L’Actu vue par Remaides : « Fortes chaleurs et médicaments : ce qu’il faut savoir »
- Actualité
- 26.06.2026

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Par Jean-François Laforgerie
Fortes chaleurs et médicaments :
ce qu'il faut savoir, ce qu'il faut éviter
Les périodes de canicules qui devraient, hélas, être plus fréquentes et probablement plus longues nécessitent dans certains cas un usage adapté des médicaments. A fortiori, ceux qui sont pris au long cours, dans le cas d’une ALD par exemple. L’agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a récemment réactualisé (3 juin) ses recommandations d’usage de médicaments. Elle a d’ailleurs sorti une brochure synthétique très accessible sur la question. L’Actu vue par Remaides fait le point sur les infos clefs.
Fortes chaleurs : que se passe-t-il dans notre corps ?
« En cas d’exposition à de fortes chaleurs, le corps met tout en œuvre pour s’adapter et maintenir la température corporelle constante à 37°C », rappelle l’ANSM. C’est ce qu’on appelle la thermorégulation. Les vaisseaux sanguins à la surface de la peau se dilatent pour favoriser une meilleure circulation du sang et une transpiration plus efficace, ce qui va permettre à la chaleur de s’évacuer plus facilement par les pores de la peau. Le cerveau déclenche une sensation de soif, ce qui nous pousse à boire de l’eau. Mais ce fonctionnement peut connaître des difficultés chez des personnes surexposées et vulnérables (personnes ayant des maladies chroniques, surtout celles qui ont des comorbidités, personnes très avancées en âge, etc.). Dans ce cas, le système de thermorégulation peut être débordé voire défaillant. Le corps se fatigue alors, sa température augmente et il se déshydrate, il perd trop d’eau et de sels minéraux.
Cette situation peut entraîner deux complications, souligne l’ANSM. Il s’agit d’une part d’un épuisement dû à la chaleur et la déshydratation, appelé « syndrome d’épuisement-déshydratation ». Les signes apparaissent en quelques jours : maux de tête, nausées et vomissements, vertiges, perte de connaissance, faiblesse musculaire accompagnées de crampes, baisse de la tension artérielle, accélération du rythme du cœur (tachycardie) avec parfois des difficultés respiratoires (dyspnée). L’autre complication, très fréquente, est le « coup de chaleur ». Il associe une augmentation brutale de la température du corps (au-delà de 40°C) à des troubles neurologiques graves tels que le délire, des hallucinations, des convulsions, voire le coma. Il s’agit d’une urgence médicale extrême, d’apparition très rapide (entre une à six heures). En présence de signaux indiquant ces complications, la « personne doit sans délai se reposer au frais, se réhydrater et s’humidifier la peau. » Il faut appeler le 15 en cas de malaise ou de symptômes de coup de chaleur.
Comment se protéger des risques de la chaleur pour la santé ?
Il existe deux sources principales d’information qui rappellent les informations indispensables à connaître. Santé publique France propose des informations (vidéos, infographies, chiffrés clés, interviews d’experts-es, bons conseils et recommandations officielles, etc.) sur une page dédiée. Même chose sur le site de l’Assurance Maladie, Ameli qui propose toute une série d’articles sur des sujets comme « Chaleur mal supportée : éruption cutanée, jambes enflées, crampes, malaise, insolation » ou encore « Que faire en cas de canicule ou de fortes chaleurs ? », sur une page dédiée. Chaque article renvoie lui-même à des ressources accessibles gratuitement sur Internet.
Un impact des médicaments pour ces deux complications
Certains médicaments sont susceptibles d’aggraver un syndrome d’épuisement-déshydratation ou un coup de chaleur. L’ANSM a publié une liste (actualisée en 2025) qui les recense selon les effets : médicaments pouvant provoquer des troubles de l’hydratation ; médicaments pouvant perturber le fonctionnement des reins ; médicaments pouvant perturber la régulation de la température ; médicaments pouvant augmenter la production de sueur, etc.
Par ailleurs, l’efficacité de certains médicaments peut être altérée par la chaleur.
