L’Actu vue par Remaides : « Joseph Kibler : Né avec le VIH, il témoigne sur les réseaux sociaux »
- Actualité
- 05.08.2026
Une image extraite du compte instagram de Joseph Kibler.
Crédit image : compte instragralm de Joseph Kibler
Par Fred Lebreton
Joseph Kibler : "Né avec le VIH,
il témoigne sur les réseaux sociaux"
Une expérience lors d'un atelier de théâtre, lorsque Joseph Kibler avait 17 ans, a changé sa vie à jamais. Né avec le VIH et une paralysie cérébrale, il a décidé, lors d'un exercice de jeu théâtral, de partager son statut sérologique avec une salle remplie d'inconnus-es. Désormais, il partage des histoires de sa propre vie sur les réseaux sociaux.
Certaines de ses vidéos sur TikTok et Instagram sont devenues virales ; alors que Joseph Kibler compte plusieures de dizaines de milliers abonnés-es, l'une de ses vidéos récentes a même atteint six millions de vues.
Ce type de coming out VIH public n'est pas possible pour toutes les personnes vivant avec le VIH. Dans une interview accordée à TheBody, Joseph Kibler explique les raisons qui l’ont poussé à faire ce coming out sur les réseaux sociaux. « En grandissant, on m'a dit de ne pas parler de mon statut sérologique. Quand j'ai découvert que j'étais séropositif, j'avais 11 ans. Je l'ai découvert par accident. Un médecin qui n'était pas mon médecin traitant, qui ne savait pas que ma mère ne m'avait pas encore informé, a laissé échapper l'information. Et sur le chemin du retour, elle m'a tout dit : pourquoi j'avais le VIH, que mon père avait été infidèle et qu'il avait contracté le VIH, puis il l'avait transmis à ma mère. Et, c'est ce dont mon frère jumeau est décédé. [Elle m'a aussi dit] que je ne pouvais rien dire à personne [sur mon statut] parce que les enfants [dans ce cas] étaient harcelés et expulsés des écoles (...). Donc, je suis resté silencieux à ce sujet pendant environ huit ans. J'ai commencé à en parler. Une fois que j'ai ouvert cette vanne, je ne pouvais plus reculer. Je n'ai pas de place dans ma vie pour les personnes qui ne peuvent pas comprendre et accepter cela. Donc, c'est un peu un mécanisme de défense où je me dis : “Eh bien, je vais partager cette information sur moi. Si vous ne pouvez pas la supporter, alors nous pouvons simplement aller dans des directions différentes”.
Partager était très facile pour moi. Et j'ai trouvé que les gens commençaient à s'y identifier ».
L'acteur et militant de la visibilité parle aussi de la charge mentale que peut représenter un coming out VIH sur les réseaux sociaux et les réactions, pas toujours positives, que cela provoque : « C'est 50-50, entre les personnes qui disent : “Je suis tellement content d'entendre ça et que vous éduquiez les gens”, et puis les personnes qui disent : “C’est dégoûtant, qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?”. L'ignorance est toujours très profonde. Et, au début, c'était difficile. Vous pouvez dire que vous développez une forme de résilience aux commentaires négatifs, mais quand cela se manifeste, [l'application] vous envoie littéralement des notifications chaque minute, ou quand quelque chose devient viral, c'est même chaque seconde, et vous êtes confronté à des personnes qui disent tout simplement : “Dégoûtant, vous êtes dégoûtant !”.
Et Joseph Kibler d’ajouter : “C'est épuisant. À quel moment arrêtez-vous de vous fixer sur les choses négatives ? Vous obtenez quelque chose qui devient viral et vous avez mille commentaires de gratitude, d'appréciation, d'amour et de soutien. Et puis, vous avez quatre commentaires horribles et les pires choses que l'humanité puisse offrir sous la forme d'un petit texte. Et vous ne pouvez pas vous empêcher de vous fixer là-dessus. C'est difficile. J'apprends encore tous les jours”. »