Un RDV médiatisé… deux mois après, toujours pas de résultats !
Le 1er décembre 2007, journée mondiale de lutte contre le sida, le président de la République avait finalement accepté de recevoir les associations de lutte contre le sida, après sept mois de relances de nos courriers restés sans réponse. C’était enfin pour nous l’opportunité de dialoguer avec Nicolas Sarkozy, que nous espérions être un président qui sait prendre position et tenir ses engagements.
Sur les coupes de traitement
Alors qu’elle s’était engagée au G8 en faveur de l’accès universel au traitement sida d’ici 2010[1], la France diminue de 20 millions d’euros sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose en 2008, comme le confirme la loi de finances 2008 publiée au Journal officiel le 27 décembre dernier[2]. À travers le Fonds mondial, la France finançait en 2007 le traitement de 140 000 malades du sida. Cette baisse de 7 % de sa contribution revient donc à supprimer le traitement de 10 000 personnes.
Nous avions demandé au Président de maintenir le financement initialement promis de 300 millions d’euros qui permettra la survie des malades actuellement pris en charge par la France…
Sur la disponibilité des génériques au Sud
En raison des brevets et des monopoles de certains laboratoires, seule une minorité des pays pauvres a aujourd’hui accès aux versions génériques des médicaments les plus efficaces contre le sida. Or, les versions de marque sont entre 2 et 50 fois plus chères que les versions génériques[3], pour le même effet médical : l’accès universel au traitement n’est donc possible qu’avec les génériques. Il est temps de débloquer la diffusion des génériques au Sud, en mettant en application l’accord de l’OMC de 2001 censé permettre l’accès aux médicaments.
Nous avions demandé au Président d’organiser un sommet international, réunissant pays pauvres et industrie pharmaceutique, afin de mettre en œuvre les dispositions OMC sur la diffusion des génériques au Sud…
Sur sa capacité à influencer le G8
Le G8 s’était engagé en juin 2007 à mobiliser 60 milliards de dollars[4] contre le sida, la tuberculose, le paludisme et la pénurie de soignants dans les pays pauvres. Mais depuis juin, chacun des 8 pays s’est contenté de rejeter sur ses voisins le soin de contribuer à ces 60 milliards.
Nous avions demandé au Président de responsabiliser et de motiver ses homologues du G8, afin qu’ils se mettent ensemble d’accord sur la répartition entre eux de la somme promise, et sur un calendrier…
Le Président s’était engagé à nous répondre mais nos revendications restent lettres mortes malgré les nombreuses relances auprès de son cabinet.
Deux mois après, nous avons la désagréable impression d’avoir été manipulé à l’occasion du rendez-vous médiatique du 1er décembre.
[1] Déclarations de Nicolas Sarkozy le 7 juin 2007 au sommet du G8
[2]Loi de Finance 2008, page 110
[3] Rapport Médecins Sans Frontières sur les prix des médicaments anti-VIH de juillet 2007
[4] Communiqué des dirigeants du G8 du 8 juin 2007, paragraphe 48






