L’Actu vue par Remaides : « Grandes causes de décès en France : tendances et causes associées en 2024 »
- Actualité
- 01.09.2026

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Par Jean-François Laforgerie
Grandes causes de décés en France : tendances et causes
associées en 2024
Trois institutions de santé et de recherche ont analysé les causes médicales de décès des personnes résidentes et décédées en France en 2024. Ces données peuvent saper le moral, mais ce n’est pas l’objet de ces travaux d’épidémiologie ni de cet article. Il faut les appréhender comme un appel à la vigilance et à la prévention (certaines causes étant évitables) et une incitation à un suivi complet a fortiori lorsqu’on vit avec une maladie chronique. Que nous disent les trois enquêtes ?
Les principales données
Parmi la population qui réside en France, 641 046 personnes sont décédées en 2024 sur le territoire, soit 4 000 décès de plus qu’en 2023. « En revanche, le taux de mortalité standardisé (777,9 décès pour 100 000 habitants-es), qui tient compte du vieillissement de la population, diminue de 11 décès pour 100 000 habitants-es par rapport à 202 » , expliquent les trois institutions.
La diminution de la mortalité en 2024, toutes causes confondues, est entrainée par celle de la mortalité due à la Covid-19 de sept décès pour 100 000 habitants-es par rapport à 2023. Des baisses de moindre ampleur s’observent aussi pour la mortalité due aux symptômes et états morbides mal définis, aux maladies cardio-neurovasculaires et aux tumeurs. La baisse de la mortalité due à la Covid-19 est en partie effacée par la hausse de celle des maladies respiratoires.
La mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire (hors Covid-19) augmente par rapport à 2023 de cinq décès pour 100 000 habitants-es, portée par la hausse des grippes et des pneumonies. Par ailleurs, on note une progression de la mortalité due aux maladies infectieuses en particulier les septicémies, ainsi qu’une tendance à la hausse, depuis 2019 des infections de l’appareil génito-urinaire.
Tumeurs et maladies cardio-vasculaires
En 2024, les tumeurs, essentiellement les cancers, première cause de mortalité, chez les hommes comme chez les femmes, comptent pour plus d’un quart des décès (27,1 %). Elles concernent des personnes en moyenne plus jeunes que ceux toutes causes confondues. La mortalité par tumeur continue de baisser, à l’exception de celle du pancréas en hausse tendancielle, et de celles du poumon, des bronches et de la trachée chez les femmes.
Les maladies cardio-neurovasculaires (par exemple : l’infarctus du myocarde, ou l’accident vasculaire cérébral (AVC), ou encore l’insuffisance cardiaque) ont, quant à elles, causé plus d’un cinquième des décès (21,2 %). Elles restent la deuxième cause de mortalité, malgré un léger recul par rapport à l’année précédente.
En 2025, selon une estimation encore provisoire, les taux de mortalité des tumeurs et des maladies cardio-neurovasculaires seraient en légère baisse. En revanche, le nombre de décès du fait de ces maladies serait lui stable ou en hausse en raison de l’arrivée de la génération du baby-boom à des âges avancés.
« Plus d’un cinquième des décès ont une cause imprécise ou inconnue »
« Parmi l’ensemble des décès, 4,8 % ont une cause inconnue et 16,5 % présentent une cause initiale insuffisamment précise. Ces causes imprécises comprennent notamment les arrêts respiratoires, la sénilité, les insuffisances cardiaques ou encore les septicémies sans précision sur leur point de départ », expliquent les trois institutions.
Un tiers des décès sont associés à des comorbidités ou à des antécédents médicaux en 2024
« Au-delà de la cause initiale à l’origine du processus qui a conduit au décès, 32 % des certificats contiennent également au moins une cause associée au décès. Ces dernières correspondent à des comorbidités, qui sont des facteurs de risques ou d’aggravation de la cause initiale, avec une moyenne de 2,2 causes associées par certificat », expliquent les travaux. « Tous âges confondus, l’hypertension artérielle, les troubles du rythme et de la conduction cardiaque, le diabète sucré et les tumeurs constituent les causes associées les plus fréquentes. Le nombre de mentions de causes associées augmentent avec l’âge. De même, l’ordre des causes associées les plus fréquentes évolue selon les classes d’âge. Ainsi, l’hypertension artérielle est la cause associée la plus fréquente chez les personnes de 65 ans ou plus, alors qu’elle arrive en 4ème position chez celles de moins de 65 ans, derrière les tumeurs, l’alcool et le tabac », analysent les trois institutions, qui concluent : » « Leur prise en compte en complément de la cause initiale apporte une meilleure mesure de l’impact des maladies chroniques et des antécédents médicaux, sous-estimé par la cause initiale ».
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Les sources de ces données
Ces données proviennent des travaux de trois institutions : la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), l’Inserm via son Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc- Inserm) et Santé publique France (SpF). Toutes trois ont analysé, dans le cadre de trois études complémentaires, les causes médicales de décès des personnes résidentes et décédées en France en 2024. Ces études ont été publiées conjointement. Elles s’appuient sur la statistique nationale des causes de décès produite par l’Inserm (CépiDc) à partir du recueil exhaustif des volets médicaux des certificats de décès, de leur codage et de leur analyse.