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BOSTON CROI n ° 16
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15e CROI - Lundi 4 février 2008



Résumé des principales communications du lundi 4 février 2008.



 

Quel serait l’intérêt de commencer le traitement antirétroviral plus tôt ?

 


Depuis l’arrivée des trithérapies, plusieurs groupes de chercheurs ont organisé plusieurs dizaines de cohortes de patients pour mesurer l’évolution de la prise en charge du VIH/sida. Ainsi, plusieurs indicateurs suggèrent que le VIH provoque des dérèglements profonds du système immunitaire très rapidement après l’infection ce qui augmente le risque de maladies graves non classées sida (nombre plus élevé des cancers, incidence plus élevée de certaines maladies du rein, du système cardiovasculaire, etc.). Ainsi, il semblerait intéressant d’évaluer la prise de médicaments anti-VIH plus tôt dans l’infection à VIH pour réduire le risque d’apparition de ces maladies.

 

 

Comment expliquer que certains patients séropositifs se défendent mieux contre le VIH ?

 


Le consortium CHAVI (http://www.chavi.org/) qui vise à élucider les mécanismes immunitaires qui protègent contre l’infection à VIH a présenté les résultats préliminaires de leur étude de cartographie de l’immunité contre le VIH. Il s’agissait de déterminer la carte d’identité des systèmes immunitaires des patients infectés par le VIH qui progressent lentement vers la maladie SIDA. Deux types de gène ont pu être identifiés : ceux voisins de la région HLAC et ZNRD1. Ils protégeraient d’une évolution rapide vers la maladie. Ces travaux sont indispensables à la mise au point de vaccins ou de nouveaux médicaments anti-VIH.

 

 


Nouvelles informations concernant la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant pendant l’allaitement.

 


Chaque année, dans le monde, plus de 500 000 enfants sont infectés par le VIH au moment de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement. Plusieurs équipes ont présentés des résultats encourageants qui montrent que l’on peut réduire le risque de transmission lors de l’allaitement. En effet, plusieurs obstacles demeurent pour proposer massivement l’allaitement artificiel aux enfants nés de mère séropositives : les conditions sanitaires (accès à l’eau), l’accès au lait artificiel qui reste encore difficile dans la majorité des pays en développement et la stigmatisation. Ainsi, trois essais ont démontré que l’on pourrait réduire le risque de transmission en traitant les mères séropositives par trithérapies antirétrovirales ou en administrant des traitements anti-VIH aux nouveaux nés qui ne sont pas infectés.

 

 

Circoncire les hommes séropositifs réduit-il le risque de transmettre le VIH ?

 


Un essai conduit auprès de couples sérodifférents a montré que circoncire les hommes séropositifs ne réduisaient pas le risque de transmettre le VIH. La circoncision pourrait même l’augmenter dans les semaines qui suivent l’acte chirurgical si les couples ont des rapports sexuels à ce moment là. Par contre, dans d’autres essais, il a été démontré que la circoncision avait un impact favorable sur le risque d’acquisition de l’herpès génital et réduisait la fréquence de certaines infections génitales chez la femme.

 

 

L’acyclovir, médicament contre l’herpès ne réduit pas le risque de transmission par le VIH

 


Un autre résultat d’essai a mis en avant que l’acyclovir (Zovirax) ne réduisait pas le risque de transmettre le VIH chez les personnes déjà infectées par l’herpès génital (virus HSV 2). On pensait que la réduction du nombre d’épisode de crise d’herpès au niveau génital (ulcérations) aurait un impact favorable sur la réduction de la transmission du VIH, ce qui n’est pas le cas.
L’épidémie de VIH/sida chez les gays des pays riches
Une équipe américaine a analysé plusieurs études épidémiologiques menées chez les gays des pays riches. L’équipe a estimé au moyen d’un modèle mathématique les prévalences du VIH dans une classe d’âge de gays séronégatifs. Ainsi, sur 100 gays séronégatifs âgés de 18 ans aujourd’hui, 15% seront séropositifs à 25 ans et 40% le seront à 40 ans. L’équipe propose un investissement massif dans des programmes de prévention à destination des gays.

 

 

Nouveaux médicaments, nouvelles stratégies antirétrovirales


Le cru 2008 semble bien moins excitant que celui de l’année précédente qui avait vu un nombre record de communication sur des médicaments anti-VIH d’un intérêt nouveau (anti-CCR5, inhibiteur d’intégrase, nouvelles antiprotéases).

 

Cette année, nous nous contenterons entre autres choses :


- d’une nouvelle famille d’inhibiteur de maturation qui empêche dans le tube à essai le montage de nouveau virus VIH ;


- l’adaptation des doses d’antiprotéase en fonction de l’absorption et de la présence de mutations semble intéressante pour contrôler les virus encore sensibles à quelques médicaments de cette famille. Cela ne semble pas être le cas pour les virus qui sont résistants à cette famille de médicament ;


- la reprise continue après interruption des traitements anti-VIH permet une baisse du risque d’apparition d’une maladie due au VIH lui-même ou bien d’une infection opportuniste chez les patients qui ont participé à l’essai SMART.Cet essai visait à comparer deux stratégies de traitement : un traitement intermittent et un traitement continu. SMART avait été interrompu parce que le nombre de décès ou de maladies dans le groupe qui bénéficiait d’un traitement intermittent était plus élevé.


- l’essai CASTLE compare deux trithérapies à base de Truvada : Reyataz boosté et Kaletra. Cet essai a montré la « non-infériorité » de Reyataz 300 mg boosté par 100 mg de Norvir en une prise par jour à Kalétra gélule en deux prises par jour. Seuls les effets indésirables des deux antiprotéases semblent les différencier : jaunisse et augmentation de la bilirubine (une enzyme du foie) pour le Reyataz ; pour le Kaletra il s’agit de la diarrhée, nausée et de l’augmentation des graisses dans le sang (cholestérol, triglycérides).


- Deux anti-CCR5 avancent dans leur développement (le SCH532706 et le vicriviroc). Pour rappel l’année 2007 aura vu la publication des essais qui ont permis la l’autorisation de commercialisation du premier inhibiteur d’entrée de la classe des anti-CCR5 (ces molécules bloquent le CCR5, un des co-récepteurs qui permet l’accrochage du virus VIH sur la cellule T4), le Celsentri (maraviroc)

 

 

Emmanuel TRENADO

Directeur des Programmes internationaux de AIDES