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    L’Actu vue par Remaides : « Lutte contre les hépatites B et C : l'OMS alerte sur la lenteur des progrès »

    • Actualité
    • 20.05.2026

     

     

     

    Crédit image : DR

    Par Jean-François Laforgerie

    Lutte contre les hépatites B et C : l'OMS alerte sur la 
    lenteur des progrès


    L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté mardi 28 avril sur la lenteur des progrès dans la lutte contre les virus des hépatites virales B et C. Ces deux maladies ont causé 1,34 million de morts dans le monde en 2024. Infos clefs.


    L’OMS a récemment publié un rapport consacré aux hépatites (un communiqué de l’OMS en fait état). Selon ce rapport 2026, la transmission des hépatites virales B et C ― qui sont responsables à elles seules de 95 % des décès liés aux hépatites dans le monde ― se poursuit à un rythme soutenu, avec plus de 4 900 nouvelles infections chaque jour, soit 1,8 million par an.
    « Les pays doivent agir plus rapidement pour intégrer les services de prise en charge de l'hépatite B et C dans les soins de santé primaires et pour atteindre les communautés les plus touchées », interroge Tereza Kasaeva, directrice du département Hépatites à l'OMS, dans un communiqué cité par l’AFP. L'OMS souligne cependant dans le communiqué certains progrès réalisés depuis 2015 dans la lutte contre ces maladies, avec notamment une baisse de 32 % des nouvelles infections pour l'hépatite B, contre seulement 8 % pour l'hépatite C. « La prévalence de l’hépatite B chez les enfants de moins de cinq ans est en outre tombée à 0,6 % et 85 pays parviennent à abaisser la prévalence à 0,1 %, conformément à l’objectif fixé à l’horizon 2030, ou font encore mieux », explique l’OMS.

    Lacunes de la riposte
    Les estimations actualisées de l’OMS indiquent que 287 millions de personnes étaient atteintes d’une hépatite B ou C chronique en 2024. Cette année-là, 0,9 million de personnes ont contracté l’hépatite B. 68 % des nouveaux cas sont survenus dans la région africaine de l‘OMS, mais 17 % seulement des nouveau-nés de cette région ont reçu une dose de vaccin anti-hépatite B à la naissance.
    Par ailleurs, 0,9 million de cas d’hépatite C ont été enregistrés en 2024. Les personnes usagères de drogues injectables représentaient 44 % des nouvelles infections, ce qui montre bien qu’il est urgent de renforcer les services de réduction des risques et d’assurer la sécurité des injections, souligne l’agence internationale.
    Moins de 5 % des 240 millions de personnes atteintes d’hépatite B chronique en 2024 bénéficiaient d’un traitement. Depuis 2015, année où un nouveau traitement de douze semaines permettant d’obtenir un taux de guérison d’environ 95 % est devenu disponible, 20 % seulement des personnes atteintes d’hépatite C ont été traitées.

    En raison d’un accès limité à la prévention et aux soins, on estime qu’en 2024 1,1 million de personnes sont mortes de l’hépatite B et 240 000 de l’hépatite C, principalement des suites d’une cirrhose ou d’un carcinome hépatocellulaire (cancer du foie). Une grande part des décès liés à l’hépatite B est survenue dans les régions africaine et du pacifique occidental.

    En 2024, 69 % des décès liés à l’hépatite B sont survenus dans dix pays – l’Afrique du Sud, le Bangladesh, la Chine, l’Éthiopie, le Ghana, l’Inde, l’Indonésie, le Nigéria, les Philippines et le Vietnam. Les décès liés à l’hépatite C sont plus dispersés géographiquement. En 2024, 58 % des décès liés à l’hépatite C sont survenus dans les dix pays suivants : l’Afrique du Sud, la Chine, les États-Unis, la Russie, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, le Nigéria, le Pakistan et le Vietnam.

    En 2024, la couverture vaccinale pour la troisième dose de vaccins contre le VHB atteignait 84 % dans le monde. En revanche, seulement 45 % ont reçu la dose à la naissance, une dose pourtant essentielle pour éviter la transmission de la mère à l’enfant. « Ce rapport montre que les progrès sont trop lents et inégaux. Nombre de personnes demeurent non diagnostiquées et sans traitement, en raison de la stigmatisation, de la fragilité des systèmes de santé et de l'inégalité d'accès aux soins », a précisé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué officiel. « Pourtant, nous disposons des outils pour éliminer l'hépatite [les hépatites, ndlr] comme menace pour la santé publique. Il est urgent d'accélérer massivement la prévention, le dépistage et l'accès aux traitements », a-t-il ajouté. Globalement, 287 millions de personnes vivaient avec l'hépatite B ou C en 2024, soit 3 % de la population mondiale.

    Des outils efficaces existent déjà
    - Le vaccin anti-hépatite B protège plus de 95 % des personnes vaccinées contre les infections aiguës et chroniques ;
    - Un traitement antiviral au long cours contre l’hépatite B peut contribuer à la prise en charge efficace des infections chroniques et à la prévention des maladies hépatiques sévères ;
    - La thérapie curative brève de l’hépatite C, d’une durée de 8 à 12 semaines, permet de guérir plus de 95 % des infections.