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    L’Actu vue par Remaides : « Financement de la santé mondiale : un recul aux conséquences majeures »

    • Actualité
    • 09.03.2026

     

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    Des militants-es de AIDES lors d'une manifestation à Paris en 2025 sur les
    enjeux de reconstitution des financements du Fonds mondial. Crédit : DR.

    Par Jean-François Laforgerie

    Financement de la santé mondiale : un recul aux
    conséquences majeures

     

    L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le 3 février 2026 une résolution européenne appelant à sauvegarder et renforcer le financement dédié à la lutte contre le VIH/sida et à conforter la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida. Deux jours plus tard, la France annonçait une baisse historique de sa contribution. Cette décision inquiète le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS).

    Lors de son dernier conseil d’administration réuni à Genève les 12 et 13 février 2026, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a indiqué avoir obtenu 12 milliards sur les 18 milliards nécessaires pour mettre en œuvre son plan triennal 2026-2028. Cette baisse est importante et marque un net retrait de l’engagement de pays donateurs.
    L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le 3 février 2026 une résolution européenne, présentée par le député (PS) Arthur Delaporte, appelant à sauvegarder et renforcer le financement dédié à la lutte contre le VIH/sida et à conforter la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida (lire notre article à ce sujet) . Une demande qui n’a manifestement pas trouvé l’oreille de l’exécutif qui entend réduire sa contribution au Fonds mondial. Celle-ci pourrait passer de 1,6 milliard d’euros (pour la période 2022-2025) à 660 millions d’euros (pour la période 2026-2028), soit une baisse de 58 %, « selon des informations qui appellent à être confirmées », explique un communiqué du Conseil national du sida et des hépatites virales. La nouvelle de cette baisse a beaucoup circulé et suscité de très vives réactions de la part des associations de lutte contre le sida. Elle n’a pas été démentie, ni corrigée par le gouvernement. Dans ce contexte budgétairement tendu, la contribution de l’Union européenne au Fonds mondial présente, elle aussi, une baisse de 26,5 %. Ce contexte dégradé du financement de la lutte contre le sida au plan mondial a conduit le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS)à réagir.
    Dans la continuité de ses dernières communications, le CNS alerte donc sur « cette possible réduction budgétaire française qui contribuerait à affaiblir la riposte mondiale et à menacer la continuité des services de santé, en particulier dans les pays les plus touchés par les pandémies. » Le CNS rappelle que les données scientifiques récentes mettent en lumière « qu’une baisse de - 24 % de l’aide internationale, combinée à l’arrêt du programme états-unien Pepfar en 2025, entraînerait quatre à dix millions de nouvelles infections et 800 000 à trois millions de décès supplémentaires liés au VIH d’ici 2030. »
    Le CNS note que d’autres travaux de modélisation aboutissent à des conclusions toutes aussi pessimistes. « Les progrès de plusieurs décennies accomplis dans de nombreux pays à ressources limitées pourraient ainsi être stoppés, avec un nombre de nouvelles infections et de décès repartant à la hausse jusqu’à retrouver des niveaux comparables à ceux des années 1990. De tels scénarios illustrent les conséquences majeures qu’un désengagement financier pourrait provoquer sur les progrès collectifs de santé mondiale », souligne le CNS qui rappelle que « L’élimination de la transmission du virus d’ici 2030 reste possible, à la condition sine qua non de préserver et financer une politique internationale française cohérente et durable, à la hauteur des enjeux actuels. 
    Plus d’infos ici.

    L’appel de Jean-Luc Romero-Michel à Emmanuel Macron
    L’annonce de la baisse française de contribution au Fonds mondial a suscité la réaction de Jean-Luc Romero-Michel qui, outre ses fonctions d’adjoint à la Ville de Paris, est également président de Sida Info Service. L’élu et militant de la lutte contre le sida a interpellé Emmanuel Macron dans un message où il exprime « sa colère, son émotion et sa profonde inquiétude face à l’annonce selon laquelle la France s’apprêterait à réduire de 58 % » sa contribution au Fonds mondial. L’élu et militant y rappelle que « la France est à l’origine, avec le Brésil, de la création de ce Fonds mondial ». Il explique qu’une telle réduction constituerait « un signal préoccupant » et irait à « l’encontre des engagements internationaux pris par la France en matière de santé mondiale et de solidarité. » Le militant dit craindre : des « conséquences désastreuses pour les malades et la prévention du VIH ». Et Jean-Luc Romero-Michel de conclure : « La France ne peut tourner le dos à la lutte contre les pandémies ni laisser s’éteindre l’espoir d’un monde sans sida. »