Aujourd’hui 21 novembre 2011, le Sénat a adopté un amendement budgétaire créant en France la taxe sur les transactions financières (TTF). Selon les propos du Président de la République au G20, « une partie importante, voire totale, du produit de la taxe doit aller au développement » (1).
AIDES félicite le Sénat pour sa décision, et appelle le Président de la République à passer des mots aux actes, en soutenant l’amendement du Sénat et en affectant la taxe au développement sous ses différentes formes, y compris la lutte contre le sida.
« Nicolas Sarkozy nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour soigner les séropositifs du Sud en attente de traitement. S’il faut trouver l’argent, pourquoi ne pas adopter la taxe boursière votée au Sénat ? » demande Bruno Spire, Président de AIDES. « Nous voulons un Président qui agit, pas un Président qui se contente de beaux discours. »
« Selon le FMI (2), des pays aussi variés que le Brésil, la Grande-Bretagne ou l’Afrique du Sud ont déjà adopté des taxes similaires, sans que leur économie s’en trouve diminuée. » ajoute Bruno Spire. « Il n’y a aucune excuse pour ne pas faire de même en France. »
En effet, 69% des Français soutiennent la mise en place rapide de la taxation des transactions financières, selon un sondage Eurobaromètre (3).
En juin dernier, le gouvernement s’est engagé avec ses partenaires membres de l’ONU à doubler le nombre de malades du sida bénéficiant d’un traitement, d’ici 2015 (4). Cela signifie un doublement en quatre ans du nombre de séropositifs pris en charge par la France au Sud, soit 20% par an. Pourtant, par rapport à 2011 le budget 2012 arbitré par Nicolas Sarkozy propose de geler les financements destinés à l’accès au traitement! Le budget 2012 est en contradiction directe avec l’engagement pris par la France à l’ONU en juin.
« Selon François Baroin, la France devrait attendre le reste de l’Europe pour mettre en place cette taxe. Or, David Cameron se vante de bloquer tout accord européen en ce sens. Sarkozy choisira t-il le camp des spéculateurs, ou celui des malades ? demande Bruno Spire. « La vie de 10 millions de séropositifs en attente urgente de traitement en dépend. »
(1) Voir le verbatim du G20 :
(2) Voir le rapport du FMI listant les pays disposant de taxes sur les transactions financières
(3) Voir le sondage Eurobaromètre sur la TTF
(4) Voir la Déclaration Politique sur le VIH/sida votée par les Etats Membres de l’ONU le 8 juin 2011,