Depuis plusieurs mois, à Paris, une réorganisation du groupement Hospitalier (GH) Cochin - Broqua - Hôtel Dieu (AP-HP) est à l'étude. Parmi les hypothèses les plus envisagées, le regroupement de la prise en charge du VIH dans les locaux de l'hôpital Cochin. Ce projet se fait sans la moindre concertation ni la moindre analyse des besoins des personnes vivants avec le VIH. Des associations de lutte contre le sida mettent en garde contre toute restructuration opérée sans la consultation des usagers.
En 2010, à la demande des associations et à la suite des « États Généraux sur la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH en Île-de-France » (1), l’Agence régionale de santé (ARS) s’était engagée à ne pas modifier l'organisation de la prise en charge sans :
- la concertation préalable avec les Coordinations régionales de lutte contre le VIH/sida (COREVIH), où siègent des représentants des usagers,
- l'analyse et la consultation des besoins des personnes seule à même de garantir une haute qualité des soins et d’accompagnement, et tenant compte de la complémentarité de l’offre de soins sur le territoire.
Dans son allocution à la clôture des États Généraux, la direction de l’AP-HP a affirmé vouloir faire des COREVIH le lieu de concertation et d’élaboration des projets de prise en charge du VIH.
AIDES rappelle les engagements de l’ARS et de l’AP-HP. Des directives claires ont été données pour une meilleure concertation avec les usagers, elles doivent être respectées.
Dans l'intérêt des personnes concernées, de leur santé et de la santé publique dans son ensemble, nous demandons l'organisation d'une réunion de travail extraordinaire au sein des COREVIH impliquant des représentants de toutes les instances. Toute évolution de l'offre de soins doit être décidée collectivement, après recueil et analyse des besoins des personnes. Il en va de la qualité et de l'efficacité de la prise en charge du VIH/sida dans la région la plus touchée de France métropolitaine.
(1) États généraux du VIH en Île-de-France : la place du patient au cœur des échanges