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Au Sud comme au Nord : les malades dans le collimateur de Nicolas Sarkozy



Il semble que ce soit une menace sérieuse qui s’est abattue sur les malades le 6 mai. En moins de cinq mois, Nicolas Sarkozy aura réussi à briser l’espoir d’un accès universel aux traitements anti-VIH dans les pays du Sud, et à faire peser, en France, de lourdes menaces sur les malades.



En matière de financement du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la paludisme, fidèle à l’engagement de Nicolas Sarkozy, la France apparaît bien comme un modèle pour les autres pays riches. Mais quel triste modèle. Alors que le Fonds mondial a besoin de 18 milliards de dollars pour permettre à chaque personne touchée par l’une des trois pandémies, dans le monde, d’accéder aux traitements, il n’en recevra que sept. Les pays donateurs (Royaume-Uni, Italie, Allemagne…) réunis en ce moment à Berlin ont suivi l’exemple français et n’ont pas ou peu augmenté leur contribution. C’est une trahison des engagements pris au dernier sommet du G8, à Heiligendamm, une trahison qui sonne comme une condamnation à mort pour des millions de malades. C’est aussi une terrible déception pour l’ensemble des associations.

En France, ce sont les franchises notamment qui sont une menace pour les malades. Elles constituent une rupture lourde de conséquences entre bien-portants et malades. Ces derniers vont devoir payer encore plus pour accéder aux soins. Ceci est insupportable pour les personnes précarisées, notamment les 25% de séropositifs qui perçoivent l’allocation aux adultes handicapées (621 euros par mois). En outre, la charge financière déjà considérable pour accéder aux soins va être telle, qu’inévitablement, un grand nombre de personnes va repousser des soins nécessaires. Les conséquences sur l’état de santé de ces personnes pourront être dramatiques.
Les étrangers malades font aussi les frais des projets du gouvernement. Le 20 septembre, à 4h30 du matin, les manœuvres de ce dernier ont en effet permis d’invalider un amendement voté huit heures plutôt au projet de loi sur l’immigration prévoyant un examen dérogatoire des ressources de demandeurs de regroupement familial en cas de handicap, de trouble de santé invalidant (ce qui caractérise la maladie grave) ou de pension de retraite.
A cela s’ajoutent les menaces à peine voilées contre le système des affections de longue durée contenues dans le discours prononcés par le président, le 18 septembre.

Chacune des mesures annoncées et envisagées par le président de la République est une grave menace pour l’accès aux soins. L’ensemble relève de l’organisation programmée d’une catastrophe sanitaire.

AIDES demande donc le retrait des franchises et une contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la paludisme qui soit à la hauteur des besoins pour permettre l’accès universel aux traitements. Cette contribution doit être de 400 millions d’euros en 2008, 500 millions en 2009 et de 600 millions en 2010, soit 1,5 milliards d’euros sur trois ans.



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