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    L’Actu vue par Remaides : « Enquête Coalition PLUS : un impact majeur sur l’organisation de la santé communautaire »

    • Actualité
    • 18.02.2026

     

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    Crédit : Coalition PLUS
    Les graphiques

    Par Fred Lebreton

    Enquête Coalition PLUS :
    un impact majeur sur l'organisation
    de la santé communautaire 

    « Un an après le gel des financements américains, la riposte au VIH décroche » dans le monde, dénoncent Coalition PLUS et ses partenaires : Sidaction, Frontline AIDS, Aidsfonds, dans une enquête inédite réalisée auprès d’un collectif de 79 organisations dans 47 pays. Cette incroyable somme donne le vertige. Elle dresse un constat imparable des conséquences de la politique de l’administration Trump. Sur la base de cette enquête qui sonne l’alarme à toutes les pages, Remaides propose une série d’articles qui vont rappeler des éléments du contexte actuel et vont détailler les résultats champ par champ : la prestation de services ; les ruptures de stocks, les pénuries et le coût des traitements, les conséquences sur le contexte politique et social, la santé organisationnelle, l’impact sur certaines populations, groupes et acteurs-rices de la lutte contre le VIH/sida. Dans cet article, retour sur l’impact sur l’organisation de la santé communautaire.

    Le gouvernement américain constituait une source majeure de financement pour les organisations interrogées : en 2025, 27 % d’entre elles citaient le Pepfar (President's Emergency Plan for AIDS Relief, un plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida à l'étranger créé en 2003) ou l’Usaid (Agence américaine pour le développement international) parmi leurs trois principaux bailleurs. Cependant, en 2026, seulement 14 % prévoient que les États-Unis resteront dans leur top trois des financeurs.
    Un graphique (voir graphique N°6 ci-dessous) permet de visualiser la réduction estimée des niveaux de financement en pourcentage du budget annuel global des organisations.
    Outre les répercussions sur la prestation des services (voir notre article, mettre le lien), les coupes dans l’aide étrangère ont également gravement affecté la santé financière des organisations communautaires. Ainsi, 63 % des organisations interrogées déclarent que ces réductions ont eu un impact direct sur leur fonctionnement. Pour certaines, l’ampleur des pertes est catastrophique : 22 % des organisations de la société civile ont perdu au moins la moitié de leur budget, 9 % ont vu leur budget d’exploitation amputé de plus de 75 %.
     

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    Des moyens humains en baisse
    Sur le plan des ressources humaines, 65 % des répondants-es indiquent que les coupes budgétaires ont eu un impact significatif : en moyenne, 45 postes d’agents de santé communautaire (ASC) ou de pairs-es éducateurs-rices ne sont plus couverts par des indemnités : 21 postes salariés-es ont été totalement supprimés : neuf postes ont été partiellement suspendus. Les réductions de personnel ont été parfois très fortes (voir graphique N°7 ci-dessous).
     

    Graphiques_Enquete_CoalitionPLUS7.png

    Bien que de nombreuses organisations aient pu maintenir leurs activités, plusieurs répondants ont dû fermer des cliniques, des centres d’accueil et des bureaux en raison des réductions de financement. D’autres ont pu poursuivre leurs services, mais uniquement grâce à l’engagement bénévole et non rémunéré de leur personnel.

    « Actuellement, nous ne proposons plus que des services virtuels, de manière bénévole. Nous n’avons plus d’emplois formels et vivons dans une économie de subsistance », explique un-e répondant-e d’Amérique centrale. Un-e répondant-e d’Afrique de l’Est indique : « En raison des coupes budgétaires et des décisions qui en découlent, nous avons été contraints de fermer un bureau régional, 14 centres d’accueil spécialisés dans le VIH/sida, et huit cliniques de santé sexuelle et reproductive. »
    À suivre.

    Les chiffres clefs de l'enquête
    - 79 organisations communautaires répondantes dans 47 pays ;
    - 77 % d’entre elles déclarent que les réductions de financements internationaux ont affecté la délivrance de services ;
    - Prep : dans 81 % des organisations, l’accès à ce traitement préventif fonctionne à moins de 50 % du niveau de janvier 2025 ;
    - Intrants (matériel de tests, etc.) : 56 % signalent un impact sur la disponibilité des consommables ;
    - 95 % des organisations rapportent que les produits destinés au traitement des IST sont indisponibles ou moins disponibles ;
    -  Soutien aux personnes vivant avec le VIH : 69 % des organisations sont à moins de 50 % de capacité ;
    - Populations clés : arrêt complet des services à destination des personnes trans et des usagers-ères de drogues pour 10 % des organisations ; réduction ou arrêt des services à destination des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes pour 85 % et 82 % envers les travailleurs-ses du sexe ;
    - Équipes : 2 275 postes de pairs éducateurs-rices/agents-es de santé communautaire ont vu leurs rémunérations suspendues ou coupées (en moyenne, 45 postes impactés par organisation).
     

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    La méthodologie de l'enquête
    Cette enquête exploratoire est le fruit d’un partenariat entre Coalition PLUS, Sidaction et Frontline AIDS. Son objectif était de « recueillir des données empiriques sur l’impact des changements de priorités de financement sur les communautés, la société civile et les systèmes de santé. Pour ce faire, un questionnaire a été élaboré pour évaluer les conséquences des coupes budgétaires sur la prestation de services et sur la santé organisationnelle des bénéficiaires de subventions et des acteurs-rices de mise en œuvre. L’organisation Aidsfonds s’est jointe à ce partenariat pour participer à l’analyse des données. Les données ont été collectées électroniquement via l’outil Voxco, entre le 29 octobre et le 18 novembre 2025. Le questionnaire a été traduit et diffusé en anglais, français, portugais et espagnol. Les répondants-es ont été recrutés-es par les organisations partenaires au sein de leurs réseaux respectifs. Une seule réponse par organisation a été acceptée, et les participants-es ont reçu une information écrite sur les objectifs de l’étude, la confidentialité et l’utilisation des données. Les données quantitatives ont été analysées avec le logiciel R, tandis que les données qualitatives ont été traduites en anglais à l’aide de DeepL et analysées de manière thématique.
    Les réponses ont été recueillies auprès de 79 organisations issues de 47 pays (1 à 6 réponses par pays).
    Tous-tes les répondants-es représentaient des organisations communautaires :
    - 29 organisations, représentant 36,7 % du total des répondants-es, sont originaires d’Afrique de l’Ouest ;
    - 23 (29,1 %) sont d’Afrique de l’Est et centrale ;
    - 8 (10,1 %) sont d’Europe ;
    - 7 (8,9 %) sont des Amériques ;
    - 5 (6,3 %) sont d’Afrique du Nord ;
    - 3 (3,8 %) sont d’Asie du Sud-Est ;
    - 1 (1,3 %) est du Pacifique occidental ;
    -  1 (1,3 %) est un représentant régional.