Rapport du 1er atelier "Pratiques homosexuelles et prévention VIH en Afrique"
Cet atelier s'est tenu à Ouagadougou en octobre 2007. Il a rassemblé des partenaires africains de AIDES, ainsi que d'autres associations africaines de lutte contre le sida militant pour les droits des gays. Le rapport de cet atelier est maintenant disponible.
Victimes de discriminations et de violences fréquentes, les homosexuels africains sont également frappés de plein fouet par l’épidémie de VIH/sida. La recherche sur les modes de transmission du virus en Afrique sub-saharienne est encore très limitée, mais les rares études menées au Ghana, au Kenya et au Sénégal montrent que la prévalence de l’infection à VIH est jusqu’à cinq fois plus élevée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qu’au sein de la population générale.
Si, d’après les publications récentes, les institutions internationales commencent à reconnaître un phénomène d’épidémie cachée, très peu de pays africains ont mis en place des programmes de prévention spécifiques aux homosexuels. Il existe néanmoins des associations locales qui se mobilisent pour mettre en place des actions de prévention et de soutien auprès de cette minorité sexuelle.
Depuis bientôt un an, l’association AIDES a été interpellée par plusieurs associations africaines de lutte pour les droits des homosexuels et par certains de ses partenaires sur la question de la prévention du VIH/sida auprès de ce groupe vulnérable et du soutien de ces personnes.
C’est dans ce contexte qu’AIDES a proposé une première rencontre en Afrique Sub-saharienne, regroupement inédit d’acteurs communautaires de la lutte contre le sida et d’associations identitaires de défense des droits homosexuels. Ainsi, 18 organisations étaient représentées par 28 participants venus de 10 pays d’Afrique et de France. L’objectif majeur de l’atelier était de leur permettre d’échanger sur leurs expériences et leurs projets respectifs, afin qu’ils identifient des possibilités de projets dans leur contexte propre, mais aussi avec l’ambition de construire un travail commun.
Plusieurs structures étaient candidates à l’organisation de l’atelier. Dans un souci de sécurité de l’ensemble des participants et des organisateurs, AIDES a choisi de privilégier comme lieu d’accueil un pays qui n’ait pas récemment été exposé à des actes anti-homosexuels (aussi bien provenant des autorités que de la population civile). Le choix s’est donc porté sur le Burkina Faso, où deux associations partenaires de AIDES ont manifesté leur intérêt pour la thématique.
Toutefois, il s’est avéré que les autorités de santé publique burkinabé n’ont pas souhaité cautionner un atelier associé aux pratiques homosexuelles en toutes lettres. Pour ces raisons politiques, l’atelier s’est finalement pudiquement appelé « regroupement thématique des groupes spécifiques vulnérables ».
L’atelier a débouché sur de nombreuses recommandations individuelles et collectives. Il s’y est exprimé une forte demande de soutien à la mobilisation naissante, et encore éparse.






