Non à EDVIGE
AIDES s’insurge contre la mise en place du traitement automatisé de données à caractère personnel, le fichier EDVIGE qui permettra notamment de renseigner des données relatives à l’orientation sexuelle ou à la santé de certains citoyens considérés comme ‘sensibles’. Ainsi, la séropositivité et l’homosexualité des personnes seront clairement fichées.
17 juillet 2008
- communiqué de presse -
Malades : Souriez, vous êtes fichés !
Les réponses de Gérard Gachet, porte-parole de Michèle Alliot-Marie, faites à Têtu au sujet des inquiétudes face au fichier Edvige sont inadmissibles. Le Ministère de l’Intérieur reconnaît ficher les militants et la cause pour laquelle ils militent contrairement à la loi du 6 janvier 1978, qui prévoit qu'«il est interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel […] relatives à la santé ou à la vie sexuelle [des personnes]». En enregistrant les données personnelles des militants qui luttent contre le sida ou les discriminations vécues par les séropositifs et les homosexuels, c’est l’engagement citoyen qui est visé.
D’un côté le gouvernement démantèle la Sécurité Sociale et de l’autre il développe un arsenal de surveillance des citoyens qui s’opposent à ses décisions. Aujourd’hui ce sont les malades qui sont concernés. Défendre les droits de tous à la santé est une activité sous surveillance. Dans un contexte de réformes mises en place au rouleau compresseur, les malades, en plus d’être coupables, doivent se taire et accepter la remise en question de leurs droits. La défense de sa propre santé devient suspect, source potentielle de troubles à l’ordre public.
Pourtant, comme on vient de le constater lors de la tentative de remise en cause du remboursement à 100% des médicaments à vignette bleue pour les malades atteints d’ALD, la mobilisation et la vigilance des malades militants face aux provocations à l’encontre des malades sont essentielles.
AIDES a rejoint le collectif ‘Non à Edvige’ qui dénonce « des atteintes à la vie de notre démocratie » et a signé l'appel « Pour obtenir l'abandon du fichier Edvige » http://nonaedvige.ras.eu.org.
11 Juillet 2008
- Communiqué de presse-
Ces atteintes à la liberté, aux droits des personnes et au respect de la sphère privée sont d’autant plus alarmantes que la CNIL émet plusieurs réserves au sujet de la sécurité des données :
La collecte des informations relatives aux origines ethniques, à la santé et à la vie sexuelle des personnes n’est pas assortie de garanties suffisantes et il n’existe pas d’informations précises sur les niveaux de sécurité technique entourant le fonctionnement du fichier ‘Edvige’ ni sur l’existence éventuelle d’un dispositif de traçabilité qui permettrait de vérifier les conditions d’accès, par les autorités publiques, aux données du fichier.
Les données de santé, informations les plus intimes et les plus sensibles d’une personne, étant extrêmement convoitées, la séropositivité et l’homosexualité étant sources de discriminations graves et répétées, le fichage de ces informations est extrêmement dangereux notamment dans un contexte où une politique de sécurité digne de ce nom en matière de données informatisées est loin d’être atteinte.
La CNIL a obtenu que ces données ne soient enregistrées que de « manière exceptionnelle ». Qu’est-ce qui nous empêche de craindre qu’un jour, l’exceptionnel ne devienne la règle ?
Edvige organise le fichage de « toutes personnes âgées de 13 ans et plus ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif. » En bref, tous les militants et acteurs de la vie démocratique.
Ainsi, les 1500 volontaires et salariés de l’association, et tous les sympathisants qui se sont mobilisés cette année contre la mise en place des franchises médicales et les attaques répétées du gouvernement contre l’égalité de l’accès aux soins figureront dans ce fichier. Beaucoup sont séropos, homos ou les deux. Et quelles perspectives pour les 150 000 personnes séropositives en France ? La crainte de voir figurer toutes leurs informations personnelles dans un fichier d’état empêchera certainement un grand nombre d’entre elles de pousser la porte de AIDES et ainsi de bénéficier d’un accompagnement indispensable.
Nous constatons déjà une montée de la répression et de l'intimidation policière autour (voire directement dans) des programmes de prévention menés par certaines délégations de AIDES et par d'autres structures en contact avec des usagers de drogues.
Parce que ne pas être discriminé en raison de son handicap, de son orientation sexuelle, de ses opinions politiques ou tout autre opinion est un droit fondamental (1) , AIDES demande la suppression du fichier Edvige.
Contact presse AIDES : Marjolaine Bénard : 01 41 83 46 53 / 06 10 41 23 86 - mbenard@aides.org
(1) Art. 21 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne






