L'Actu vue par Remaides : VIH, Journée Zéro Discrimination : les personnes d’abord
- Actualité
- 19.03.2026
Crédit image : Onusida
Par Jean-François Laforgerie
VIH, Journée Zéro Discrimination : les personnes d'abord
Le 1er mars s’est tenue la Journée Zéro Discrimination 2026. À cette occasion, l’Onusida a souhaité commémorer le « droit de chaque personne de vivre une vie pleine et productive dans la dignité ». Cette année, l’institution onusienne a voulu « mettre en lumière la discrimination persistante à laquelle sont confrontées les personnes vivant avec le VIH et celles exposées au risque d'infection, une discrimination qui compromet l'accès aux services de santé, viole les droits et freine les progrès vers l'élimination du sida d'ici 2030 ».
Un constat imparable
D'après les données recueillies auprès de plus de 30 000 personnes vivant avec le VIH dans 25 pays, la stigmatisation et la discrimination restent des obstacles omniprésents à l'accès aux soins, à la dignité et aux droits humains. Ce constat est fait sur la base des données du Rapport mondial 2.0 de l'Indice de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. Les chiffres indiquent que près d'une personne vivant avec le VIH sur quatre déclare être stigmatisée par d'autres, y compris dans les établissements de santé. Par ailleurs, 85 % des personnes vivant avec le VIH ressentent une « stigmatisation intériorisée », et beaucoup indiquent modifier leur comportement — en cachant leur séropositivité ou en interrompant leur traitement contre le VIH — par crainte du rejet et du jugement.
Des chiffres édifiants
- Une personne sur quatre vivant avec le VIH a été victime de discrimination en cherchant des soins de santé non liés au VIH. « Les établissements de santé — des lieux censés soigner — deviennent des sources de peur et de rejet », note l’Onusida ;
- 24 % ont subi des discriminations au sein de leur communauté au cours de l'année écoulée. « Le harcèlement verbal et l'exclusion des activités familiales et communautaires restent monnaie courante », indique le rapport ;
- 38 % des personnes vivant avec le VIH interrogées ont honte d'être séropositifs-ves. « La stigmatisation interne isole les personnes et les empêche de chercher le soutien dont elles ont besoin », avance l’Onusida ;
- 85 % subissent une forme de stigmatisation intériorisée. « De la dissimulation de leur statut au sentiment de ne rien valoir, le fardeau psychologique est immense », explique le rapport.
Les données spécifiques aux femmes
Pour les femmes et les jeunes filles vivant avec le VIH et affectées par celui-ci, les inégalités de genre se croisent avec la stigmatisation et la discrimination liées au VIH. « La coercition en matière de procréation, les mauvais traitements et les abus constituent une manifestation persistante et répandue de la stigmatisation et de la discrimination qui se produit tout au long du continuum des services de santé ». Le rapport a étudié les données spécifiques auprès de 26 502 femmes vivant avec le VIH dans 23 pays. Les femmes vivant avec le VIH ont déclaré avoir subi une forme de coercition au cours des douze derniers mois. « La stigmatisation et la discrimination intersectionnelles affectent également leur expérience d'autres services, ainsi que la vie communautaire et domestique et leur accès à la justice et à des recours. De plus, la stigmatisation et la discrimination liées au VIH se combinent aux normes et inégalités de genre pour faire peser sur les femmes et les filles un lourd fardeau de soins non reconnus et non rémunérés », explique le rapport.
La discrimination créé des obstacles
Les impacts sont connus, mais il est important de les rappeler. La discrimination empêche les personnes de se faire dépister pour le VIH. Elle dissuade les personnes de recourir aux services de prévention du VIH, y compris aux médicaments préventifs. Elle empêche les personnes d'accéder au traitement. Elle les éloigne des services de santé. Elle prive les personnes de leurs droits humains fondamentaux. Enfin, elle alimente l'épidémie de VIH/sida.
Alors qu’est-ce qui doit changer ? L’Onusida préconise de supprimer les lois discriminatoires. L’institution explique d’ailleurs : « Les pays doivent examiner leurs politiques et leurs lois et éliminer celles qui discriminent, criminalisent et nuisent aux personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d'infection — y compris les lois qui criminalisent le travail du sexe, l'usage de drogues, les relations homosexuelles et la non-divulgation du VIH — et qui entravent l'accès aux services de santé. ». L’Onusida enjoint de « protéger les droits d'accès aux soins de santé », de « garantir la confidentialité » ou encore de « mettre fin au dépistage obligatoire du VIH » et de « fournir des soins de qualité et empreints de compassion pour tous-tes ».
Un appel à l’occasion du 1er mars
Pour la Journée Zéro Discrimination 2026, l’Onusida a appelé les gouvernements, les prestataires de soins de santé, les employeurs-ses, les communautés et les individus à écouter les voix des personnes vivant avec le VIH et affectées par celui-ci et à agir sur la base des données probantes, afin que personne ne se sente « inférieur » en raison de son statut sérologique ; pour que les systèmes de santé deviennent des espaces où les personnes peuvent se faire dépister, traiter et soigner sans discrimination.