Lutte contre le sida : Nicolas Sarkozy, droit dans ses bottes

Interview de Nicolas Sarkozy sur Seronet.info

16 Avril 2012

Après les autres candidats, le site Seronet.info publie aujourd’hui l’interview de Nicolas Sarkozy. Sur les droits des étrangers malades, des travailleurs du sexe ou la révision des politiques des drogues, le candidat emboite le pas du président. Nicolas Sarkozy persiste et signe, quitte à reproduire les erreurs de la mandature précédente…

Dans le cadre de l’élection présidentielle, AIDES a invité les candidats à se positionner sur les enjeux de santé et de lutte contre le sida. Nicolas Sarkozy est le 6ème candidat à nous répondre, et nous l’en remercions. A son actif : le Président-candidat se sent « séroconcerné » et se montre ouvert sur certains sujets, comme la démocratie sanitaire ou la lutte contre la sérophobie. Nous en prenons bonne note. Mais dans le même temps il reste définitivement sourd aux rapports des experts, professionnels de santé et associations qui pointent les conséquences délétères de certaines de ses orientations en matière de santé et de droits des minorités.

Les hépatites font de nombreuses victimes en prison ? Nicolas Sarkozy s’en tient à un rappel à la loi (l’usage des drogues est puni par la loi) et aux dispositifs existants. Les travailleurs(ses) du sexe sont parmi les populations les plus vulnérables face au VIH ? Le Président-candidat ignore les effets de sa loi contre le racolage passif qui les expulse à la périphérie des grandes villes… Après la quasi-disparition du droit au séjour pour soins, les étrangers malades doivent maintenant s’acquitter d’un ticket d’entrée de 30E pour accéder à l’AME ? « Il est légitime que chacun contribue à la solidarité nationale ». Etrange car à ressources égales, seuls les étrangers sont visés par ce nouvel impôt. Une franchise « spéciale sans-papiers », en quelque sorte. Les restes à charge (franchises, déremboursements, forfaits hospitaliers…) accablent d’autant plus durement les personnes gravement malades ? Nicolas Sarkozy s’oppose aux dépassements d’honoraires « abusifs » mais sur le reste, niet car la France serait « l’un des pays dans lequel les dépenses de santé qui restent à la charge des ménages sont les plus faibles au monde.»

A l’évidence, nous ne  sommes pas confrontés à la même réalité. La drogue a beau être interdite, elle circule en prison : sida et hépatites continueront d’y faire des ravages si on refuse d’étendre les dispositifs de réduction des risques. Les titulaires de l’AME, des fraudeurs en puissance ? Nous constatons plutôt des personnes broyées par le parcours du combattant nécessaire pour acquérir leurs droits. Notre système de santé trop généreux ? En 2011, 1 Français sur 3 a renoncé à se soigner pour des raisons financières… Pour Christian Andréo, directeur de la communication et des actions nationales de AIDES : « S’il paraît logique qu’un candidat sortant assume son bilan, on peut regretter qu’il n’accepte pas de revenir sur certaines mesures dont la nocivité a été maintes fois démontrée par les associations et l’ensemble du corps médical,. On peut attendre d’un gouvernant qui a parait-il « changé » de reconnaitre ses erreurs. En l’espèce, on est plutôt face à un projet redoutablement cohérent qui met notre santé et nos droits en danger».







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Tony Fortin (AIDES) - 01 77 93 97 00 / 06 28 59 23 44 – tfortin@aides.org





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