. Il s’agit aussi pour Nina et moi de nous présenter et de demander au groupe si tout le monde est à l’aise avec la présence d’une photographe et d’un journaliste pendant les premiers jours de ce séjour. J’explique au groupe que certes, je suis journaliste, mais je suis aussi une personne concernée par le VIH. C’est un plébiscite. Ouf !

Cristelle Pouget à la Maison de vie de Carpentras en septembre 2025. Image : Nina Zaghian
À 19 heures, place au premier repas : nous dressons la table ensemble, un rituel simple mais fédérateur. Les conversations s’animent, les anecdotes circulent, la glace se brise petit à petit. Dans ce climat chaleureux, Christelle Pouget, la cuisinière, vient se présenter. Elle nous parle avec passion de son travail et de la manière dont elle conçoit les repas, pensés à la fois pour le plaisir et le bien-être. Présente à la Maison de Vie depuis son ouverture, la cheffe de cuisine raconte son parcours singulier : « Je travaille ici depuis quinze ans. J’y suis entrée comme cuisinière, puis j’ai suivi une formation de naturopathe afin de proposer une alimentation en accord avec le bien-être et la santé. » Son credo est simple : permettre aux résidents-es de retrouver le plaisir de manger et de cuisiner. « L’idée, c’est de permettre aux gens de se sentir bien tout en se faisant plaisir. L’alimentation devient ainsi une première façon de prendre soin de soi », insiste-t-elle. Pour Christelle, la Maison de Vie a été une opportunité inattendue. « Je m’étais inscrite à une formation de cuisine uniquement pour mon plaisir. Je ne voulais pas faire de la restauration classique. C’est grâce à un restaurateur, qui connaissait la princesse Stéphanie de Monaco, que je suis arrivée ici. » Restée fidèle au lieu, elle apprécie autant l’évolution des séjours que les liens tissés avec les résidents-es. « J’aime rencontrer de nouvelles personnes, mais aussi retrouver ceux que je connais depuis quinze ans. » Au fil du temps, elle a pris des responsabilités élargies : ateliers de nutrition, gestion logistique, suivi technique de la maison. Sa philosophie est claire : « L’objectif, c’est de permettre au corps de fonctionner à son plein potentiel, de retrouver de la vitalité. » Les résultats se mesurent rapidement : « Beaucoup de résidents nous disent, après quelques jours, que leurs troubles digestifs s’améliorent. Ils mangent plus de fibres, plus de légumes, et se sentent mieux. » Mais pour elle, l’alimentation n’est qu’un pilier parmi d’autres : « Manger est important, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi respirer, bouger, être à l’écoute de soi. » À travers ses ateliers et ses conseils personnalisés, Christelle transmet un message simple : prolonger, chez soi, ce chemin vers le mieux-être amorcé à la Maison de Vie.
Respirer pour retrouver l’équilibre
Après le dîner, nous retrouvons Camille Hiely, l’une des accompagnantes de soirée. Elle nous invite à nous asseoir confortablement et lance sur l’écran du salon une séance de cohérence cardiaque. Le principe est simple : inspirer profondément pendant cinq secondes, puis expirer sur le même rythme, en suivant une respiration régulière et consciente. Exercice en apparence anodin, mais aux effets puissants. En quelques minutes, le souffle s’apaise, le cœur ralentit, le stress décroît. Camille nous explique que cette pratique agit comme un régulateur naturel : elle équilibre le système nerveux, améliore le sommeil, renforce l’immunité et favorise la digestion. Pour les personnes vivant avec le VIH depuis de nombreuses années, souvent soumises à la fatigue, à l’anxiété ou aux effets indésirables des traitements, c’est une ressource précieuse. Je ferme les yeux et me laisse guider par le rythme.
Le chant des possibles
Mardi 2 septembre, nous entrons dans la salle Zen pour le premier atelier du séjour, animé par Anne Morata, formatrice en expression vocale et art-thérapeute par le chant. Anne a baptisé cet atelier « Le chant des possibles », et très vite je comprends pourquoi. Elle nous invite à jouer avec nos voix, à les laisser sortir sans retenue, à explorer ce qu’elles peuvent dire de nous. « La voix, c’est pour se sentir vivant et s’exprimer », explique-t-elle. Ici, « c’est comme un laboratoire ». L’espace devient un terrain d’expériences où l’on s’autorise à sortir de sa zone de confort, porté par l’énergie du groupe. On cherche à créer une mélodie avec nos voix imparfaites, à vibrer ensemble, à écouter autrement. Même le silence prend une dimension nouvelle et profonde. Peu à peu, les gestes se répondent, les respirations s’accordent, et la glace se brise entre des personnes qui ne se connaissaient pas il y a encore 24 heures. Anne parle d’« hétérotopie », c’est-à-dire une utopie réalisée le temps d’un atelier où la solidarité et l’attention à l’autre deviennent palpables. Samir, qui se déplace avec une canne en raison de son handicap visuel, témoigne de la force du soutien collectif. Lilou, elle, vit avec la sclérose en plaques et craignait de chuter, mais la bienveillance du groupe lui a permis de lâcher prise. Chacun-e partage son ressenti dans un pot commun de mots : « Osmose, légèreté, chaleur, authenticité, douceur ». Certains-es disent s’être sentis-es à nouveau comme des enfants, d’autres parlent d’une chaîne humaine unie par le rythme et la respiration.

