La lutte contre l’hépatite B au menu du prochain séminaire du RAAC

Du 2 au 4 novembre à Toulouse

31 Octobre 2012

Discriminations, préjugés et absence de suivi médical adéquat sont les carburants d’une épidémie qui ne cesse de gagner du terrain chez les personnes migrantes. Comment mieux lutter contre le virus ? C’est un des enjeux majeurs du prochain séminaire du réseau des Associations Africaines et Caribéennes (RAAC) ce week-end à Toulouse, qui reviendra sur les premiers résultats d’une étude de l’ANRS sur le sujet.

Le virus de l’hépatite B concernerait 450.000 personnes en France mais les relevés précis manquent sur cette épidémie silencieuse. Une chose est sûre : il frappe d’abord les personnes migrantes, huit fois plus touchées que la population générale. C’est plus que le VIH qui concerne une personne migrante sur trois. Examiner les facteurs de risque de l’hépatite B et les défaillances dans la prise en charge médicale des migrants est précisément la préoccupation principale de l’enquête « Parcours » mené par l’ANRS, qui fera l’objet d’une restitution anticipée lors du séminaire du RAAC.
 
 « Il y a des facteurs que nous ne connaissons que trop bien : le succès d'une prise en charge médicale dépend d’un cadre de vie digne. Or beaucoup de personnes migrantes n’ont ni titre de séjour, ni de quoi subvenir à leurs besoins. Pourquoi le dépistage de l’hépatite B serait la priorité d’une personne qui passe ses nuits aux portes des préfectures pour obtenir ou renouveler ses papiers ? » déplore Joseph Situ, chargé de mission « migrants » à AIDES et coordinateur du RAAC.
 
En plus des discriminations et des freins à l’accès aux droits, l’enquête « Parcours » met en lumière d’autres raisons plus enfouies : chez les migrants, l’hépatite B génère des peurs et des préjugés comparables au VIH. En conséquence, la majorité des personnes malades cachent leur contamination à leurs proches. Une dimension souvent ignorée par les médecins qui prennent le réflexe de rédiger des ordonnances aux membres de la famille… En résumé, le corps médical semble mal outillé face à des patients dont il peine à saisir les craintes et l’environnement social.
 
Circonstance aggravante : le virus de l’hépatite B est mal connu tant au niveau de ses modes de transmission que de sa chronicité. Par exemple, il peut avancer masqué pendant des années et se réveiller brutalement, avec pour conséquence une prise en charge médicale tardive. Les malades migrants sont souvent perdus de vue après le diagnostic et retrouvent le chemin des soins lors d’un examen de routine… ou quand la cirrhose se déclare. Cela se vérifie d’autant plus chez les personnes dépistées entre 1975-1990, période durant laquelle aucun traitement n’existait.
           
Dans ces conditions, comment inciter au dépistage ? améliorer le soutien aux personnes malades ou la prise en charge médicale des hépatites ? Un atelier dédié sera l’occasion de dresser les premières pistes de mobilisation sur le sujet.

Lancement d’une campagne de promotion du dépistage rapide

Au menu également, le lancement de la campagne d’incitation au dépistage du VIH : une série de clips vidéo réalisés par « Les Pagneuses » pour promouvoir l’offre de dépistage rapide auprès de la communauté afro-caribéenne.
 
Clips visibles ici :
 
 Détails pratiques :
Séminaire du RAAC
Les 2, 3 et 4 novembre 2012
Espace des diversités et de la laïcité
38, rue d’Aubuisson - 31000 Toulouse
 

 





Contact

Contact presse : Joseph Situ (AIDES – RAAC) : 06 28 95 33 36 





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