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Canada : défendre "Diane", c’est aussi nous défendre toutes et tous



Une injustice que nous refusons !



Pour notre amie "Diane" qui a été reconnue coupable d’agression sexuelle pour ne pas avoir dévoilé son statut sérologique positif au VIH lors d’une relation sexuelle. Nous vous invitons à lire cette traduction d'un texte écrit par des proches de la victime.



"Quand nous sommes perdus,
Ceci est notre prière,
Quand nous perdons notre chemin,
Guidez-nous vers le bon endroit,
Guidez-nous avec Votre grâce,
Dans un lieu où nous nous sentirons en sécurité.
"

La semaine dernière, les paroles et la mélodie de la chanson «Prière» (chantée par Céline Dion et Josh Groban) ne sont pas sorties de nos têtes. Nous avons vécu un drame et nous voulons vous en parler.

Nous essayons d’aider une amie québécoise qui nous est très chère à retrouver SON chemin vers un lieu où elle se sentira en sécurité. Nous sommes avec elle et son fils depuis le mois de janvier 1994, alors que nous l’avons connue par l’entremise d’un ami, un travailleur social qui travaille exclusivement auprès des personnes vivant avec le VIH/sida. À cette époque, son petit garçon n’avait que trois ans. À son insu, elle avait contracté le VIH par son mari, le père du petit garçon, avec lequel elle était mariée depuis trois ans, c’est-à-dire, depuis 1988. Elle a su qu’elle avait été infectée seulement une semaine après le décès de son mari, en 1991. (Tous deux ne savaient pas qu’il était infecté. Pendant trois ans, ils ont eu une vie conjugale normale). Lorsqu’elle a découvert qu’elle avait contracté le VIH, elle a été dévastée, mais ayant appris que son fils était en santé à 100 %, elle a entrepris de lui trouver des parents dans l’éventualité où elle décéderait. Nous nous sommes engagés envers elle à devenir les parents de son fils quand le moment viendrait. Depuis, nous sommes restés avec elle. Elle a vécu beaucoup plus longtemps que prévu et nous n’avons pas eu à devenir «parents». Elle et son enfant sont une partie extraordinairement enrichissante de nos vies. Ensemble, nous avons connu de grands moments de bonheur. À un moment donné, afin de solidifier la relation et l’aider quand son état de santé a décliné, son enfant est venu vivre avec nous pendant environ six mois, en octobre 1994, juste après que nous ayons eu le bonheur d’avoir notre cher enfant. Pendant quelque temps, nous avons eu deux enfants ici – un bébé et un enfant de trois ans.

Au cours de l’été de l’année 2000, pendant une partie de soccer de son fils, elle a rencontré le père d’un coéquipier de son fils. La relation s’est développée. Elle a suivi les conseils professionnels de tous les médecins, de tous les professionnels qui l’aidaient et, quand la relation est devenue intime, elle s’est protégée. Les professionnels de la médecine lui ont dit (comme ils le font d’ailleurs à toute personne dans la même situation) que TANT QU’ELLE PRATIQUAIT DES RELATIONS SEXUELLES PROTÉGÉES, son partenaire serait totalement en sécurité et que, de cette façon, elle N’ÉTAIT PAS tenue de dévoiler son statut au début (c’est-à-dire la première ou la deuxième fois). Étant donné que son fils aurait pu être stigmatisé par ses coéquipiers, si son état était connu, elle a pris la décision de ne pas informer son partenaire au début. Elle A FAIT tout ce qui lui avait été conseillé. Elle S’EST assurée qu’une protection ÉTAIT utilisée. Elle a informé son partenaire de son état avant la deuxième fois où ils ont été ensemble, lorsqu’il a commencé à lui déclarer son amour. Au début, il était abasourdi et ne l’a pas vue pendant plusieurs semaines. Puis, il est revenu pour la voir disant qu’il l’aimait et qu’il voulait rester avec elle, sa condition n’étant pas un empêchement. Ils ont fini par vivre heureux ensemble pendant environ trois ans. En 2003, les choses ont commencé à se gâter pour eux (au cours de cette période, nous ne les avons pas vus, puisque, entre autres choses, nous avions des engagements professionnels ailleurs). Avec le temps, son partenaire est devenu très contrôlant, il critiquait sévèrement son enfant et les abus verbaux se sont accrus. Le climat étant devenu malsain pour elle, et surtout pour son enfant, elle a décidé de mettre FIN à la relation. Peu après, elle est devenue victime de violence conjugale. En décembre 2004, suite à un appel au 911, la police a arrêté son partenaire. Elle s’est retrouvée à l’hôpital avec des blessures à la tête, au visage et au cou et souffrant d’un stress émotionnel. Son fils, qui lui avait sauvé la vie, a eu un bras cassé en essayant de la protéger. Ce qui était une histoire d’amour pleine de bonheur était devenu une histoire tragique !