Anne Morata à la Maison de vie de Carpentras en septembre 2025. Image : Nina Zaghian
La voix comme chemin vers soi
Pour Anne Morata, ce qu’elle transmet dépasse la simple technique. « Ce que je fais, c’est plus une pratique qu’un métier », explique-t-elle. Ses ateliers offrent « la possibilité de s’exprimer, de se rencontrer soi-même et de rencontrer les autres autrement qu’au quotidien ». Dans cet espace, insiste-t-elle, « peu importe ton âge, ton métier ou ton adresse. On se rencontre en-deçà, dans quelque chose de plus primal, comme deux enfants dans une cour d’école : "Salut, tu joues ?" "Oui", et c’est parti ». La voix devient alors un outil de révélation. « Travailler la voix, c’est travailler l’écoute, car le circuit audio-phonatoire est le même », souligne-t-elle. En France, poursuit-elle, « on n’a pas de culture de l’oralité, on ne nous apprend pas à utiliser notre voix. Résultat : elle est souvent vécue comme un traître qui nous échappe. Moi, je préfère penser qu’elle nous révèle ». Cette révélation, parfois perçue comme risquée, passe aussi par le regard, « car beaucoup de gens ne supportent pas d’être regardés, comme si l’autre avait accès à quelque chose de trop profond ou de non conforme ». Ses ateliers permettent justement de dépasser ces peurs pour expérimenter la liberté d’être soi : « La grande surprise est de constater qu’en fait, c’est "ok" d’être soi. Tout le monde le vit bien. » À la Maison de Vie, où elle intervient régulièrement, Anne souligne la qualité unique du cadre : « Ici, les résidents ne sont pas réduits à leur maladie. On essaie de construire ensemble, de tisser nos interventions avec celles des autres, pour créer un parcours cohérent. Ce n’est pas possible partout, et c’est très précieux. Il faut absolument que cela continue. »

Guillaume et Anne Morata à la Maison de vie de Carpentras en septembre 2025. Image : Nina Zaghian
« La Maison de Vie redonne goût à la vie »
Je profite d’une pause entre deux ateliers pour réaliser un entretien croisé entre deux résidentes qui semblent déjà complices. Florence et Fatimata ont découvert leur séropositivité à des époques différentes, mais toutes deux décrivent un choc qui a bouleversé leurs existences respectives. « En 1986, on m’a dit que je ne passerais peut-être pas l’année », raconte Florence, alors âgée de 22 ans. « C’était comme si la mort s’abattait sur mes épaules. Toute ma vie s’est effondrée. » Pour Fatimata, l’annonce en 2006 fut « le pire moment de [sa] vie » : « C’est comme si le ciel m’était tombé sur la tête. Avant j’étais battante, courageuse, pleine de projets ; tout a été anéanti. » Toutes deux témoignent d’un isolement profond, aggravé par le rejet social et la sérophobie rencontrée dans leur entourage ou chez des soignants-es. Florence se souvient : « Dès que je disais à un partenaire que j’avais le VIH, il se rhabillait et partait en courant. Quand on vit le rejet, c’est traumatisant. » Fatimata, elle, témoigne de cette dentiste qui, après l’avoir soignée, lui avait lancé : « Pour les gens comme vous, il faut aller à l’hôpital. » Malgré les blessures, elles ont trouvé des ressources auprès des associations. « C’est Act Up-Paris puis Ikambere qui m’ont permis de me relever », explique Fatimata, qui dit avoir enfin vu « des femmes heureuses, avec des enfants en bonne santé », ce qui lui a redonné un peu d’espoir. Florence, de son côté, a trouvé un soutien essentiel en faisant du bénévolat. Aujourd’hui, toutes deux reconnaissent l’importance de séjours comme ceux proposés à la Maison de Vie. « Ici, je sens que c’est le bon moment pour avancer », confie Florence. « J’ai consolidé deux grandes parties de ma vie, et il me reste à explorer une autre part de moi. » Fatimata ajoute : « C’est mon deuxième séjour, et je me sens bien. Il y a de la chaleur humaine, on mange bien, et ça permet de briser l’isolement. La Maison de Vie, ça redonne goût à la vie. »

