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    L'Actu vue par Remaides : EASY-TESTS : les applications de rencontre ouvrent de nouvelles voies vers la Prep

    • Actualité
    • 09.07.2026

     


    Crédit image : AIDS and Behavior 

    Par Fred Lebreton

    EASY-TESTS : les applications de rencontre ouvrent de nouvelles voies vers la Prep

     


    Une étude française publiée dans la revue scientifique AIDS and Behavior montre que le recrutement communautaire via les applications permet d’atteindre des personnes exposées au VIH, mais éloignées de la Prep. L'étude EASY-TESTS confirme qu'une stratégie communautaire associée à une prise en charge immédiate peut convaincre une majorité des personnes éligibles de débuter une Prep.


    Des applications de rencontre comme porte d'entrée vers la prévention
    L'étude est coordonnée par Anton Eremin, doctorant au SESSTIM (Sciences économiques et sociales de la santé et traitement de l’information médicale) en collaboration avec des chercheurs-ses de l'Inserm, de l'hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris), du centre de santé sexuelle Le 190 et de l'association AIDES. Au total, EASY-TESTS a suivi 209 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et deux femmes trans. La plupart (86 %) avaient été contactés-es directement sur des applications de rencontre comme Grindr, Hunqz ou Les Pompeurs, les autres dans des bars, saunas ou clubs. Les personnes intéressées étaient ensuite orientées vers le centre Le 190, un centre de santés sexuelle LGBT+ à Paris, où elles pouvaient bénéficier le jour même d'un dépistage du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles (IST).  Selon leur situation, les personnes pouvaient soit commencer une Prep, ou recevoir un traitement post-exposition (TPE) ou être prises en charge en cas de découverte d'une infection par le VIH. Cette simplicité du parcours constitue l'un des points forts du dispositif : aucun rendez-vous préalable, aucune démarche administrative complexe et une prescription de Prep possible dès la première consultation.

    Une Prep acceptée par près des trois quarts des personnes éligibles
    Parmi les 164 participants-es qui pouvaient bénéficier de la Prep, 118, soit 72 %, ont accepté de commencer le traitement immédiatement. Six mois plus tard, sept personnes sur dix étaient toujours sous Prep. L'étude montre également que cette stratégie permet d'atteindre des populations encore peu représentées parmi les usagers-ères de la Prep. Près d'une personne sur deux était née hors de France, contre environ un quart des personnes habituellement suivies au 190. Les participants-es étaient aussi plus jeunes que ceux des grandes cohortes françaises consacrées à la Prep. Les chercheurs-ses observent toutefois que les personnes ayant eu plusieurs partenaires sexuels au cours des trois derniers mois ou ayant réalisé récemment un dépistage du VIH ou d'une IST étaient davantage susceptibles d'accepter la Prep. À l'inverse, les principaux motifs de refus étaient une perception jugée faible du risque de contracter le VIH, le souhait de prendre davantage de temps pour réfléchir ou l'utilisation systématique du préservatif.

    Des occasions de prévention encore trop souvent manquées
    L'un des résultats les plus marquants de l'étude est le décalage entre le recours au dépistage et le recours à la Prep. Près des trois quarts des participants-es avaient effectué un test VIH ou IST dans l'année précédant leur inclusion, mais la très grande majorité ne prenait pas de Prep avant d'être recrutée par l'étude. Pour les auteurs-rices, cela révèle des occasions manquées au sein du système de santé. Lors d'un dépistage, les personnes exposées au VIH ne se voient pas toujours proposer la Prep ou orienter vers une structure pouvant la prescrire rapidement. L'étude rappelle également que plusieurs infections par le VIH auraient probablement pu être évitées. Cinq personnes ont découvert leur séropositivité lors de leur première consultation et une autre a contracté le VIH après avoir refusé la Prep au début de l'étude. Au-delà de la Prep, les chercheurs-ses soulignent que cette approche constitue aussi une opportunité pour renforcer d'autres actions de prévention, notamment la vaccination contre les hépatites A et B, les papillomavirus (HPV) ou le Mpox, dont les couvertures vaccinales demeuraient faibles chez les participants-es. Les auteurs-rices estiment que le développement de dispositifs communautaires associant travail de terrain, outils numériques et accès immédiat aux soins pourrait contribuer à réduire les inégalités persistantes d'accès à la prévention du VIH, en particulier chez les hommes gays et bisexuels les plus jeunes ainsi que chez les personnes nées à l’étranger.

    Références : High Uptake of HIV Pre-exposure Prophylaxis Among Men Who Have Sex with Men Recruited via Geosocial Networking Applications and Community Outreach in Paris, France Original Paper Published: 08 June 2026. 

    Auteurs-rices : Anton Eremin, Thomas Grunemwald, Romain Palich, Stéphane Morel, Antoine Élisa, Dominique Pataut, Thibaut Jedrzejewski, Yasmine Dudoit, Rachid Agher, Marie Costa, David Michels, Annie Velter, Luis Sagaon-Teyssier, Michel Ohayon et Christine Katlama

     

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