Son ex-partenaire fut accusé et jugé coupable d’agression en 2005. Juste avant que sa sentence soit rendue (essayant apparemment d’être acquitté), il a divulgué qu’ELLE était séropositive. Il l’a accusée d’avoir eu des relations sexuelles NON PROTÉGÉES avec lui quand ils sont devenus intimes pour la première fois, cinq ans auparavant, soit en 2000, ET qu’elle ne lui avait pas avoué son statut. Elle, une victime de violence conjugale, qui avait suivi à la lettre les conseils professionnels qu’elle avait reçus, a été accusée d’agression criminelle. L’homme, séronégatif et jugé coupable de l’avoir battue, a, au moment de faire cette accusation, reçu un pardon inconditionnel. (!!!)

Le jour de la Saint-Valentin 2008, exténuée après des mois d’audiences, dans un état de santé de plus en plus fragile, et maintenant en faillite, elle a écouté la décision du juge. Elle a été jugée COUPABLE. Le juge a décidé qu’elle n’était pas crédible, même si elle avait reçu l’appui total de son équipe médicale et des professionnels médicaux spécialisés dans ce domaine. Plusieurs autres personnes, dont nous-mêmes, ont aussi témoigné de ses qualités en matière d’éthique et d’honnêteté. 

 

Le 14 mars, elle fera face à une sentence d’emprisonnement. Son fils (maintenant âgé de 17 ans) risque de perdre sa maman. Leur relation, si proche et remplie d’amour, est sur le point d’être physiquement rompue. Le fait que SA vie pourrait être ruinée par quelque chose de TOTALEMENT MENSONGER nous dégoûte. Il n’est pas question que nous restions les bras croisés et laissions une telle chose se produire !  

 

Après s’être écroulée sous la tension, notre amie a passé la nuit de la Saint-Valentin à l’hôpital. Par la suite, elle a passé quelques jours avec nous afin que nous puissions l’aider. Elle est repartie ces derniers jours. Elle reprend ses forces graduellement...pour continuer.

Quand nous l’avons rencontrée pour la première fois, notre amie était belle, jeune, intelligente, la « voisine d’à coté » qui avait assumé pendant 16 ans un poste de responsabilité dans une grande entreprise. Elle est encore la même merveilleuse mère dévouée à son fils, celle que nous avions
rencontrée pour la première fois. Sous un voile de tristesse et de désespoir, elle demeure la fille dynamique qui aime la musique, la nature, la lecture, monter à cheval, faire du ski et du parachutisme (!!) et SURTOUT son enfant. Nous voulons l’aider à retrouver l’endroit où elle se sentira en sécurité. Avec tous ceux qui veulent l’aider nous ALLONS faire en sorte qu’elle revienne…au moins pour qu’elle vive le reste de ses jours en femme LIBRE.

 

Nous vous remercions d'avoir pris le temps de lire cette histoire.

 

Pour information, La  Fondation québécoise du Sida et Fréquence VIH ont lançé un appel à don pour obtenir les 30 000.00$ nécessaires à l’appel de sa sentence.