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    L'Actu vue par Remaides : À Lausanne, l’Afravih lance un appel face au risque de rebond de l’épidémie de VIH

    • Actualité
    • 24.04.2026

     

     


    Crédit photo : Afravih

    Par Fred Lebreton

      A Lausanne, l'Afravih lance un appel face au risque de rebond de l'épidémie de VIH

     

    Alors que la réponse mondiale au VIH est fragilisée par des crises multiples, l’Afravih appelle à une remobilisation urgente dans le cadre de la 13ème Conférence francophone 2026, qui se tiendra à Lausanne, en Suisse, du 4 au 7 mai 2026. La rédaction de Remaides sera présente à ce rendez-vous incontournable pour la communauté francophone de la lutte contre le VIH et proposera une série d’articles publiés courant mai.

     

    Une alerte forte face à un possible recul historique

    L’image est soigneusement choisie : « Dans les Alpes, le son du cor relie depuis des siècles les vallées et les communautés. Porté de montagne en montagne, il signale et appelle au ralliement face aux dangers. ». C’est ce symbole que mobilise l’Afravih pour donner le ton de son appel, à un moment jugé critique pour la lutte contre le VIH. 
    « Aujourd’hui, la réponse mondiale au VIH traverse une zone de fortes turbulences », préviennent les organisateurs-rices, évoquant un contexte marqué par des « coupes budgétaires brutales » et une instabilité géopolitique persistante. Pour la première fois depuis trente ans, le spectre d’un rebond de l’épidémie refait surface, avec « une remontée des infections et des décès ». L’Afrique subsaharienne apparaît particulièrement exposée, confrontée à « la fermeture de programmes essentiels de prévention, d’accès aux traitements et de soutien des communautés du VIH », ce qui fragilise des acquis pourtant durement obtenus.

    Au-delà de cette alerte, le texte insiste sur les profondes inégalités qui continuent de structurer l’accès à la santé dans le monde. « Des millions de personnes restent privées de dépistage, de soins et de traitements », rappellent les auteurs-rices, pointant des obstacles multiples : inégalités sociales, barrières politiques ou encore discriminations persistantes. Ce constat intervient alors même que « les progrès scientifiques majeurs des dernières années » permettent aujourd’hui de prévenir, diagnostiquer et traiter efficacement ces infections. Mais l’absence de vaccin et de perspective de guérison à court terme pour le VIH, plus de quarante ans après le début de l’épidémie, rappelle la fragilité de ces avancées. Dans ce contexte, « le son du cor doit résonner sur la planète » : autrement dit, l’heure est à une mobilisation mondiale pour « mettre fin à la pandémie VIH et à celles des hépatites virales B et C », en garantissant un accès équitable à la santé pour toutes et tous.

    Des engagements pour relancer une réponse collective et solidaire

    Face à cette situation, les acteurs-rices de la lutte contre le VIH réunis-es à Lausanne (scientifiques, professionnels-es de santé, activistes, responsables politiques, représentants-es communautaires et organisations de la société civile) entendent transformer l’alerte en feuille de route. L’« Appel de Lausanne » fixe ainsi plusieurs priorités. Il s’agit d’abord de « transformer les avancées scientifiques en politiques publiques ambitieuses », en veillant à leur traduction concrète à travers des financements durables et des objectifs mesurables. L’accès universel aux services de santé constitue un autre pilier central : les signataires appellent à « assurer l’accès au dépistage, à la prévention et aux traitements du VIH et des hépatites B et C », en ciblant en priorité les populations les plus exposées ou marginalisées, souvent laissées à l’écart des dispositifs classiques. Le texte accorde également une place essentielle aux communautés, dont le rôle est reconnu comme déterminant dans l’efficacité des réponses aux épidémies. Il appelle à « soutenir leur participation et leur leadership dans la conception et la mise en œuvre des politiques », tout en renforçant la lutte contre la stigmatisation et les discriminations. L’information et la formation en santé sexuelle sont présentées comme des leviers indispensables, à la fois pour la prévention et pour la défense des droits humains. Enfin, les signataires plaident pour une « solidarité internationale durable », fondée sur le renforcement des coopérations entre acteurs-rices de la santé, institutions scientifiques, organisations internationales et société civile, « par-delà les conflits et les clivages ». En conclusion, les auteurs-rices exhortent la communauté internationale à maintenir ses financements et les États à renforcer leurs investissements nationaux en santé. Beaucoup de pays du Nord ont fait le contraire ces derniers mois, dont la France. « Nous ne pouvons pas ralentir », insistent-ils-elles, rappelant que les objectifs de l’Onusida pour 2030 restent « à portée de main », à condition d’une mobilisation collective à la hauteur des enjeux. 

    Comme souvent dans ce type d’exercice, l’appel de Lausanne a parfois des allures de message prophétique, où des personnes convaincues s’adressent à d’autres personnes convaincues, dans une forme de méthode Coué appliquée à la santé mondiale. Il faut espérer que la répétition finira par produire ses effets au-delà du cercle des initiés-es.

    Parmi les premiers-ères signataires : Patrick Papazian, Bruno Spire, Emilie Mosnier, Francoise Barre Sinoussi, Mehdi Karkouri, Vincent Leclercq, Christophe Martet, Michel Bourrelly, Franck Desbordes, Moncef Mouhoudhoire, Florence Thune, Hugues Cordel, Camille Spire, Anne Simon, Marie Preau etc.

     

    Pour signer l’appel de Lausanne.

    Pour lire le programme de la conférence Afravih 2026

     

    L'Afravih un réseau francophone au coeur de la réponse aux épidémies

    Créée en 2009 dans le prolongement des premières conférences francophones sur le VIH lancées à Montréal en 2001, l’Afravih (Alliance francophone des acteurs-rices de santé contre le VIH et les infections virales chroniques) a pour vocation de fédérer les professionnels-es de santé, les chercheurs-ses et les acteurs-rices communautaires engagés-es dans la lutte contre le VIH au sein de l’espace francophone. Au fil du temps, l’organisation a élargi son champ d’intervention aux hépatites virales, à la santé sexuelle et aux infections émergentes, reflétant l’évolution des enjeux en santé mondiale. Au-delà de sa conférence internationale biennale, elle développe des initiatives régionales, comme Aframed dans les pays du Maghreb, et soutient activement la formation clinique, notamment en Afrique de l’Ouest.