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AIDES à la CROI- dimanche 25 février



Sujets traités: tuberculose ultrarésistante; mise à disposition massive du lait artificiel pour les femmes séropositives au Botswana



Traditionnellement, le 1er jour de la conférence commence en fin de journée par deux plénières d’ouverture et quelques symposiums. Cette année, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a organisé un important symposium sur la tuberculose ultrarésistante, sur les conséquences de la politique du Botswana qui consiste à mettre à disposition gratuitement le lait artificiel pour les femmes séropositives qui viennent d’accoucher, sur l’évolution des stratégies de dépistage dans certains pays d’Afrique australe et sur les échecs des programmes de prévention de la transmission de la mère à l’enfant en Afrique. Les deux plénières d’ouverture étaient, quant à elles, consacrées aux récentes découvertes sur les corécepteurs (molécules à la surface des cellules qui permettent aux virus de les infecter) et à l’impact de la recherche sur la prise en charge des malades du sida en Haïti.

Tuberculose ultrarésistante
Une souche de tuberculose ultrarésistante (UR) est définie par l'OMS comme une souche MR, résistante également à au moins trois des six classes d'antituberculeux de 2ème ligne. Les souches ultrarésistantes sont apparues depuis le début des années 2000. Le pourcentage de souches de tuberculose ultrarésistantes parmi les souches MR est variable selon les pays (moins de 1 % dans les pays d'Europe de l'Ouest, 4 % aux USA, 15 % en Corée du Sud, 19 % en Lettonie, 14 % dans certains autres Etats d'ex-URSS (Russie, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Rép. Tchèque). C’est à Tugela Ferry (Province du KwaZulu-Natal en Afrique du Sud) qu’une centaine de patients séropositifs ont été diagnostiqués porteurs du bacille ultrarésistant. Des représentants des autorités de santé d’Afrique du Sud ont communiqué des résultats d’estimation du nombre de malades atteints de cette forme très agressive de la tuberculose, soit environ 600 malades. Cette épidémie de tuberculose ultrarésistante en Afrique du Sud touche principalement des personnes séropositives, ce qui expliquerait la mortalité importante rapportée pour ces malades (plus de 80 %). De même, il a été analysé que bon nombre de transmissions avaient lieu dans les structures sanitaires qui ne sont pas adaptées pour répondre à cette situation de crise. Plusieurs soignants, eux-mêmes séropositifs, ont été infectés par cette nouvelle forme de tuberculose.

Mise à disposition massive du lait artificiel pour les femmes séropositives au Botswana

Le programme de prévention de l’infection du VIH de la mère à l’enfant du Botswana met à disposition du lait artificiel pour les mères séropositives. Cette initiative vise à réduire la transmission du VIH dans les premières années de la vie des enfants nés de mères séropositives (environ 30 % des femmes sont infectées par le VIH au Botswana). Une conséquence inattendue de cette initiative a été présentée lors de la conférence : il s’agit de l’augmentation importante du nombre de décès d’enfants en bas âge provoqués par des infections gastro-intestinales. Il a été rapporté environ 20 décès par an en 2004 et 2005, contre plus de 500 en 2006. Plusieurs études ont démontré que les conditions sanitaires ne permettaient pas aux mères de préparer de manière satisfaisante le lait artificiel pour leurs enfants, ce qui expliquerait le nombre important d’infections gastro-intestinales sévères. De plus, l’avantage du lait maternel en apport d’anticorps de la mère disparaissait avec l’allaitement artificiel. Plusieurs autres études encore sous embargo pourraient aussi suggérer que l’utilisation systématique du lait artificiel sans prise en compte des conditions de vie des populations pourrait avoir plus d’effets délétères que d’effets bénéfiques.