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    Remaides 95 : disponible

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    Remaides 95Qu’on relise les premiers gros titres consacrés au sida dans les années 80, les formules relayées par les médias… tout cela est alors marqué par la peur et l’ignorance.

    Celle d’une maladie qu’on ne comprend pas, qu’on ne sait  pas soigner, à peine prendre en charge ; une énigme pour scientifiques qui frappe des personnes qui, hélas, ont le temps contre elles. Beaucoup a été dit sur le traitement médiatique si particulier que le VIH/sida a connu dès son apparition : un mélange d’effroi et d’impudeur, de brutalité et de compassion. Cela est lié à la violence de l’épidémie, à ses modalités  de transmission, aux personnes et groupes qu’elle touche, etc. Puis, au fil des années, le regard a changé : celui de la société et celui des médias, sans qu’on sache vraiment qui a déteint sur l’autre. Nous sommes passés à une forme de banalisation de la maladie elle-même et de la vie avec. Les avancées thérapeutiques, vitales pour les personnes infectées, ont contribué, à leur façon, à cette "normalisation". Aujourd’hui, le VIH, vu par les médias, ne semble pas si différent des autres maladies. Mais les vieux réflexes ne sont jamais loin. Car décidément, le VIH, c'est un peu comme d’autres maladies, mais pas tout à fait non plus. Ainsi en 2008 (1), les annonces de télés et de certains journaux font monter les craintes de façon parfaitement outrancière contre un gynécologue ; sur le mode : "Il pratiquait des IVG avec le VIH !" Le titre est racoleur. Il fait peur et insidieusement tente d’imposer l’idée qu’un médecin séropositif ne peut exercer ce métier.

    Raccourcis, approximations, caricatures… nombreux sont les pièges et facilités dans lesquels tombent les médias à propos du VIH et du sida (qu’ils confondent  d’ailleurs). C’est pour une bonne part lié aux méthodes de travail : vitesse  pour sortir les infos, difficilement conciliable avec la vérification, sensationnalisme pour accrocher les lecteurs qui malmène la précision de l’info, grande porosité entre les  médias et les "communicants" qui empêche le recul critique…

    Biosantech est une start up française qui travaille, à Marseille, sur un vaccin thérapeutique contre le sida. En mars dernier, elle convoque des journalistes de  la  presse  régionale(2) pour annoncer des résultats   qu’elle juge encourageants concernant son vaccin. Ces résultats n’ont alors donné lieu à aucune publication scientifique, mais la communication est à l’œuvre et la machine médiatique s’emballe. La formule d’un des chercheurs de Biosantech, le docteur Erwann Loret, "On fait gagner 70 ans de trithérapies aux patients", fait florès. Et les titres de journaux qui survendent l’annonce ("Sida : premiers espoirs de guérison") se multiplient. A tel point que l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales monte au front, par la voix de son directeur, le professeur Jean-François Delfraissy, pour contrecarrer l’opération de communication de Biosantech et rapporter l’info à sa juste proportion. Cet exemple n’est pas isolé. Très régulièrement, du fait d’une trop grande vitesse à publier, d’une reprise d’une même dépêche sur une multitude de sites, d’un manque de distance critique ou d’une éthique peu exigeante, les  personnes vivant avec le VIH et leurs proches sont exposées à des annonces  qui suscitent de faux espoirs. Ce sont des découvertes qui n’en sont pas vraiment, des "miracles" qui font flop… autant de déceptions, au final, dont personne n’a besoin. Bien évidemment, et c’est rassurant, on trouve toujours un contre exemple au mauvais traitement  médiatique du VIH. En novembre 2015, l’acteur américain Charlie  Sheen  fait état dans les médias de sa séropositivité. Tout le monde en parle. Le battage est tel qu’une étude américaine a exploré le phénomène. Le résultat est incroyable. Il y a eu quelque 2,75 millions de recherches sur le "sida" sur Google en un seul jour de plus qu'un journal habituel. Les requêtes sur l’achat de préservatifs et le dépistage ont connu des bonds, respectivement de plus 540 % et plus 214 %. Le phénomène illustre bien cette puissance des médias et l’impact positif qu’il peut avoir. Evidemment, l’enthousiasme serait complet si l’annonce de Charlie Sheen ne s’était pas faite dans un contexte de pressions qu’on exerçait contre lui : des médias allaient dévoiler sa séropositivité. Rien n’est simple. Nous avons tout intérêt à réfléchir sérieusement aux médias, à leurs limites, pour qu’ils contribuent, à leur manière, à la lutte contre le VIH et les hépatites virales.

    Aurélien Beaucamp, président de AIDES

     

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    Pour ne citer que cet exemple. Le "Journal du sida" a, dès ses premiers numéros, beaucoup analysé le travail des médias sur le  VIH. Plusieurs articles sur ce thème sont consultables sur www.arcat-sante.org

    Notamment "La Provence", 15 mars 2016.

     

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