Les pays du Sud AUSSI ont droit à des traitements de qualité !

Sida : développement exponentiel de virus résistants en Afrique de l'Est.

22 Juillet 2012

Une étude publiée ce jour dans The Lancet montre à quel point l'accès aux traitements est fragile et complexe, et vient tempérer les excès d'optimisme de cette XIXe conférence internationale.
 
Selon cette étude , de plus en plus de malades développent des résistances aux traitements de première ligne dans les régions les plus pauvres du monde, en Afrique australe et orientale (+29% de résistances par an). Avec des conséquences immédiates : un traitement qui ne fonctionne plus, c'est une charge virale qui explose et la survie des malades directement menacée. Sur le plan collectif, ce sont des souches virales résistantes qui circulent, à une rapidité exponentielle extrêmement inquiétante.
 
Il est temps de permettre un meilleur accès aux traitements de 2nde et de 3e ligne. "Nous devons cesser de proposer des traitements aux malades du Sud que plus personne n'oserait prescrire dans les pays du Nord. C'est à la fois indécent sur le plan éthique et dangereux sur le plan de la santé publique. Cette étude vient de le confirmer." déclare Bruno Spire, président de AIDES.
 
AIDES appelle les pays du Nord à accroître leur financements au Fonds mondial et à faire pression sur les lobbys pharmaceutiques : pour éviter la diffusion de virus résistants et permettre un accès à des traitements de qualité, il faut faciliter le génériquage et l'ouverture des brevets dans les pays en développement.
 
Mais les malades du Sud ont également besoin de systèmes de santé solides et structurés, qui permettent un meilleur suivi des PVVIH ainsi qu'un approvisionnement régulier en ARV, pour éviter les ruptures de traitements et le développement des résistances.
 
AIDES appelle les gouvernements africains à respecter leurs engagements pris à Abuja en 2001 et à consacrer 15% de leurs budgets nationaux aux questions de santé. "10 ans après, seuls 6 pays d'Afrique ont tenu cette promesse, pourtant déterminante pour une riposte efficace contre l'épidémie." conclut Stéphane Simonpietri, directeur des programmes internationaux de AIDES.
 
Les autres faits marquants de la conférence :
 
Conférence remarquée pour Africagay contre le sida :

Véritable OVNI sur un continent gangréné par l'homophobie d'Etat, Africagay contre le sida tenait conférence à Washington cet après midi. Ce réseau de 16 associations africaines témoigne de l'émergence d'une société civile africaine pour le respect des droits des gays et la fin des violences répressives. Une salle bondée pour des discours de haut vol, marqués notamment par le soutien de pointures internationales comme Stephen Lewis (1) ou Jeanne Gapiya (2).
 

Plus d'infos sur www.africagay.org !                         
 
Hollande attendu de pied ferme sur la taxe Robin des Bois

 
Michel Sidibé, toujours dans ce discours d'ouverture, a salué les récentes déclarations de attend donc de pied ferme le discours du président retransmis par vidéo demain matin 23 juillet. Nous voulons des annonces claires, concrètes sur l'affectation de cette taxe en faveur de l'aide au développement et de la lutte contre les pandémies.
"Wait and see", tempère Bruno Spire. "Quand cette taxe verra-t-elle le jour ? Quel pourcentage de la taxe sera alloué au développement et à la lutte contre le sida ? Avec quel consensus international ? Le flou qui entoure l'affectation de cette taxe depuis des mois ne saurait être levé sans un engagement ferme et chiffré du Président de la République." Rien n'est moins sûr. Fin du suspense demain.
 
La Corée du Sud annonce la levée des restrictions de voyage et de séjour pour les personnes séropositives.
 
Lors de la plénière d'ouverture de cette XIXe conférence internationale, Michel Sidibé, directeur général d'ONUSIDA, a annoncé que la Corée du Sud renonçait à ces restrictions discriminatoires. "C'est une très bonne nouvelle", explique Christian Andreo, directeur du plaidoyer de AIDES "Ces restrictions n'ont aucun sens, aucun effet sur la prévention et la propagation de l'épidémie. Au contraire, elles poussent les personnes séropositives à dissimuler leur statut sérologique ou à interrompre leur traitement par peur de se voir refuser le passage aux frontières. Ces lois mettent en danger les malades et renforcent leur stigmatisation." Plus de trente pays maintiennent à ce jour ce type de restrictions. AIDES appelle ces pays à entendre raison et à emboiter le pas à la Corée du Sud.

 

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(1) Stephen Lewis est un homme politique et un diplomate canadien. Il a été l'envoyé spécial de l'ONU pour le VIH/SIDA en Afrique.
(2) Présidente de l' ANSS Burundi, Jeanne Gapiya est notamment intervenue à la tribune des Nations Unies en juin 2011 lors de l'Assemblée Générale de l'ONU sur le VIH/sida

Pour suivre en temps réel l'actualité de la conférence internationale, rendez-vous sur : www.seronet.info ou www.aides.org
Et sur Facebook et Twitter : www.facebook.com/aides ; @assoAIDES

 







Contact

A Washington : Antoine Henry +33 6 10 41 23 86 / Christian Andreo +33 6 88 24 61 35
A Paris : Tony Fortin +33 6 28 59 23 44





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