Le G8 recule sur les vies à sauver
Réaction des associations de lutte contre le VIH/sida présentes au communiqué de presse du G8 et le développement et l’Afrique.
(Hokkaido, Japon) Une coalition d’associations de santé et de lutte contre le VIH/Sida a réagit au communiqué du G8 sur le développement et l’Afrique : « Le G8 doit donner une réponse à l’épidémie du sida en augmentant considérablement les ressources mais aujourd’hui ils ont réagit en faisant un pas en arrière », a dit Asia Russell de « Health Gap » une association américaine qui milite pour l’accès aux soins universel.

L’engagement du G8 2007 à dépenser 60 milliards de dollars « dans les années à venir » pour la tuberculose, le paludisme et le renforcement des systèmes de santé a été affaibli par l’édition 2008 : il devient une promesse de dépense générale en santé sur 5 ans. Ceci est totalement insuffisant face aux besoins des pays en voie de développement.
Les pays du G8 devraient investir au moins 173 milliards de dollars sur cinq ans pour le sida, la tuberculose, le paludisme et le renforcement des systèmes de santé (selon leur « part équitable », définie en fonction de la capacité à contribuer des pays, c’est à dire de leur richesse).
« Le G8 a négocié interminablement sur cet engagement pour arriver seulement à une cible et une chronologie qui ne demandent pas les augmentations massives dans les dépenses de santé nécessaires aujourd’hui pour lutter contre les plus grands fléaux du monde » a dit Paola Giuliani du Réseau Italien contre le Sida.
Les annonces supplémentaires du G8 sur le développement et l’Afrique
Sur l’engagement concernant l’accès universel aux soins, traitement et prévention avant 2010
Ce que le G8 a convenu : Une répétition de l’engagement en 2005 d’atteindre l’accès universel avant 2010.
Ce qui est nécessaire : « L’épidémie du Sida en Afrique est une urgence, et si l’on veut atteindre l’accès universel avant 2010, il faudrait quadrupler les dépenses actuelles. Une répétition des engagements existants n’est pas une réponse suffisante de la part du G8 », a dit Masaki Inaba du Forum Afrique Japon.
« Nous appelons tous les donateurs à s’appuyer sur la rencontre de haut niveau des Nations Unies en septembre sur les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement) qui promet d’engager les dépenses nécessaires pour tenir las promesses d’accès universel, en particulier par le Fonds mondial et d’autres mécanismes multilatérales.
Le manque de professionnels de la santé
Ce que le G8 a convenu : « Acheminer vers » le seuil donné pas l’OMS, soit, 2.3 professionnels de la santé pour 1000 personnes.
Ce qui est nécessaire : « D’année en année le G8 ne fait que reconnaître la crise des travailleurs de la santé. Résoudre ce problème demandera un financement de plusieurs milliards supplémentaires. Il faut doubler le personnel de la santé en Afrique pour atteindre le cible de 2.3 professionnels pour 1000 personnes. La promesse vague du G8 « d’acheminer vers » cet objectif est une promesse creuse pour les millions de personnes séropositives en Afrique », a dit Emmanuel Trénado de AIDES, une association française de lutte contre le sida.
Les restrictions à la circulation des personnes séropositives
Ce que le G8 a convenu : « Revoir » les restrictions à la circulation des personnes séropositives « en vue de faciliter les déplacements ».
Ce qui est nécessaire : L’interdiction de voyager des personnes séropositives aux Etas Unis et en Russie est une honte. Au lieu d’éliminer les restrictions (comme on l’espérait), ce non-engagement du G8 fournit une excuse aux USA et à la Russie pour continuer à violer les droits des personnes séropositives » a dit Emmanuel Trénado.
L’engagement du G8 de 60 milliards de dollars : pas assez d’argent sur une période trop longue
A Heiligendamm en 2007 les leaders du G8 se sont engagés à dépenser 60 milliards de dollars pour le sida, la tuberculose, le paludisme et le renforcement des systèmes de santé. Cette annonce a été reçue avec scepticisme par la société civile, parce que la somme était insuffisante et sans échéance.
Les leaders du G8 à Hokkaido ont eu des débats sur le temps nécessaire pour tenir cette promesse. La société civile est claire : 60 milliards de dollars pour les pays les plus riches n’est pas assez et prendra trop longtemps pour les gens qui attendent et qui ont des besoins urgents en Afrique et les autres pays en voie de développement.

Sur trois ans, les 60 milliards font seulement deux tiers de ce qui est nécessaire pour ces trois maladies et le renforcement des systèmes de santé.

Sur quatre ans, les 60 milliards font moins que la moitié de ce qui est nécessaire pour ces trois maladies et le renforcement des systèmes de santé ; sur cinq ans c’est tout simplement dérisoire.
Depuis le sommet du G8, cet engagement a été encore plus affaibli en incluant d’autres dépenses de santé prioritaires. Tenir cet engagement sur trois ans aura comme résultat une légère augmentation sur les dépenses en santé actuelles, malgré le décalage entre les besoins en matière de santé des pays et les engagements actuels du G8.
A Tokayo : Emmanuel Trenado / + 81 80 1970 7810
A Paris : Marjolaine Bénard / + 33 1 41 83 46 53 / +336 10 41 23 86






