La xénophobie d'Etat nuit gravement à la santé
04 Septembre 2010
La chasse aux sans-papiers, les campagnes d’expulsions de Roms et les arsenaux législatifs de plus en plus virulents à l’égard des migrants forcent des communautés entières à la clandestinité, les tenant à l’écart de la prévention et du soin.
Qu’il s’agisse du droit au séjour pour raisons médicales ouvertement bafoué par certaines préfectures, ou du durcissement des conditions d’accès à l’ Aide Médicale d’Etat (AME) annoncé par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot en juin dernier, la situation des étrangers malades vivant en France est de plus en plus tendue.
Cette politique délétère a des répercussions extrêmement concrètes : beaucoup de migrants renoncent à se présenter dans les points d’accueil et de prise en charge sanitaire, comme les centres de dépistage ou les structures associatives. Certains d’entre eux, porteurs de pathologies lourdes comme le VIH, sont chaque jour victimes de dysfonctionnements croissants des services préfectoraux pour l’attribution ou le renouvellement de leur titre de séjour. « Face à l’escalade sécuritaire, xénophobe et décomplexée de l’Etat, certains agents préfectoraux n’ont plus aucun scrupule à entraver par des moyens illégaux la délivrance d’autorisations provisoires de séjour : arrestations illégales en préfecture, exigences de justificatifs non prévus par la loi, ou violation du secret médical», s’indigne Bruno Spire, président de AIDES.
Vivant dans la peur permanente d’être arrêtés et expulsés, beaucoup renoncent désormais à se rendre à l’hôpital, y compris dans des situations d’urgence. L’omniprésence policière dans certains quartiers ou autour de structures d’accueil rend parfois impossible le travail de la société civile sur le terrain.
Rejoignant les inquiétudes légitimes de l’ONU et de la Commission Européenne, RAAC-SIDA, AIDES et Tjenbé Rèd dénoncent avec vigueur cette poussée de fièvre nauséabonde et ses conséquences néfastes sur la santé publique, particulièrement pour les populations les plus précarisées.
Que ceux qui se pensent à l’abri prennent garde : hier les sans-papiers, aujourd’hui les Roms… Et demain à qui le tour ?
Le rejet de la différence, c’est la politique de la peur et de la régression sociale.
AIDES soutient avec force la manifestation du 4 septembre, et appelle tous les citoyens à y faire entendre leur voix.
Pour que cesse cette politique du pilori injuste et archaïque !