Taxe Robin : la Bourse et la vie !
30/03/2010
"En tant que séropositif français ayant la chance de recevoir gratuitement un traitement, je suis solidaire des séropositifs du monde entier, et je soutiens la taxe Robin des bois. Et la Vie ! Cette taxe sur les transactions de change, transactions faites pour des raisons spéculatives, permettrait de récolter de quoi payer les traitements de toutes les séropositifs dans le Monde". Le chapeau adéquat, Vincent Pelletier, directeur de PLUS et directeur général de AIDES, vient de lancer la campagne de soutien à la Taxe Robin lors de la 5e conférence francophone sur le VIH ici à Casablanca.
La taxe Robin : qu'est ce que c'est ?
La taxe "Robin des bois" est une micro taxe de 0,005 % sur les transactions interbancaires de change, soit un prélèvement extrêmement réduit qui ne dissuade pas de faire des affaires, et qui, vu le montant colossal des transactions financières, permet au final de réunir des sommes considérables. Les associations demandent que l’Union Européenne applique la taxe aux transactions interbancaires de change dont l’une des monnaies concernées est l’euro. Comme le rappelle la Coalition PLUS : "Les transactions de change sont déjà soumises à un prélèvement (…) mais il est encore plus faible que 0,005 %, et sert uniquement à financer les systèmes informatiques par lesquels les grandes banques s’échangent des devises". En 2009, le montant total des transactions de change entre banques impliquant l’euro ont été vingt fois supérieures au PIB (produit intérieur brut) de l’UE. 97 % de ces transactions interbancaires correspondent à de la spéculation sur les micro évolutions de cours entre les différentes monnaies. "L’UE a le pouvoir de taxer unilatéralement les transactions impliquant sa propre monnaie, car toutes ces transactions transitent nécessairement par des banques établies dans l’UE. L’Union Monétaire Ouest-Africaine par exemple a déjà mis en place une taxe sur les transactions de change impliquant le franc CFA, et finançant le développement", explique la coalition PLUS.
Combien cela peut-il rapporter ?
Des sommes colossales. D’après les calculs de l’économiste Rodney Schmidt de l’Université de Toronto, la taxe Robin sur les transactions de change impliquant l’euro rapporterait déjà 12 milliards d’euros par an.
A quoi servirait l'argent ainsi récolté ?
En mars 2009, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a publié le montant des financements dont les pays en développement auront besoin dans les trois prochaines années. Le Fonds mondial a besoin de 35 milliards de dollars. La Taxe Robin sur l’euro peut générer ces financements et surtout palier le désengagement des pays contributeurs au Fonds mondial qui ne tiennent désormais quasiment plus leurs engagements à abonder les caisses du Fonds mondial.
Une telle taxe est-elle acceptable politiquement ?
Clairement oui; Contrairement aux idées reçues, il y a, selon la coalition PLUS, un "véritable appétit des opinions publiques pour que l'argent public serve à résorber les pires injustices, comme les six millions de personnes qui meurent, caque année, de maladies qu'on sait soigner comme le sida, la tuberculose ou le paludisme". La Coalition estime aussi que "l'augmentation des inégalités et des rancœurs entre l'Occident et les pays en développement n'est pas tenable dans la durée, car trop dangereuse."
En quoi consiste l'appel de la coalition PLUS ?
Très clairement, la Coalition PLUS appelle "à la mise en place d'une taxe international sur les transaction de change (Taxe Robin) pour stopper la propagation du VIH/sida et permettre à tous les séropositifs d'avoir un accès aux soins de qualité !" PLUS compte appeler les participants à la Conférence de Casablanca à signer la pétition associative adressée au Premier ministre belge Yves Leterme dont le pays assure la présidence de l’Union Européenne au deuxième semestre 2010. L'objectif est qu' Yves Leterme mette le dossier à l’ordre du jour de l’Union Européenne. Yves Leterme a lancé, en novembre 2009, un groupe intergouvernemental pour la mise en place des taxes financières pour le développement, aux côtés de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères. Par ailleurs, Yves Leterme a fait adopter en 2004 une loi prévoyant que la Belgique collectera la Taxe Robin dès lors que le reste de l’UE le fera également.
Pour faire circuler la pétition sur la Taxe Robin et pour plus d'infos : www.coalitionplus.org
Jean-François Laforgerie