Pleine page le Monde - 11-11-07
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Les malades au Sénat



Lundi 12 novembre, en fin de matinée, plusieurs associations de malades, dont AIDES, sont allées à la rencontre des sénatrices et sénateurs, à l’occasion du début de l’examen, par ces derniers, du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). C’est l’article 35 de ce texte qui introduit les nouvelles franchises médicales.



Si peu de sénateurs ont souhaité échanger avec les présidents de AIDES, de Kératos, de la NAFSEP, d’Act Up, de Jeunes solidarité cancer, plusieurs journalistes étaient présents pour entendre le refus généralisé des franchises.


Bruno Spire (président de AIDES) et Michel Bliaut (président de la NAFSEP) ont expliqué à tour de rôle les raisons de l’opposition des malades à ces franchises et la réalité des dépenses de santé supportées aujourd’hui par des malades atteints de pathologies diverses.


Guy Fischer, vice-président du Sénat et membre du groupe parlementaire Communiste républicain et citoyen (CRC), a rappelé que son groupe était lui aussi fortement opposé à ces franchises qui font figures « d’impôt sur la maladie ». Il a souligné aussi que notre inquiétude vis-à-vis du relèvement du plafond était tout à fait justifié. Si aujourd’hui il est prévu que les franchises seront plafonnées à 50 euros, cette somme est en effet appelée à évoluer. Si les franchises sont adoptées, le plafond sera fixé chaque année par décret. Une baisse du plafond est évidemment peu envisageable !


Ce week-end, AIDES s’était aussi fait entendre en faisant publier, avec Act-Up Paris, une page dans Le Monde (édition de dimanche 11-lundi 12 novembre), dont le texte commençait par cette interrogation teintée de colère : «Sommes-nous coupables d’être malades ?».


Nous espérons bien que cette page dans Le Monde, la rencontre au sénat et l’énergie que nous continuerons à déployer sur cette question dans les heures et jours qui viennent permettront qu’une majorité de sénatrices et de sénateurs refusent la mise en place des franchises.


Des amendements dans ce sens ont été déposés par des sénateurs des groupes socialiste et CRC. Nous nous en réjouissons. D’autres amendements, déposés par des sénateurs avec qui nous avons été en relation, vont aussi dans le bon sens. Des sénateurs des groupes Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), Union centriste-UDF, socialiste et CRC vont ainsi tenter de faire exonérer du paiement des franchises les personnes atteintes d’affections de longue durée, les personnes qui perçoivent l’allocation aux adultes handicapés…

 

L’adoption de ces amendements permettrait au moins d’exonérer les malades les plus précarisés.