A propos des réponses de Nicolas Sarkozy
30 mars 2007
Le 28 mars, quelques heures avant que le Grand Journal de Canal + ne mette en avant notre campagne d’affiches, les réponses de Nicolas Sarkozy à nos revendications nous sont parvenues.
L’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy vient donc enfin de nous envoyer les réponses de son candidat à nos revendications. Notre affiche « voteriez-vous pour moi même si j’en ai rien à cirer du sida ? » n’a en conséquence plus lieu d’être.
Il aura quand même fallu deux mois à Nicolas Sarkozy pour nous répondre, pour répondre aux interrogations de centaines de milliers de personnes concernées par le sida. Nul doute que nous avons affaire à des réponses de qualité ! Revue de détail.
Sur la mise en place de programmes d’échanges de seringues en prison : il n’y est pas favorable, mais « il appartiendra aux ministres concernés, si je suis élu, de prendre les décisions adéquates en la matière ». Petite ouverture donc.
Sur la revalorisation de l’allocation adulte handicapée (AAH) à hauteur du Smic : Il y est opposé, le Smic étant une « contrepartie du travail », pas une allocation. Il propose cependant de revaloriser l’AAH de 25%, ce qui la porterait à environ 760 euros. On est encore loin d’un revenu décent.
Sur l’extension de la loi de 1987 sur l’obligation d’emploi aux personnes souffrant d’affections de longue durée, il est contre et préfère « accélérer et uniformiser l'examen des dossiers présentés devant les COTOREP pour que les malades du sida puissent bénéficier de l'AAH et donc entrer dans le quota d'emploi afférent à ce statut ». C’est à une « rupture tranquille », mais alors vraiment très tranquille que l’on a affaire ici.
A la place du mariage entre personnes de même sexe, il propose une « nouvelle forme d’union civile » ; à la place de l’adoption plénière que nous revendiquons pour les couples de même sexe, il défend « la création d’un statut de beau-parent ».
Au sujet de l’Aide médicale d’Etat et de son remplacement par la CMU pour toute personne précarisée résidant en France : hors de question. Nicolas Sarkozy n’a de toute façon « aucune leçon à recevoir », puisqu’en tant que ministre de l’Intérieur, il a délivré en 2006 plus de cartes de séjour à des étrangers malades que son prédécesseur socialiste en 2001.
Avec les réponses de Nicolas Sarkozy, on a donc affaire à un champ lexical très développé : « contre », « pas favorable », « opposé »… Il faut reconnaître cependant qu’il n’est pas opposé à toutes nos revendications. Il est ainsi « évidemment favorable au développement du Femidom et du préservatif à 20 centimes d’euros ».
Si nous sommes ravis que Nicolas Sarkozy ait finalement daigné nous répondre, nous ne le félicitons pas pour ses réponses. Plusieurs d’entre elles sont en effet contraires à notre aspiration d’avancer vers une société qui respecterait la dignité des personnes séropositives, qu’elles soient nées ici ou ailleurs, une société plus respectueuse des différences. Une société plus tolérante.
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