Partout en France, et depuis plus d'un mois maintenant, les militants de AIDES interpellent les candidats aux élections législatives sur l'accès à la santé et la lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales.
Représentants d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), du Parti Socialiste (PS), du Mouvement Démocrate (MoDem), du Nouveau Centre et de l'Union pour le Mouvement Populaire (UMP). Certains de ceux qui nous ont accordé une interview sont en liste pour le second tour du dimanche 17 juin 2012. Retour sur leurs propositions.
Arrivée en tête du premier tour dans la 6e circonscription de Paris, avec 48,74% des suffrages, Cécile Duflot , ex secrétaire nationale d'EELV, rappelle qu'elle se bat contre les inégalités de santé et pour "l'universalité d'accès aux droits." Elle s'engage à revaloriser l'Allocation pour adultes handicapés (AAH) et souligne que le dernier quinquennat est "un échec": "Il faut revenir sur cette politique en supprimant les franchises médicales, en revenant sur le forfait à un euro, tout comme la lutte contre les déserts médicaux et les dépassements d'honoraires doit être une priorité d'action de notre politique de santé⦠De même, je suis opposée à la modification de l'article L.313-11 et je souhaite revenir aux dispositions antérieures, qui permettent de garantir aux étrangers de venir en France pour des raisons médicales."

Sur le terrain, partout en France, AIDES tente de sensibiliser les candidats et les électeurs aux spécificités de la lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales
"Au cours des dernières années, le service public de la santé candidat a été piétiné," insiste Ségolène Royal, candidate PS arrivée en tête à La Rochelle (32%), juste devant le dissident PS Olivier Falorni (28%). "Il est aujourd'hui prioritaire de le remettre en ordre, à commencer par l'hôpital public qui doit pouvoir offrir à tous des soins de qualité et ne peut pas être considéré comme une entreprise." Elle rappelle que "le Président de la République s'est engagé à revenir sur les politiques d'exclusion et de stigmatisation du Gouvernement précédent," en supprimant notamment l'instauration d'un droit d'entrée de trente euros à l'Aide médicale d'Etat (AME). Laurent Cathala , qui se présente pour un huitième mandat de député PS dans le Val-de-Marne et qui finance AIDES à hauteur de 6000 euros par an, la rejoint en expliquant que la mairie de Créteil travaille depuis près de trente ans à l'insertion et aux soins des personnes les plus démunies.
Avec 54,24% des voix obtenues au 1er tour, Jérôme Lambert, candidat PS en Charente, parlementaire, et membre de plusieurs groupes dâétudes à lâAssemblée Nationale dont ceux sur la toxicomanie et sur les médicaments et produits de santé, pourrait, lui, jouer un rôle décisif dans la mise en Åuvre de stratégies de réduction des risques liés à l'usage de drogues même si les militants qui l'ont contacté regrettent sa réponse particulièrement succincte. Ce dernier déclare adhérer aux "engagements pris par le Parti socialiste et/ou François Hollande " et "ne peut nous dire mieux." Les militants supposent donc qu'il est favorable à la mise en place de programmes d'échange de seringues en prison et à l'ouverture de salles de consommation supervisée, stratégies sanitaires efficaces qui ont fait leurs preuves dans plusieurs pays étrangers mais demeurent inexistantes en France.
Les autres candidats EELV, PS et Front de Gauche rencontrés sont d'accord avec ces propositions. Enfin, parmi les rares candidats UMP qui ont répondu à AIDES et se sont déclarés prêts à soutenir certaines des 10 mesures proposées par l'association: Denis Jacquat. Médecin et député depuis plusieurs mandats déjà , ce candidat a obtenu 31,91%, juste derrière le candidat PS Jean-Michel Toulouze (33,33%), sur la 2e circonscription de la Moselle. Il fait parti des militants qui ont impulsé la création d'une antenne AIDES à Metz en 1987 et soutient la lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales depuis longtemps.

Aide internationale : Ã qui la TTF ?
Autre coude-à -coude particulièrement serré dans le bassin d'Arcachon, où le candidat UMP Yves Foulon (38%) affrontera la candidate PS Nathalie Le Yondre (36%). Dans une interview récente, cette dernière s'est déclarée favorable à une taxe sur les transactions financières (TTF). Elle reconnaît que la lutte contre le sida dans les pays du Sud ne pourra se faire sans une économie sociale et solidaire: "Le fonds mondial doit être doté des ressources nécessaires et agir dans les négociations internationales sur les brevets pour que les pays les plus touchés puissent obtenir les traitements dont leur population a besoin." Philippe Vigier, qui représentera le Nouveau Centre en Eure-et-Loire, Laurent Logiou et Catherine Troallic, qui représenteront le PS en Seine-Maritime, et Cécile Duflot, partagent cette même conviction.
Photos : AIDES