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Pas de franchises contre la prévention et les soins !



La procédure d’alerte sur les dépenses d’assurance maladie vient d’être déclenchée au moment où le gouvernement annonce l’inscription dans le projet de loi de financement de 2008 de quatre franchises médicales annuelles de 10 € par secteur par foyer. AIDES sera particulièrement vigilante à ce qu’une approche globale et pérenne du financement de l’assurance maladie soit dans l’actualité plutôt qu’un traitement conjoncturel et insuffisant de ce défi structurel.



La Ministre de la santé avait rassuré le Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté en garantissant que les « personnes en difficulté» seraient prises en compte dans le dispositif. Elle vient de préciser que des modulations en fonction des revenus et des ‘prises en charge à 100% au cas par cas’ ne seront pas exclues.

La précaution à l’égard des plus démunis est effectivement indispensable. Mais deux points de préoccupation subsistent :
·    Au nom de la santé publique, les franchises ne peuvent pas concerner les actes de prévention notamment le test de dépistage VIH/sida puisqu’il est aussi prévu que les franchises de 10 € s’appliquent entre autres aux secteurs suivants : visites médicales et examens biologiques.

·    Au nom de la solidarité, les franchises ne doivent pas rendre plus périlleux et plus inéquitable encore l’accès et le suivi des soins indispensables à une bonne prise en charge pour les personnes touchées par une affection de longue durée (ALD) notamment celles concernées par le VIH/sida.

Face à l’objectif de responsabilisation des patients avancé par le gouvernement, l’expérience des franchises déjà existantes n’a pas montré qu’elles constituaient un outil efficace dans ce domaine. Bien au contraire, elles retardent l’accès aux soins et ont des effets désastreux en terme de santé publique, notamment pour les plus démunis.

AIDES sera particulièrement vigilante à ce qu’une approche globale et pérenne du financement de l’assurance maladie soit dans l’actualité plutôt qu’un traitement conjoncturel et insuffisant de ce défi structurel.