La multiplication des restes à charge pousse de plus en plus de Français à renoncer aux soins, et précarise toujours plus les personnes séropositives. Parce que l’austérité annoncée par le gouvernement est un non-sens sanitaire, parce qu'elle met à mal le principe de d'une santé égalitaire et solidaire, AIDES marchera le 6 octobre aux côtés du collectif « Notre santé en danger ».
Bruno Spire, président de AIDES, s'indigne : "C’est un budget "de combat" que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault entendait présenter aux français. Avec une baisse de 8 % des financements du Ministère de la Santé (passant de 1,41 à 1,29 milliard) c'est surtout un combat contre les intérêts des malades et de la santé publique".
« Soigner aussi bien mais moins cher », voilà en effet le leitmotiv d'un gouvernement qui se pose en VRP d’une « rigueur sans douleur ». AIDES s'interroge : comment soigner correctement avec moins alors que les financements existants ne le permettent pas aujourd'hui ? Selon un récent sondage CSA, 27 % des Français ont dû reporter ou renoncer à des soins par manque de moyens en 2011. En cause : les franchises, dépassements d’honoraires et autres restes à charge de plus en plus nombreux. A ceux qui en doutaient, politique d’austérité et santé ne font pas bon ménage : les frais médicaux ne font pas partie des dépenses que l’on peut ajourner sans dégâts. C'est d'autant plus grave quand ces renonciations touchent des personnes séropositives ou en situation de maladie chronique.
A titre d'exemple, une personne séropositive titulaire de l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) paie aujourd'hui 700 euros par an de restes à charge, soit l'équivalent d'un mois d'AAH. Tout aussi inquiétant, ces restes à charge favorisent la transmission du VIH et des hépatites, car ils éloignent du parcours de soins les personnes touchées et les populations déjà fragilisées (étrangers, précaires, usagers de drogues, travailleurs du sexe...)
Ce non-sens sanitaire est aussi économique : les inégalités de santé finissent toujours par générer des coûts supplémentaires pour la collectivité. Comme l'explique le prix Nobel d'économie J. Stiglitz dans son dernier livre (1), le creusement des inégalités sociales aggrave l'instabilité économique. "En matière de santé plus que dans tout autre domaine, l'austérité est un remède qui finira par tuer le malade." confirme Bruno Spire.
"Voulons-nous un avenir "à la grecque", où pour se soigner beaucoup de malades se tournent désormais vers les dispositifs humanitaires ?"
Parce que AIDES croit aux vertus d’un système solidaire, nous appelons tous les malades, citoyens et militants à défiler à nos côtés le samedi 6 octobre. Nombreux, nous serons plus forts pour demander l’abrogation des restes à charge, la limitation des dépassements d’honoraires, le renforcement des moyens sur la prévention et la sauvegarde de notre service public de santé.
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(1) Le Prix de l'inégalité (Les liens qui libèrent, 2012)