Florence et Fatimata à la Maison de vie de Carpentras en septembre 2025. Image : Nina Zaghian
Josette, un pilier de la Maison de Vie
Depuis l’ouverture de la Maison de Vie en 2010, Josette Jules en est la maîtresse de maison. « Cela fait quinze ans que je travaille ici », confie-t-elle avec fierté. Arrivée de la région parisienne après un passage en Bretagne, elle cherchait alors du travail et a été embauchée le 15 décembre 2010, au moment où la maison accueillait seulement quatre résidents-es. « Cela a été une sacrée découverte pour moi, mais une découverte passionnante », se souvient-elle. Discrète mais toujours présente, Josette se décrit comme « polyvalente ». Elle ne se limite pas au ménage : elle entretient la maison, bricole, prépare les chambres, veille aux petits problèmes du quotidien. « Le VIH ne m’a jamais posé de problème », affirme-t-elle, insistant sur le fait que pour elle, les résidents sont « des personnes comme les autres ». Si elle reste en retrait, elle veille à instaurer un climat de confiance : « Mon rôle n’est pas de contrôler, mais d’assurer l’essentiel. Une fois la chambre prête, je n’y retourne pas : c’est leur cocon. » En quinze ans, Josette a vu la maison évoluer, s’agrandir, accueillir plus de monde et adapter son organisation. « Le directeur me dit depuis longtemps que je suis un pilier. C’est vrai : je connais la maison par cœur. » Elle se réjouit de travailler dans une équipe soudée, malgré les changements, et se prépare sereinement à sa retraite prévue dans deux ans. « Quand on aime les gens et qu’on est tourné vers l’humain, travailler dans cette maison, c’est une chance. Franchement, je suis heureuse d’être ici. »
Devenir des compagnons de route
Pendant le séjour, Céline Desprès va animer trois ateliers nommés ici des forums : le forum « Limites, protections et consentement vs désirs, plaisirs, envies », le Forum « Et… maintenant ? » et pour ce premier jour, le « Forum motivations et besoins ». Chaque personne est invitée à expliquer les raisons de sa venue. L’exercice se révèle éprouvant, mais nécessaire. Derrière les visages, se cachent des histoires de deuil, de maladie, de solitude, parfois même de tentatives de suicide. À ma droite, un participant (qui souhaite rester anonyme) reste particulièrement crispé et semble anxieux à l’idée de prendre la parole. Je l’observe tordre nerveusement un papier. Il attend son tour, le dernier. Quand enfin il se lance, sa voix d’abord tremblante se transforme en un récit d’une clarté limpide. Pendant un monologue de près d’une demi-heure, il déroule les traumatismes liés à la perte successive et brutale de trois membres de sa famille et, au milieu de cette douleur, exprime avec pudeur son désir de se reconstruire. Ce besoin de reconstruction, je l’entends chez pratiquement chaque résident-e : l’envie de créer du lien, de sortir de l’isolement, de trouver la force d’aller mieux. À la fin de l’atelier, l’émotion déborde. Certains-es se serrent dans les bras, d’autres se rapprochent en petits groupes pour se soutenir, griller une clope ou juste parler de choses plus légères. La glace est définitivement rompue. La veille encore, la plupart des résidents-es ne se connaissaient pas. Aujourd’hui, ils-elles partagent déjà des moments clés de leur parcours de vie. En l’espace de quelques heures, la Maison de Vie a transformé des inconnus-es en compagnons de route.

Josette Jules à la Maison de vie de Carpentras en septembre 2025. Image : Nina Zaghian
Remerciements : Merci aux douze résidents-es de ce séjour pour leur confiance et leur accueil chaleureux. Merci à toute l’équipe de la Maison de vie de Carpentras : Céline Desprès, Anne Pichon, Camille Hiely, Sandra Mounier, Vanessa Gally, Mohamed Jendoubi, Christelle Pouget et Josette Jules.
Reportage à suivre dans le deuxième épisode
La Maison de vie
450, chemin de la Peyrière
84200 Carpentras
Tél. 04 90 30 47 09