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    L’Actu vue par Remaides : « Legs : ils s’engagent pour AIDES et disent pourquoi »

    • Actualité
    • 24.08.2026

     


    Benoît, 68 ans, soutient AIDES depuis de nombreuses années. 
    Il a fait un testament pour transmettre une partie de ses biens à l’association. 
    Crédit photo : DR/Bastien André.


    Par Jean-François Laforgerie

    Legs : ils s'engagent pour AIDES 
    et disent pourquoi

     


    Pour mener ses actions et renforcer la réponse à l’épidémie de VIH/sida, AIDES s’appuie sur la mobilisation et la générosité de celles et ceux qui partagent ses valeurs. Parmi les différentes formes de soutien, le legs et l’assurance-vie suscitent un intérêt croissant, auprès de personnes engagées de longue date comme en témoignent Benoît et Jean-Jacques.  En effet, ils reviennent sur leur choix de transmettre à l’association et sur le sens qu’ils donnent à cette démarche.


    « J'ai 68 ans et je connais AIDES depuis sa création, explique Benoît. En tant qu’homme gay, j’ai toujours été proche de ses combats... alors naturellement, je l’ai soutenue. Depuis 20 ans, je fais des dons tous les mois. Pendant mon activité de chirurgien-dentiste libéral, j’ai aussi pu aider les personnes vivant avec le VIH qui avaient du mal à trouver un praticien, en les accueillant dans mon cabinet. Très jeune, j’ai perdu mon meilleur ami. Et plus tard, plusieurs personnes très proches. Cela m’a fait comprendre à quel point la vie peut basculer brutalement et combien une succession non préparée peut compliquer les choses. J’ai voulu anticiper. J’ai fait un testament pour transmettre une partie de mes biens à AIDES. J’ai échangé avec Frédérique [Frédérique Siess, chargée des legs et assurances-vie, voir interview, ci-dessous], qui s’occupe depuis plus de quinze ans des legs. Cela m’a vraiment rassuré de comprendre comment les choses se passent. Parce que pour moi, cela a du sens de continuer à servir la communauté, avec mon parcours d’homme gay, de patient, de militant et de professionnel de santé. Aujourd’hui, je sais que mon engagement continuera après moi. »

    Cette forme d’engagement est partagée par Jean-Jacques, qui vit avec le VIH et qui, lui aussi, a prévu un legs au profit de AIDES. « Malheureusement, ma mère est décédée en 2016. Et là, je me suis posé des questions. Je ne suis pas marié. Je n'ai pas d'enfant. Qu'est-ce qui va se passer quand moi, je vais disparaître ? J'avais eu des infos sur le legs », explique-t-il. « Je me suis dit, c'est maintenant, ce n'est pas quand je serai décédé qu’il faudra se préoccuper de cela (…) Pour moi, cela a été une démarche relativement simple. J'ai eu une histoire assez longue avec l’association. Je suis séropositif depuis 1997. Je connaissais déjà AIDES qui m'a apporté beaucoup d'informations, beaucoup de soutien. De plus, j’aimerais que cette épidémie s'arrête et que les personnes de mon entourage ― que ce soient mes neveux ou mes proches ―, ne soient pas infectés lors d'une relation sexuelle. Si je lègue à AIDES, c'est vraiment parce que je n’ai pas envie que des personnes vivent ce que moi j'ai vécu. Si je peux apporter une petite pierre à l'édifice de cette lutte contre le VIH, c'est important à mes yeux. On a fait énormément de progrès, on lutte depuis très longtemps contre cette maladie mais on n'arrive pas encore à en guérir. Il faut tout faire pour trouver quelque chose pour qu'on guérisse et que l’on ne parle plus du VIH. Après avoir rédigé mon testament, j'ai eu un sentiment de sérénité, lié au fait de pouvoir partir ― on va dire sereinement ―, tout simplement en sachant que cette lutte va continuer et que j’y aurai contribué. Ma façon de dire que la vie ne s'arrête pas complètement. »
    À l’instar de Benoît et Jean-Jacques, d’autres personnes ont décidé de s’engager avec un legs ou une assurance-vie auprès de l’association. En quoi est-ce important pour AIDES dans la lutte contre le sida et les hépatites virales ? ET qui contacter si l’on est intéressé-e ? 

     

     

    Jean-Jacques, qui vit avec le VIH depuis 1997, 
    a, lui aussi, prévu un legs au profit de AIDES. Crédit photo : DR/Bastien André.

    Réponses avec Frédérique Siess
    Remaides : Legs, assurances-vie, de quoi s’agit-il ?
    Frédérique Siess : Les termes de legs et d’assurance-vie que nous évoquons dans nos campagnes ne font pas partie du langage courant, en particulier le terme d’assurance-vie, moins connu que celui de legs. Il ne s’agit pas pour autant de notions compliquées qui requièrent des connaissances juridiques et de lourdes formalités. Les legs et les assurances-vie ont un point commun : les personnes qui décident de les consentir à notre association ne cèdent aucun bien de leur vivant ; elles font en sorte de céder une partie de leurs biens, ou tous leurs biens, à leur décès.

    Quelle est la différence entre les legs et les assurances-vie ?
    Les legs permettent de céder tous types de biens : des objets, des biens immobiliers, des sommes d’argent, etc. Ils passent par la rédaction d’un testament avec des dispositions en faveur de notre association. Les assurances-vie permettent de céder des sommes d’argent placées sur un compte. Elles impliquent de signer un contrat auprès d’un établissement — une banque ou une mutuelle — et dans ce contrat, de désigner AIDES comme bénéficiaire des sommes éventuellement disponibles au jour du décès de la personne.

    Que permet cette forme d’engagement ?
    Nos campagnes sur les legs et les assurances-vie, lancées régulièrement, ont pour objectif de mieux faire connaitre ces moyens de soutenir nos actions — ils bien moins connus que les dons. Cette forme d’engagement permet de disposer de fonds conséquents pour atteindre le but qui est le nôtre : en finir avec le VIH/sida dans un avenir proche. Cela passe notamment par la création d’actions innovantes tels les centres de santé sexuelle, les SPOT, qui contribuent à réduire le nombre de nouvelles infections, et à accompagner des personnes vivant avec le VIH dans leur santé, notamment leur santé sexuelle.

    Que dites-vous aux personnes qui seraient intéressées par un legs ou une assurance-vie au profit des actions de AIDES ?
    Prévoir un legs ou une assurance-vie demande souvent du temps et de la réflexion, il s’agit de l’un des actes importants d’une vie. Il est possible d’en discuter avec moi qui suis en charge des legs et des assurances-vie chez AIDES et de me demander la brochure consacrée à ces modes de soutien. Je suis joignable au 01 41 83 46 25 (ligne directe) et par mail : fsiess@aides.org