L’Actu vue par Remaides : « Baromètre Santé de France Assos Santé : des hauts et dégâts »
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- 06.05.2026
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Par Jean-François Laforgerie
Baromètre Santé de France Assos Santé : des hauts et dégâts
France Assos Santé a publié le 15 avril dernier les résultats de son Baromètre annuel des droits des personnes malades. Si leurs connaissances continuent de progresser, les Français-ses témoignent, en revanche, de difficultés dans leur application, constate le collectif. Voici quelques résultats clefs.
Une meilleure connaissance des droits et quelques carences
Selon le Baromètre 2026 des droits des personnes malades, réalisé par France Assos Santé en partenariat avec Ipsos BVA, les Français-ses déclarent connaître en moyenne 9,6 droits sur les 13 qui leur ont été soumis, contre 8,3 l’an passé. Dans un communiqué accompagnant la publication de ces résultats, FAS souligne que « la plupart des droits des personnes malades [droit au respect médical, à accéder à des soins, à choisir librement son médecin, à désigner une personne de confiance, etc.] affichent une belle santé, du moins en termes de notoriété. »
« Cette progression cache toutefois des carences », indique France Assos Santé. Par exemple, une personne répondante sur trois ne connait pas le droit de refuser ou interrompre un traitement et 38 % des Français-es n’ont jamais entendu parler de la possibilité d’engager un recours pour être indemnisé-e en cas d’accident médical. Ils-elles sont près d’un quart (24 %) à ne pas connaître le droit d’être informés-es sur le coût des soins, et quasi autant à s’estimer mal informés-es sur ce sujet, indiquent les résultats.
Tendance plutôt inverse pour ce qui est de la connaissance des représentants-es des usagers-ères : en 2026, 39 % des Français-es savent qu’ils ou elles peuvent être représentés-es dans un établissement de santé, public ou privé, par des personnes chargées de défendre les droits des patients-es – contre 33 % par rapport au Baromètre 2025. C’est évidemment mieux, mais 61 % des Français-es ignorent encore leur existence.
Accéder à un médecin : dur, dur !
Le Baromètre 2026 des droits des personnes malades fait état de « nombreux écueils » concernant « l’effectivité des droits des usagers du système de santé ». Un exemple. Si 91 % des patients-es se déclarent satisfaits-es de leur relation avec les professionnels-les de santé, encore faut-il encore en trouver un. Ce sujet est d’ailleurs l’un des points noirs du parcours de soins : quatre Français-es sur dix rapportent avoir eu des difficultés pour décrocher un rendez-vous médical au cours des douze derniers mois (une hausse de quatre points par rapport au Baromètre 2023).
Près d’un tiers des Français-es (30 %) ont fait face à des délais de prise de rendez-vous trop longs et un quart (25 %) ont été confrontés-es à des refus de consultation, motivés (pas de place pour de nouveaux-elles patients-es) ou non. À cela s’ajoute un autre motif : l’impossibilité de trouver un médecin ou un spécialiste en secteur 1.
Dépassements d’honoraires : la douloureuse
À la question « Au cours des douze derniers mois, avez-vous été confronté-e à des dépassements d’honoraires ? », 43 % des personnes interrogées répondent par l’affirmative. « Les catégories aisées y ont davantage recours, comparé aux foyers les plus modestes, dont on peut présumer que beaucoup y renoncent d’emblée. Mais l’enquête révèle aussi que 50 % des patients en affection longue durée (ALD) sont exposés aux dépassements d’honoraires », explique FAS. Et le collectif d’indiquer : « L’impact de ces dépassements sur le portefeuille se solde, dans 47 % des cas (principalement chez les personnes aux revenus les plus faibles), par des arbitrages budgétaires, un retard ou un espacement de soins, voire un renoncement à une partie ou à l’ensemble des soins. Bref, c’est la santé des usagers qui trinque. »
« Le casse-tête des pénuries de médicaments »
Les pénuries de médicaments demeurent. Plus d’un quart des Français-es (27 %) ont été confrontés-es à une pénurie de médicaments au cours des douze derniers mois – chez les personnes souffrant d’une ALD, le taux grimpe à 43 % et à 33 % chez les femmes. Dans 45 % des situations, aucune alternative thérapeutique n’a été proposée. « Parmi les classes de médicaments les plus touchées par ces tensions d’approvisionnement et ruptures de stock, on trouve les anticancéreux, les traitements du système cardio-vasculaire, les antibiotiques ou encore les psychotropes », selon les données de l’Agence nationale de sécurité du médicament.
Des difficultés pour accéder au crédit
« Cela se durcit encore un peu plus pour les patients qui veulent contracter un emprunt immobilier », explique le communiqué de FAS. « Malgré la suppression du questionnaire santé en juin 2022, un quart des Français-es (26 %) déclarent avoir rencontré des difficultés pour obtenir un crédit en raison de leur état de santé – c’est cinq points de plus qu’en 2025. Et, 38 % des patients-es en ALD sont confrontés-es à ces obstacles.
« Patients en affection longue durée, populations les plus vulnérables et/ou les moins aisées, habitants des Outre-mer, ce sont invariablement ces personnes qui, dans tous les cas, pour des raisons financières ou par méconnaissance de leurs droits, sont les plus impactées et pénalisées. Une constante de ce baromètre annuel », conclut FAS.