AIDES à la CROI
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AIDES à la CROI - mardi 27 février



Sujets traités: le maraviroc actif contre les virus résistants; le raltegravir (MK 0518) est également efficace contre les virus résistants ; concentration dans le sang des médicaments anti-VIH absorbés par les nouveaux-nés allaités par leur mère séropositive sous traitement ; mesurer la quantité de virus dans le lait des femmes séropositives qui allaitent; Bactrim (cotrimoxazole) et moustiquaires imprégnées pour prévenir les épisodes de paludisme chez les enfants séropositifs ; l’étude ZEBS:interrompre brutalement l’allaitement maternel exclusif à 4 mois n’augmente pas la survie à 2 ans des enfants nés de mère séropositive ; vaccins, où en est-on ? résistance aux ARV (AntiRétroViraux, médicaments anti-VIH) dans les pays en développement ; ressemblances et différences de l’épidémie de sida dans différentes régions du monde ; des molécules pour inhiber la RNAase H ; de nouvelles recherches sur les inhibiteurs de co-récepteurs ; le sulfate de cellulose : un candidat microbicide malheureux ; cancers et séropositivité ; développement du Norvir comprimé.



Cette 2e journée de conférence restera certainement dans nos mémoires : depuis l’arrivée des trithérapies efficaces, nous attendions des médicaments suffisamment puissants pour répondre aux situations d’échec thérapeutique sévère. Au début des années 2000, de nouveaux médicaments ont été commercialisés ; ils apportaient un progrès mais ne permettaient pas de régler toutes les situations difficiles. Depuis deux ou trois ans, de nouveaux produits, de nouvelles classes de médicaments sont en phase avancée de développement et les premiers résultats des grands essais d’efficacité viennent d’être présentés. Les résultats sont très encourageants : avec ces produits, un nombre bien plus important de patients en échec thérapeutique sévère voit leur charge virale devenir indétectable et leur T4 monter. Ainsi depuis peu, quatre nouvelles molécules sont disponibles en France. L’une d’entre elles vient d’être commercialisée, les trois autres pourraient l’être d’ici à la fin de l’année ; elles sont d’ailleurs déjà disponibles dans le cadre d’Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU) ou de programme compassionnel. 

Le maraviroc actif contre les virus résistants
Le maraviroc est un inhibiteur du corécepteur CCR5. Il représente une nouvelle classe de molécules. Chez des patients en échec aux 3 classes de traitement qui reçoivent le maraviroc en plus d’un traitement optimisé, on a observé en 6 mois une baisse significative de la charge virale et une hausse de près de 100 T4. Près de la moitié de ces patients en échec sévère arrivent à atteindre une charge virale indétectable et ceci dépend surtout du nombre de molécules actives dans la combinaison utilisée. Chez les patients pour qui le traitement ne fonctionne pas, le virus change de corécepteur, mais il subsiste une efficacité sur la remontée des CD4. Les effets indésirables graves ne semblent pas avoir été plus importants chez les patients qui reçoivent le maraviroc au cours de la période de l’étude. Ce nouveau médicament est maintenant disponible en France au travers d’un accès compassionnel. Le dossier d’enregistrement du médicament a été déposé aux agences du médicament. Celui-ci pourrait être commercialisé d’ici à la fin de l’année.

Le raltegravir (MK 0518) est également efficace contre les virus résistants
Ce 1er inhibiteur d’intégrase avait déjà été démontré comme étant très puissant chez des patients naïfs. Ce médicament a cette fois-ci été evalué chez des patients avec des virus multirésistants aux 3 classes de médicaments. Plus de 77 % arrivent à obtenir une charge virale indétectable à moins de 400 copies après 6 mois de traitement. Quand le Raltegravir est associé à une 1ère utilisation de Fuzeon ou de Prezista, l’efficacité est plus importante puisque 90 % des patients obtiennent une charge virale indétectable à moins de 400 copies. Le Raltegravir ne semble pas non plus augmenter significativement les effets indésirables. Le Raltegravir est disponible en France dans le cadre d’une ATU. Comme pour le maraviroc, il pourrait être commercialisé d’ici la fin de l’année. La deuxième génération des inhibiteurs d’intégrase est en cours d’élaboration à partir des premières données de résistance chez les patients traités par Raltegravir.

Concentration dans le sang des médicaments anti-VIH absorbés par les nouveaux-nés allaités par leur mère séropositive sous traitement
Plusieurs dizaines de femmes séropositives traitées par lamivudine (3TC), zidovudine (AZT) et névirapine et leurs nouveaux-nés ont participé à une étude au Kenya dont l’objectif était de mesurer les concentrations dans le sang des nouveaux nés des médicaments anti-VIH transportés par le lait maternel. Si la lamivudine et la névirapine sont retrouvés en quantité suffisante dans le sang (pour avoir un effet anti-VIH) des nouveaux-nés, ce n’est pas le cas de la zidovudine. Ces résultats mettent en avant le fait que les médicaments anti-VIH ne passent pas tous dans le lait maternel de la même manière. Il serait nécessaire de comprendre les différences de diffusion et d’absorption de chaque médicament anti-VIH dans le lait maternel ; cela permettrait peut-être d’adapter le traitement anti-VIH des mères qui allaitent. En effet, les études en cours pourraient montrer que les femmes sous trithérapie efficace qui allaitent leurs nouveaux-nés ont moins de risques de transmettre le VIH lors de l’allaitement et d’adapter le traitement en fonction de sa capacité à être transporté dans le lait maternel.

Mesurer la quantité de virus dans le lait des femmes séropositives qui allaitent
L’étude ZEBS (Zambian Exclusive Breastfeeding Study, l’étude zambienne sur l’allaitement maternel exclusif) menée chez des mères séropositives et leurs nouveaux-nés a montré que 30 % des participantes avait une quantité indétectable de VIH dans le lait. Aucune de ces mères n’a transmis le VIH à leur enfant. L’étude montre aussi que le risque de transmettre le virus est corrélé à l’état de santé de la mère (taux d’hémoglobine, nombre de T4 et quantité de virus dans le sang).

Bactrim (cotrimoxazole) et moustiquaires imprégnées pour prévenir les épisodes de paludisme chez les enfants séropositifs
Une étude en Ouganda a comparé un groupe d’enfants séropositifs sous Bactrim à un groupe d’enfants séronégatifs pour évaluer l’intérêt de ce médicament dans la prévention des épisodes de paludisme. Chaque groupe d’enfants dormait sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide. Il a été noté une baisse importante du nombre d’épisodes de paludisme chez les enfants séropositifs sous Bactrim. Les résultats de cette étude devront être confirmés avant d’étendre l’utilisation du Bactrim à tous les enfants…

L’étude ZEBS : interrompre brutalement l’allaitement maternel exclusif à 4 mois n’augmente pas la survie à 2 ans des enfants nés de mère séropositive
L’étude ZEBS visait à évaluer l’intérêt en terme de survie à 2 ans d’enfants nés de mères séropositives d’un arrêt brutal à 4 mois de l’allaitement maternel exclusif. L’étude conclue que l’arrêt brutal de l’allaitement exclusif ne permet pas d&r