Assurance maladie : Obama la santé pour tous, Sarkozy la santé pour les riches ?

Assurance maladie : Obama la santé pour tous, Sarkozy la santé pour les riches ?

10 Septembre 2009

A l’heure où le projet d’assurance maladie aux Etats-Unis rencontre de sérieux obstacles, la France poursuit sans ménagement son entreprise de démolition d’une des meilleures couvertures maladie solidaires au monde qu’est la Sécurité Sociale.
 
L’annonce de l’augmentation du forfait hospitalier et de la nouvelle vague de baisse des taux de remboursement pour certains médicaments à prescription médicale facultative confirme la volonté du gouvernement d’enterrer le système de santé français pensé initialement pour permettre l’égalité d’accès aux soins pour tous.
 
Déjà fragilisés par la série de mesures adoptées par le gouvernement (franchises, 1ère hausse du forfait hospitalier, vagues de déremboursement de médicaments, dépassements d’honoraires, actes non reconnus à la nomenclature de l’assurance maladie, forfait à 1 euro par consultation…), les personnes touchées par une maladie chronique (soit 20% de la population française, selon le ministère de la santé en 2007) seront les plus affectées par ces nouvelles dispositions.
 
La précarité des personnes séropositives va s’aggraver alors qu’une sur quatre ne touche que 681 € mensuels avec l’Allocation aux Adultes Handicapés (montant inférieur au seuil de pauvreté). En effet, les personnes atteintes d’une ALD (Affection de Longue Durée) et bénéficiaires de l’AAH ne sont pas exonérées du forfait hospitalier (seuls les femmes enceintes, bébés, et bénéficiaires de la CMU-C le sont). L’unique recours pour ces personnes est d’adhérer à une complémentaire santé dont le coût va encore un peu plus fragiliser leur équilibre budgétaire.
Le collectif Chroniques associés (www.chroniquesassocies.fr) a réalisé des simulations de parcours de soins, sur un an, de personnes touchées par une maladie chronique (PJ). Ainsi, les dépenses de santé non remboursées par l'assurance maladie sont de l'ordre de 500 à 3000 euros par an par personne. Cela représente plusieurs semaines ou mois de revenus.
 
Alors qu’ en 2007, le Président de la République avait promis 25% d’augmentation de l’AAH en 5 ans, celle-ci a été augmentée de 4,4% uniquement en 2009. Face à un reste à payer en constante augmentation, les plus faibles font les frais de cette politique libérale : de nombreuses personnes reportent ou annulent des soins pourtant nécessaires !
 
Ce signal témoigne de la détermination du gouvernement à poursuivre la privatisation de l’Assurance maladie, au mépris des personnes malades et des plus pauvres. AIDES n’est pas dupe de cette stratégie et s’inquiète du contenu du futur Projet de Loi sur le Financement de la Sécurité Sociale. Nous continuons à affirmer que la santé n’est pas une marchandise : les malades ne sauraient être tenus responsables du déficit de la Sécurité Sociale. Que l’Etat commence par payer ce qu’il doit à l’Assurance maladie avant de taxer les malades !






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