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    L’Actu vue par Remaides : « ALD, handicap : l’impact des restes à charge invisibles »

    • Actualité
    • 28.05.2026

     

     

    Crédit image : DR

    Par Jean-François Laforgerie

    ALD, handicap : l'impact des 
    restes à charge invisibles



    Une équipe composée de différents-es responsables associatifs-ves spécialisés-es dans les questions de santé a conduit une étude auprès de 3 100 personnes usagères du système de santé vivant avec une maladie chronique, ou en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Cette étude portait sur les restes à charge invisibles des dépenses liées à leur santé. Points clefs de cette étude dont les résultats ont été publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH, N°173, 7 avril 2026).

    « Les restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé désignent des dépenses de santé non remboursées (…) mais perçues comme nécessaires par les usagers. Cette étude visait à estimer leur montant et leur nature chez des personnes vivant avec une maladie chronique, un handicap ou une perte d’autonomie, engagées dans des réseaux associatifs », explique l’article. Cette enquête a été conduite en ligne auprès de 3 100 répondants-es, recrutés-es via les réseaux de France Assos Santé. Un questionnaire a permis de recueillir des données déclaratives sur les dépenses non remboursées engagées au cours des douze derniers mois, ainsi que sur les renoncements associés. 

    Les principaux résultats
    Le montant annuel moyen des restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé était de 1 560 euros, avec une médiane à 640 euros. « Les dépenses les plus fréquentes concernaient les médecines complémentaires, le petit matériel médical, ainsi que la nutrition et l’activité physique », indique l’article du BEH. Près de 53 % des répondants-es déclaraient avoir renoncé à au moins un soin ou un produit non remboursé, cette proportion atteignant 69 % chez les personnes aux revenus inférieurs à 2 000 euros par mois. Reprenons dans le détail.

    Des données sur les répondants-es
    L’âge moyen des répondants-es était de 52 ans et le taux de féminisation était de 71 %. La profession et catégorie socioprofes­sionnelle des répondants-es était : employés-es et ouvriers-ères (37,6 %) ; agriculteurs-rices et artisans (5,6 %) ; professions intermédiaires (15,2 %) ; cadres et professions intel­lectuelles supérieures (30,1 %), et autre (11,4 %). Les répondants-es étaient 36,9 % à gagner 1 500 euros ou moins par mois après impôts, 56,7 % à gagner plus de 1 501 euros et 6,3 % à ne pas souhaiter répondre.

    Des données sur la santé
    Parmi les 3 100 répondants-es, la majorité déclarait au moins une pathologie chronique ou une situation de handicap. La douleur chronique était la situation la plus fréquemment rapportée (31 %), suivie de l’hypertension artérielle (16,5 %), du diabète (12,5 %) et des maladies ou handicaps psychiques (12,3 %). Les maladies auto-immunes (toutes formes confondues), les pathologies respiratoires et les situations de handicap moteur concernaient chacune environ 10 % des répondants-es. Seuls 3,2 % déclaraient ne présenter aucune pathologie.

    Des précisions sur les restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé
    Le montant annuel moyen déclaré des restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé, toutes catégories confondues, était estimé à environ 1 560 euros par répondant-e. La médiane s’élevait à 640 euros. « Les postes les plus coûteux concernaient notamment l’adaptation de l’environnement avec un montant moyen de 2 110 euros, le gros matériel médical (830 euros), ou encore l’accompagnement humain (850 euros), bien que ces dépenses aient été décla­rées par une minorité de répondants », explique l’article du BEH. À l’inverse, des postes plus fréquents comme les médecines complé­mentaires (310 euros en moyenne) ou le petit maté­riel médical (280 euros) représentaient des montants unitaires plus modérés, mais cumulables.
    Concernant les médicaments non remboursés, le montant annuel moyen estimé était d’environ 290 euros, avec une médiane à 100 euros. Environ deux tiers des répondants-es décla­raient avoir engagé de telles dépenses, qu’il s’agisse de médicaments prescrits mais non pris en charge, ou de médicaments en vente libre. 
    Les répondants-es déclarant bénéficier d’une ALD (dans l’étude, 42 personnes vivaient avec le VIH) rapportaient des restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé légèrement plus élevés que ceux-celles n’en déclarant pas (environ 1 620 euros vs 1 530 euros), cette différence étant statistiquement significative. Toutefois, cette différence doit être interprétée avec prudence, en raison du carac­tère non représentatif de l’échantillon, indiquent les auteurs-rices.

    Les renoncements
    Comme le démontre cette enquête, les restes à charge ont conduit à des renoncements. Parmi les 3 100 répondants-es, environ 53 % ont déclaré avoir renoncé à au moins un soin ou produit non remboursé, ou avoir eu recours à une solution jugée moins adaptée, au cours des douze derniers mois. « Les formes de renoncement les plus fréquentes concernaient les médecines complémentaires, les soins de bien-être ou de santé mentale (pour 68 % des répondants concernés), les soins ou produits dits "de confort" non remboursés (ce qui inclut les prothèses capillaires, les crèmes et lotions, ou encore les séances d’épilation spécialisée pour traiter les effets indésirables de certains traitements), et autre (44 %) ; ainsi que les dépenses spécifiques liées à la nutrition ou à l’activité physique (44 %). Des renoncements moins fréquents ont également été rapportés, concernant le matériel médical, l’adap­tation de l’environnement, ou les frais de transport. »

    Les données indiquent une disparité importante selon le niveau de revenu déclaré. Parmi les personnes déclarant un revenu mensuel net infé­rieur à 2 000 euros, environ 69 % déclaraient avoir renoncé à des soins ou produits. Cette proportion tombait à environ 25 % pour les répondants-es ayant un revenu supérieur à 2 000 euros. Ces résultats suggèrent une incidence différenciée des restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé selon les conditions économiques indivi­duelles sur le renoncement. 
    Source : 
    Aziza F, Calmettes S, Pouchain-Grepinet K, Lenoir R, Geller A, Servy H, et al. Restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé chez les personnes malades chroniques, en situation de handicap ou en perte d’autonomie : observations et impli­cations auprès de 3 100 usagers du système de santé recrutés via un canal associatif. Bull Épidemiol Hebd. 2026 ; (9) : 173-98. Voir ici