Alors, quels sont les bons réflexes à avoir avec ses médicaments en cas de vague de chaleur ? L’ANSM mentionne différentes situations. Dans le cas où vous prenez un nouveau médicament ou si vous avez un traitement au long cours, il faut demander conseil auprès de votre médecin, votre pharmacien-ne, votre sage-femme… Il ou elle pourra vous indiquer si des précautions particulières doivent être prises avec votre médicament. Dans tous les cas, il est fortement conseillé de ne jamais arrêter un traitement sans en avoir parlé avant avec son-sa médecin ou son-sa pharmacien-ne. De plus, il est recommandé de ne pas faire d’automédication : notamment d’éviterde prendre de vous-même des médicaments pour des petits maux sans gravité (rhume, toux, allergie, douleur, etc.). Point de vigilance, si vous avez mal à la tête après avoir été exposé à des fortes chaleurs, il est recommandé de ne pas prendre de médicaments de votre propre initiative. Même les plus courants comme le paracétamol et les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) peuvent aggraver les symptômes d’un coup de chaleur.
Attention au soleil : risque de photosensibilisation
« La photosensibilité, parfois appelée "allergie au soleil" est une réaction du système immunitaire déclenchée par le soleil, indique l’ANSM. Elle correspond à une surréaction de la peau aux rayons du soleil, comme l’apparition de démangeaisons, de rougeurs ou une inflammation de la peau. » Cette photosensibilité peut être liée ou aggravée par la prise de médicaments. Comment savoir si son (ses) médicament(s) est-sont photosensibilisant-s ? Il faut se reporter à la partie 2 de la notice du médicament « Quelles sont les informations à connaître avant de prendre le médicament ? », l’information y figure. En cas de doute, n’hésitez pas à poser la question à votre médecin ou votre pharmacien-ne.
Que faire si son médicament est photosensibilisant ?
Il faut éviter de s’exposer au soleil, même en cas de soleil voilé, ou aux UVA en solarium pendant toute la durée du traitement et plusieurs jours après son arrêt, voire plus longtemps jusqu’à l’élimination complète du médicament de l’organisme, avance l’ANSM. Il faut protéger du soleil les zones traitées (si c’est une crème par exemple) en mettant des vêtements couvrants, un chapeau… Il est également conseillé d’appliquer une crème solaire haute protection (indice 50).
En cas d’apparition d’une réaction sur la peau (rougeur, démangeaison…), il est conseillé de consulter immédiatement un-e médecin ou un-e pharmacien-ne pour convenir ensemble de l’arrêt ou non du traitement.
L’ANSM a publié une liste (actualisée en 2025) des médicaments concernés.
L’ANSM recommande de faire particulièrement attention aux gels à base de kétoprofène (Ketum et génériques). Les gels contenant du kétoprofène sont des anti-inflammatoires utilisés par exemple dans le traitement des tendinites, des douleurs de dos, de l’arthrose ou des traumatismes bénins tels que des entorses. L'exposition au soleil (même voilé) ou aux UVA des zones en contact avec le gel de kétoprofène peut provoquer des réactions cutanées potentiellement graves. Arrêtez immédiatement le traitement.
Plus d’infos sur le site de l’ANSM, ici.
Sources : ANSM et site Ameli.
Conservation et transports en cas de fortes chaleurs
L'exposition des médicaments à des températures élevées pendant des périodes plus ou moins prolongées peut avoir des conséquences, en particulier pour les médicaments qui demandent de prendre des précautions particulières de conservation. Les règles de base sont de « respecter les conditions de conservation indiquées dans la notice » et d’éviter « d’exposer les médicaments directement au soleil ».
Comment conserver ses médicaments en cas de forte chaleur ?
Les médicaments à conserver à une température inférieure à 25°C ou à 30°C : vous pouvez les garder chez vous, dans leur boîte, en ne les mettant pas au soleil, voire dans un endroit frais (mais pas au frigo).
Les médicaments à conserver entre 2 et 8°C : vous devez les conserver au réfrigérateur. Une fois sortis du réfrigérateur, utilisez-les assez rapidement, en respectant la posologie indiquée par le-la médecin sur l’ordonnance. Il faut éviter de les laisser dehors trop longtemps.
Comment transporter vos médicaments en cas de forte chaleur ?
Pour tous les médicaments, sauf ceux qui se conservent au réfrigérateur : il est recommandé de les transporter dans un emballage isotherme, mais non réfrigéré.
Pour les médicaments habituellement conservés au réfrigérateur : nous vous recommandons de les transporter dans un emballage isotherme réfrigéré (par exemple muni de blocs de glace), en veillant à ce qu’ils ne congèlent pas pour autant. Les traitements ne doivent pas être en contact direct avec les blocs de glace : on peut les envelopper d’un tissu propre.
Il est recommandé de ne pas exposer ses médicaments trop longtemps, même dans un emballage isotherme, à des températures élevées. Attention au coffre ou à l’habitacle d’une voiture qui reste en plein soleil (même en mouvement).
Un document recense tous les conseils, c’est ici.